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CHRONIQUE PAR ...

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Mucopurulence
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Sean Booth
(machines)

-Robert Brown
(machines)

TRACKLIST

1)Xylin Room
2)IV VV IV VV VIII
3)6ie.cr
4)Tapr
5)Surripere
6)Theme of Sudden Roundabout
7)Vl Al
8)P.:ntil
9)V-proc
10)Reniform Puls

DISCOGRAPHIE

Draft 7.30 (2003)

Autechre - Draft 7.30
(2003) - electro - Label : Warp



Autechre est un duo anglais composé de Booth et Brown et qui officie dans le domaine de l’IDM ; traduire ici Intelligent Dance Music. En français on appellerait ça un oxymore car sous cette dénomination plutôt incongrue se cache en fait le pendant le plus expérimental de la musique électronique actuelle et qui est né grâce a des génies fous furieux tels que Aphex Twin ou encore... Autechre justement. Il ne faut donc pas se tromper, c’est tout sauf de la musique pour danser !

Draft 7.30 est le septième album d’Autechre et se démarque particulièrement de ses prédécesseurs. En effet nous étions habitués à des nappes atmosphériques très prononcées (comme sur le magnifique Amber) et des ambiances certes toujours barrées mais jamais trop casse-tête (sauf peut-être sur Confield) alors qu’ici le travail a été très précis sur la rythmique. Autechre nous propose donc dix nouveaux titres qui s’étalent sur un peu plus d’une heure et des durées variant de trois minutes ("Tapr") à plus de onze minutes ("Surripere", titre totalement ahurissant).

Parlons en un peu plus de cette rythmique parce qu’ici point de beat entraînant mais bien des sons syncopés et agencés de telle manière qu’il est impossible de danser ou de secouer la tête dessus. Le premier titre "Xylin Room" ressemble presque à de la musique tribale mais de la musique tribale de rituel indien de transe!! Tout est ordonné de manière à donner une ambiance totalement hypnotique par des sons parfois répétitifs et minimalistes mais qui sonnent toujours à l’oreille et n’ayant pour seul but que de vous marteler le cerveau pour faire de vous, pauvres auditeurs, des cobayes à qui on inflige différentes techniques de torture. Et le duo s’en donne à cœur joie car il est bien difficile de retenir quoi que ce soit à la première écoute si ce n’est un amassement de bruits bizarres.

Ce qui ressort est une atmosphère vraiment glaciale, carrée, comme une ville moderne en ruines ou quelque chose comme ça et c’est là la véritable force de cette musique. Le pouvoir transcendant et la sensation d’être dans un mode parallèle n’est pas mathématique ,ici pas de « musique » exprimable sur une portée ni de refrains accrocheurs ni toutes ces choses que généralement on peut juger par telle ou telle comparaison . Tout n’est que sensation et c’est le concept même d’Autechre; vous faire pénétrer dans leur monde torturé par les sons sortis de leurs machines.

Deux titres se détachent de cet album car étant plus conventionnels ("P :ntil" et "V-proc") et qui nous servent un beat cette fois clairement identifiable et qui fait référence à la musique hip-hop mais en très minimaliste et c’est à ce moment que la tension de ce disque redescend . En effet, sur la longueur les titres deviennent vraiment difficiles à digérer et le disque semble parfois d’une longueur interminable tellement les idées et les rythmes trouvés se répètent inlassablement en allant le plus au bout possible de leur utilisation et me rappelle presque par moment certains groupes de black métal qui usent et abusent d un riff trouvé pendant de très longues minutes. C’est, vous l’avez compris, le point faible de ce disque qui démarre très fort avec des sons qui claquent littéralement dans les esgourdes et qui s’essoufflent vers le milieu de l’album en donnant l’impression que le concept est arrivé a son terme et la fin est réellement poussive bien que le dernier titre ("Reniform Puls") relève tout de même la tête.


Au final, ce disque d’Autechre ne décevra pas les fans de ce groupe mais sa difficulté d’approche et son jusqu’au-boutisme pourra en rebuter plus d’un. Cela reste toujours une expérience sonore captivante et intense qui repousse les limites de la conception classique de la musique et confère une aura très spirituelle à la musique électronique dont très peu d’artistes peuvent se targuer. Bref, écouter Autechre est plus une expérience sonore qu’une ode à la mélodie, il faut juste être assez ouvert d’esprit pour tenter d’approcher ce monde des ténèbres.


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