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CHRONIQUE PAR ...

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Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 03 novembre 2008
Sa note : 16/20

LINE UP

-Michael "Blutkehle" Roth
(chant)

-Michael "Bursche" Lenz
(guitare+basse)

-Franzi " Dr. Franzenstein "
(claviers)

-Frau N. Feind
(violon)

-Ronny "Yantit" Fimmel
(batterie)

TRACKLIST

1)Stahlschwarzschwanger
2)Treibjagd
3)Erscheine!
4)Das Liebe Beil
5)19 Nägel für Sophie
6)Sei Fleich und Fleisch sei Tot
7)Schwarzer Gigolo
8)Süssfleisches Nachtgebet
9)Das letzte Haus an der Einbahnstraße
10)Knochenkult
11)Blut ist Leben (Bonus track)

DISCOGRAPHIE

Blutbahnen (2007)
Knochenkult (2008)
Rostrot (2011)
Todestage (2013)

Eisregen - Knochenkult
(2008) - dark metal - Label : Massacre



Bien que proposant un dark metal par moment hyper bien ficelé, Blutbahnen, précédent album d'Eisregen, avait une certaine tendance à la linéarité et à la facilité tout en proposant quelques hymnes comme les groupes allemands en ont le secret. Knochenkult semble plus abouti et mature, plus dense et équilibré, bien que la recette de base n'ait pas changé. C'est toujours dark/black, toujours en allemand, mais cela prend beaucoup mieux...



"Stahlschwarzschwanger" n'est pas le nouveau gouverneur de Californie, ni un ancien acteur de blockbusters, ne partez pas tout de suite. C'est tout le contraire en vérité, du vrai bonheur à écouter pendant un peu plus de six minutes ou en boucle, comme vous le sentirez. L'entame de l'album, et c'est peut-être là une des améliorations par rapport à Blutbahnen, appelle à la suite et donne envie d'abuser de ces délicieux "r" roulés dans la gorge d'un cracheur de feu qui ne parle que l'allemand. Le morceau éponyme - et ultime de la version sans bonus track - joue sur la même corde que "Stahlschwarzschwanger" pour terminer Knochenkult comme il a débuté. Et ce n'est pas l'adjonction du bonus "Blut Ist Leben", fort bon bien que trop court, qui changera la donne.

La disposition des morceaux sur l'album paraît plus fine et variée, ce qui sans nul doute a contribué à la quasi-annihilation de l'effet linéaire de Blutbahnen. À "Erscheine!" qui propose un break médiéval au piano accompagné de violoncelle et enchaîné par un growl black vindicatif quasi-parlé, "Das Liebe Beil" oppose une sorte de black thrash dans la sonorité tout en y mettant un bémol en passages chant clair/claviers. Et lorsque "19 Nägel für Sophie" montre, à l'instar de certains titres du précédent opus que le Seasons d'Ever Eve est un frère, "Sei Fleich und Fleisch sei tot" surprend par ses blast beats sur fond folk et voix grasse.

Certes la maîtrise de la voix claire n'est parfois pas au rendez-vous et la qualité d'ensemble gagnerait à une utilisation plus ciblée. "Schwarzer Gigolo" qui y fait massivement appel est plutôt faible et sans âme, avec un manque de noirceur évident que seul le growl sait apporter. L'ossature améliorée de l'opus a par bonheur placé "Süssfleisches Nachtgebet" juste après ce demi-échec, permettant des retrouvailles avec le chant guttural et amer faisant la force d'Eisregen et aussi avec une rythmique plus lente et lancinante rappellant parfois les riffs du grand Bethlehem sur les moments les plus noirs.


Eisregen a progressé sans perdre son âme, simplement en travaillant son style et sa manière de placer ses pions sur l'échiquier. Grandes intro et outro avec un milieu varié et bien écrit permettant le camouflage de certaines faiblesses toujours présentes. Cela paraît simple, mais encore faut-il avoir de la matière, et le groupe en a certainement, d'autant que la langue et le phrasé opèrent leurs charmes.


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