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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 5/20

LINE UP

-Carmen Susana Simões
(chant)

-Rune Eriksen
(guitare)

-João Samora
(batterie)

-Jaime S. Ferreira
(basse)

TRACKLIST

1)AvA Inferi
2)The Shrine
3)A Glimpse of Sanity
4)The Wings of Emptiness
5)Sinisters
6)Vultos
7)Fate of Mountains

DISCOGRAPHIE


Ava Inferi - Burdens
(2006) - doom metal - Label : Season Of Mist



Ava Inferi est un groupe portugais conçu depuis déjà douze ans (dans la tête du leader Eriksen, en tout cas) mais réellement formé depuis seulement quelques années. Après avoir bossé (ou fait semblant, on ne sait pas trop) pendant six mois, le petit groupe plein d’espoir s’envole pour la Norvège à la mi-2005 et en trois semaines, cet album est bouclé. Trois semaines, donc, pour accoucher de cette horreur. Bilan: une chanteuse qui semble avoir du potentiel, mais sa méthode de chant reste parmi les plus ridicules que j’ai entendu de toute ma carrière d’écouteur de musique ("A Glimpse Of Sanity" en est l’exemple le plus frappant), mimiques grasses, petite voix infantile risible, montée lyrique dédoublée (une seule voix ne saurait suffire avec ce qui lui sert de coffre); une basse qui prête à rire tellement les lignes sont pourraves, se contentant de suivre la guitare ou, dans un éclair de génie, se lâchant et enchaînant un solo qui atteint quasiment les trois notes par minutes; et une batterie à moitié inexistante, le batteur ne se débrouille pas trop mal mais ses rares interventions sont plombées par un son crachotant.

Rendons hommage au guitariste qui, sans être vraiment bon, est le « moins pire » de cette clique de bras cassés. Enchaînant les riffs vus et re-vus à la sauce metal, flirtant vers le doom (dans le sens chiantise) et le black (dans le sens cra-cra), il porte le groupe sur ses épaules. D’ailleurs on entend que lui, et c’est pas plus mal, parfois… Ni original ni bon musicien, il arrive à entraîner quelques accords sympathiques pour retomber dans la minute suivante sur un passage saturé. "Sinisters" est peut-être le morceau le moins mauvais, et encore c’est du plagiat. On pense ici et là à Anathema, mais on ne fait qu’y penser. La piste "The Shrine" ressemblerait presque à de la no-wave tendance cabaret, mais en pas bien, et le reste flirt sur le black-metal, en plein dans la gotherie censément apeurante mais réellement pathétique.

Les autres morceaux sont tous à jeter à la poubelle. Certains passages pourtant ne sont pas trop mal construits, mais Ava Inferi s’obstine à détruire ses rares phases inventives pour mieux retomber dans la niaiserie, le cliché, et tout ça dans une personnification de la laideur que doivent jalouser les groupes de grind. C’est mou du genou les trois quarts du temps, et quand enfin le guitariste pose le pied sur sa pédale de saturation, il ralentit le tempo de cinquante pour qu’on puisse bien apprécier la morosité de ses compositions. Je ne parlerais même pas de la prétention affirmée de leur concept, qui consisterait à « libérer et […] canaliser toute la frustration et la misère que la vie fait parfois s’abattre sur le monde. […] Une ouverture sur le puits sans fond de l’expression et de la créativité (sic) » A partir de là tout est dit, n’est-ce pas? Allez j’avoue, pour le puits sans fond, je suis d’accord.


Oui oui, c’est un petit groupe, ce n’est pas très correct de tirer sur les ambulances, mais là croyez-moi, ça ne mérite même pas une écoute… C’est rempli de cliché, c’est ennuyeux, ce n’est pas bien composé, et à part le guitariste, les musiciens sont tous plus mauvais les uns que les autres. Avaient-ils vraiment besoin de trois semaines pour enregistrer un truc pareil? Non mais franchement, c’est un groupe qui débute alors je voudrais bien être gentil avec eux, leur apporter un espoir, dire « qu’ils sont en bonne voie » mais non. Définitivement non.


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