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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 31 octobre 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Wilfried
(chant)

-Nicolas
(guitare)

-Jean-François
(guitare)

-Clément
(basse)

-Mathieu
(batterie)

TRACKLIST

1)Autonomy in Progress
2)Denial of Elapsed Time
3)Reversal
4)Fragmented Memories
5)Allegiance
6)Collapsed Into Oblivion
7)Materia Prima
8)Hysteria
9)Feelings Transgression
10)Deviance

DISCOGRAPHIE


Outcast - Self-Injected Reality



Outcast, le doute n’est plus permis, fait partie du mouvement ascendant de la scène extrême française. Peut être pas encore en tant que moteur, comme les nouveaux de Gojira ou les anciens de SUP, mais en tous cas ils profitent du voyage. Et le contrôleur du train aura beau dire, le billet que tient le groupe en main - Self-Injected Reality – lui donne assurément droit à une place confortable. Peut-être pas encore en première classe, avec petits fours, hôtesses en minijupe et sièges inclinables, mais néanmoins dans un compartiment où l’on traite avec respect les futurs grands.

C’est en tout cas ce que l’on souhaite à Outcast qui présente maintenant son second opus après un premier essai convaincant en 2005. Quelques déboires de line-up et les voici de retour, toujours en colère et autant décidés à se faire une place de choix dans le paysage musical français, dont Self-Injected Reality en serait les solides fondations. Proposant un death metal moderne, c'est-à-dire avec un certain nombre d’éléments plus variés et une profusion de riffs sautillants, décalés et imprévisibles plutôt qu’une débauche de blast et de double pédale tout le long des quarante-sept minutes (en fait quarante-quatre seulement) que dure cet opus. Ne nous trompons tout de même pas : du blast et de la rage, il y en a à revendre ici, mais nos franciliens (Outcast vient en effet de région Parisienne) se rapprochent beaucoup plus de Meshuggah ou Cephalic Carnage que de Cannibal Corpse ou Deicide.

Outre les riffs tordus, les contretemps et autre syncopes que le groupe prend un malin plaisir à balancer à la face (ou plutôt aux oreilles) de l’auditeur, vous trouverez sur Self-Injected Reality des passages plus surprenants, comme une petite bulle de jazz entre deux riffs death (Reversal), des solos ébouriffants de virtuosité ("Autonomy In Progress") et des riffs fichtrement techniques ("Collapsed Into Oblivion", "Feelings Transgression"). Bref, un album barré juste comme il faut sans tomber dans le n’importe quoi expérimental qu’il est tentant de faire pour se démarquer de la masse concurrentielle, au risque de se mettre à dos un public avide de « in your face ». Il y a indéniablement de très bonnes idées dans ces dix titres qui alternent riffs lourds et blasts furieux, en mettant de côté une instrumentale acoustique dispensable ("Materia Prima"), loin d’être aussi intéressante que les interludes proposés chez All Shall Persih. Pour le reste, on regrettera principalement une chose : la voix.

Ca n’est pas que le chant soit mauvais, loin de là. Mais quand on réalise les capacités vocales de Wilfried, on regrette que celles-ci ne soient pas mises mieux en avant. Il fait usage sur la grande majorité des parties vocales de son chant hurlé, n’usant que trop peu fréquemment de growl et point du tout de chant clair. Certes, c’est loin d’être une obligation, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’un peu plus de variation dans le chant aurait donné des couleurs supplémentaires à Outcast. Là où l’instrument est technique, varié, surprenant et parfois osé, le chant reste trop constant, trop prévisible et presque stéréotypé. Cet aspect un tantinet regrettable ne plombe heureusement pas la musique d’Outcast, qui reste à prendre pour ce qu’elle veut être, c'est-à-dire destructive, violente et technique. Les titres sont tous plutôt courts, et là ou le dernier semble durer neuf minutes, il se termine en fait par quatre minutes de blanc et un cri de trois secondes à la toute fin. De quoi donner une crise cardiaque à celui qui laisse tourner le CD sur sa chaine…


Constat un tout petit peu mitigé, donc, mais largement positif. Outcast a trouvé son identité, s’affirme dans le style qui est sien et redouble d’ambition et de motivation. Tous les ingrédients nécessaires sont là pour faire d’Outcast un grand. Alors comme on dit, ben y a plus qu’à.


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