2672

CHRONIQUE PAR ...

60
Dizayeure
Cette chronique a été mise en ligne le 01 novembre 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-John Bramwell
(chant+guitare)

-Peter Jobson
(basse)

-Andy Hargreaves
(batterie)

TRACKLIST

1)To You
2)Morning Rain
3)Twist
4)86 TV’s
5)Bigger Wheels
6)Loch
7)Storm Warning
8)Dark Star
9)Stop
10)Sunlight Hits the Snow
11)No Fear of Falling
12)Because

DISCOGRAPHIE


I Am Kloot - Natural History
(2001) - mélodique folk pop rock - Label : Wall of Sound



John Bramwell, songwriter et chanteur aussi têtu que talentueux, a erré pendant une dizaine d’années dans le monde entier, guitare à la main, avant de former I Am Kloot, trio anglais originaire de Manchester. En 2001 paraît Natural History, leur premier album, dans lequel les trois musiciens nous livrent une pop-rock sobre et sombre, feutré et jazzy, aux relents folk, dont les mélodies et les paroles empreintes de noirceur et de cynisme sont rapidement reconnues.

Si vous cherchiez une musique novatrice, une révolution pop-rock quelconque, vous vous êtres trompé de disque et de groupe. L’ambition des anglais d’I Am Kloot n’est pas d’innover ou de surprendre, mais de nous livrer des paroles intelligentes servies par des mélodies irréprochables. Natural History est constitué de titres folk-rock ultra mélodiques très classiques, à la structure couplet/refrain/couplet basique. Les instruments acoustiques y sont dominants, même si on croisera sur certaines chansons une guitare saturée en accompagnement ("Morning Rain", "Stop"). L’ambiance présente sur l’album est très jazzy, classieuse, avec basse bien présente et batterie régulièrement jouée aux balais ("To You"). Les paroles, abordant le thème de la tragédie amoureuse avec cynisme, sont quant à elle obscures et sujettes à de nombreuses interprétations, à l’image du refrain de "Twist" : « There’s blood on your legs… I love you ». Le chant, beau et profond, présente un petit quelque chose de sombre et de grave qui sied à merveille à l’ambiance générale, avec un accent so british très agréable. La voix se rapproche d’ailleurs de celle de Brian Molko (mais si, vous savez, le chanteur de Placebo), à cela près que John Bramwell sait chanter, lui (comprendre : ne chante pas avec le nez).

L’instrumentation est simple et mélodieuse, épurée de tout accompagnement. Elle est mise en valeur par une production irréprochable qui donne aux chansons un côté intimiste, à l’image de l’instrumental "Loch", titre atmosphérique très réussi à l’ambiance quasi aquatique. Hélas l’album n’est pas exempt de défauts. On déplorera par exemple la présence de certains titres à la qualité un poil en deçà du reste, à savoir "Bigger Wheels", "Sunlights Hits the Snow" et "Stop". Pour ce dernier titre, I Am Kloot a voulu créer une atmosphère plus lourde, composer des titres un peu plus violents avec plus de saturation, alors que ce style ne leur convient pas. Le trio anglais excelle dans les ballades acoustiques, à l’image des excellents "Dark Star" ou "86 TV’s", et ne devrait pas en sortir. Par contre, pour "Bigger Wheels" et "Sunlights Hits the Snow", le problème est tout autre : tous les éléments sont là pour nous plaire dans ces titres, mais la magie cette fois-ci ne prend pas, et les chansons deviennent anecdotiques. Enfin, l’absence d’accompagnement est un choix discutable : d’un côté cela permet de rendre la production plus humaine, les chansons plus intimes comme si on assistait à une représentation privée du groupe dans une salle obscure et embrumée. Mais d’un autre côté, une certaine monotonie s’installe après plusieurs écoutes et on fait (trop) rapidement le tour des chansons.


En conclusion, Natural History est excellent… pour un premier album ! Bourré d’idées et de mélodies, il bénéficie d’une production impeccable. Hélas certains défauts viennent noircir le tableau : alors que certains titres sont de pures merveilles ("Twist", "Dark Star"), d’autres sont plus anecdotiques ("Bigger Wheels") voire même moyens ("Stop"). I Am Kloot a donc montré qu’il avait du talent et qu’il pouvait composer de bonnes choses. Reste maintenant à savoir si nos trois anglais seront capables de dépasser le style qu’ils ont mis en place dans cet album et de se renouveler dans leurs prochains opus.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3