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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Chris Cornell
(chant)

-Tom Morello
(guitare)

-Timmy Commerford
(basse)

-Brad Wilk
(batterie)

TRACKLIST

1)Set It Off
2)Your Time Has Come
3)Like A Stone
4)Spoonman
5)The Worm
6)Gasoline
7)Heaven's Dead
8)Doesn't Remind Me
9)Be Yourself
10)Bulls On Parade
11)Sleep Now In The Fire
12)Out of Exile
13)Outshined
14)Shadow
15)Black Hole Sun
16)I Am The Highway
17)Show Me How To Live
18)Cochise

DISCOGRAPHIE


Audioslave - Live In Cuba (DVD)
(2005) - rock - Label : Epic Records



Quand j’ai acquis le DVD Live In Cuba d’Audioslave, je me suis dit: «Mon vieux Duff, je crois bien que ce concert ne sera pas tout à fait comme les autres». D’une part parce que ce concert est le premier donné par un groupe américain à Cuba, mais aussi et surtout parce que j’imaginais la jeunesse locale headbanguer sauvagement un cigare (ou un verre de rhum) à la main - je ne m’épargne aucun cliché, je l’avoue - en se faisant bâtonner tout aussi sauvagement par la police politique de Fidel, pour appréciation intempestive de rock yankee. Malheureusement pour moi, mes espoirs d’assister à une émeute se sont envolés aussi rapidement que s’envolent les grenades lacrymo dans le ciel de Clichy, et je ne pus qu’être le témoin de la formidable fête populaire donnée en mai dernier par Audioslave sur la « Anti-Imperialist Plaza » (ça ne s’invente pas) de La Havane.

Le management d’Audioslave n’est pas du genre à céder à la facilité, il faut bien le reconnaître. Du coup, maintenant, les Live In Rio de Maiden et autres Live In Roubaix de Flowerking, ça fait limite « p’tit bras ». N’empêche, jouer dans un endroit complètement fou, c’est bien, encore faut-il que la réalisation du DVD témoin de l’évènement tienne la route. A ce niveau là, pas de soucis, en signant chez Epic, on se donne un minimum de garanties, et surtout de moyens. Côté technique, pas grand-chose à signaler donc, si ce n’est une image pas toujours très nette, il faut bien le reconnaître, mais compensée par une succession de plans bien rythmée, alternant avec bonheur entre le peuple immense amassé devant la scène (soixante-dix mille personnes, le concert était gratuit, à l’initiative du groupe) et les différents musiciens, Chris Cornell en tête, beau gosse oblige (mais surtout parce qu’il chante, oui, je sais). Niveau son, on ne peut que constater sa puissance et sa clarté, à un point tel qu’il en devient presque malhonnête. Le chant, évidemment, fait exception et reste ce qui semble être le plus authentique. A vous de voir si au final c’est vraiment gênant.

Le show lui-même est tout ce qu’il y a de plus tranquille. Les quatre gaillards ne sont pas nés de la dernière pluie, et à la limite, il n’y a que Cornell qui semble être assez intimidé par la ferveur (et l’importance) de l’assemblée. Enfin quand même, par moment, c’est presque trop tranquille. Bien sûr, les plus perspicaces d’entre vous me diront que la musique d’Audioslave ne prête pas à la gaudriole sur scène, mais le show aurait gagné à être moins statique. Le public, lui, n’en a manifestement cure, et ne boude pas son plaisir. Il faut dire que la set-list est exceptionnellement longue, allant même jusqu’à intégrer le "Bulls On Parade" de Rage Against The Machine et un Black Hole Sun" interprété en solo par Chris Cornell, en transe, au moins tout autant que les nombreuses dames présentes dans la foule. Pour certaines d’ailleurs, on n’est pas passé loin de la frénésie reproductrice, un peu comme aux concerts de Johnny à une certaine époque (heu…).

Pour le reste, notez la présence d’un excellent documentaire portant sur les quelques jours ayant précédé le concert, où l’on voit le groupe traîner un peu partout dans La Havane, faire du shopping, voire se casser la gueule en VTT dans le cas du bassiste Tim Commerford. Cette séquence, qui dure quand même plus d’une demi-heure, n’échappe pas aux critères du genre, à savoir les déclarations humanistes (la musique est un langage universel, bla bla bla) et les successions de cadrages épileptiques. N’empêche, on se prend facilement au jeu, et la visite de l’Ecole Nationale de Musique, ou du parc Elton John, sont des moments fort sympathiques. On y apprend aussi que le concert n’a pas commencé de la meilleure des façons, et qu’un problème de retour a retardé le début du show pendant de longues minutes, ce qui est impossible à deviner en regardant l’autre vidéo, et ce qui explique (en partie) l’attitude des musiciens. Bref, de la bonne came en bonus, c’est assez rare pour être signalé.


Ce DVD est donc un bon produit, qui ravira les fans du groupe. Même si le concert en lui-même n’est pas exceptionnel, il y a par ailleurs beaucoup de choses à voir et à entendre, et en particulier une capitale peuplée de gens formidables, qui ont pu, en 2005, s’ouvrir enfin les portes du rock et de la pop, américaine du moins. Une belle initiative qui devrait sans doute en appeler d’autres.


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