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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 26 octobre 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Norbert Vornam
(chant)

-Lars Döring
(guitare)

-Michael Schiel
(guitare)

-Michael Kaspar
(basse)

-Martin Buchwalter
(batterie)

TRACKLIST

1)The Sources of Ignition
2)Mask of the Betrayer
3)New Saviour
4)Grey
5)Godlike
6)These Urges
7)Thrasher
8)Martyrs of the Half Moon
9)I Came for You
10)Once Fallen
11)The Circle Shuts

DISCOGRAPHIE


Squealer - The Circle Shuts
(2008) - heavy metal - Label : AFM Records



Dans la catégorie « Je sais pas ce que je veux », Squealer se pose là. Suite au décès prématuré de son regretté chanteur Andy Allendörfer (RIP), accessoirement fondateur du label AFM, le groupe avait décidé de continuer sa route, non sans avoir longtemps hésité. C'est néanmoins sous le nom de Squealer AD qu'était sorti Confrontation Street, avec Gus Chambers (RIP lui aussi, décidément) au micro. La greffe n'ayant pas pris, c'est avec un nouveau chanteur que les Allemands reviennent aujourd'hui… en reprenant leur nom original !

Jusqu'à présent, Squealer s'est toujours traîné la réputation de groupe de thrash de seconde zone. Et bien grâce à The Circle Shuts, les choses vont enfin changer : Squealer est désormais… un groupe de power metal de seconde zone ! En effet, les Allemands ont opéré un changement de style notable en reléguant leurs racines thrash au second plan (en gros, seul "The Sources of Ignition" et "Thrasher" peuvent encore être apparentés au thrash sur cet album). Un changement de toute façon nécessaire compte tenu des capacités de son nouveau chanteur Norbert Vornam. Sans doute ne faut-il pas chercher plus loin les raisons de l'évolution de Squealer, tant celui-ci est à la peine dans le registre agressif. Sa prestation sur "Godlike" et "Thrasher", 2 des titres sur lesquels il tente de sonner méchant, est particulièrement mauvaise. Pour le reste, malgré un registre limité aux mediums, il s'en tire correctement sans toutefois susciter d'émotion particulière chez l'auditeur.

Disons-le clairement, il n'y a pas grand-chose de très bandant sur The Circle Shuts. Squealer dispose de bonnes idées éparpillées sur à peu près tous les morceaux, mais peine réellement à les assembler. Ici, l'idée de départ est bonne mais le reste du morceau ne suit pas (le couplet très agressif et atypique sur le plan rythmique de "New Saviour", planté par un refrain à la noix ; même problème pour la tentative gothico-doom sur "Grey") ; là, c'est le refrain qui est bon mais qui est un peu seul ("These Urges", où comment un refrain mélodique peut rattraper du mauvais thrash) ; parfois c'est un bon solo qui attire l'attention et qui relève la sauce, même si cela demeure assez rare ("Godlike") ; et des fois, il n'y a tout simplement rien à sauver, tout est mauvais ("I Came for You", "The Circle Shuts"). Bref, vous l'aurez compris, rien de très abouti sur cet album qui ne devrait pas permettre à Squealer de changer de statut et de se lancer à la conquête du monde…

Bon, tout n'est pas si noir non plus, et les Allemands parviennent tout de même à signer quelques morceaux vraiment intéressants qui, couplés aux autres éléments cités plus haut, permettent à The Circle Shuts de se traîner péniblement jusqu'à la moyenne. Il n'y en a que 2, alors on va prendre le temps de s'attarder un peu dessus. Tout d'abord, "Martyrs of the Half Moon", et sa recette simple mais tellement efficace : un bon gros riff heavy, un refrain à la fois mélodique, puissant et fédérateur à grand renfort de double pédale énergique, et un vrai bon solo, de loin le meilleur de l'album. C'est tout con, mais c'est pas plus compliqué que cela ! Plus intéressant encore car plus audacieux, "Once Fallen", basée sur une formule qui n'apparaissait pas évidente au départ : mélanger un couplet lent, grave et mélancolique que n'aurait pas renié Sentenced, avec un refrain 100 % power metal digne d'un Brainstorm au meilleur de sa forme. Vous me croirez ou pas, mais le résultat est excellent !


Au final, quel regard porter sur The Circle Shuts ? Le constat est dur pour Squealer, mais il est évident que cet album est loin d'être impérissable. Les quelques bons moments ne suffisent pas à cacher une impression d'ensemble très moyenne. L'évolution stylistique n'est pas accompagnée par un changement qualitatif équivalent, et nos Allemands risquent donc de rester dans l'anonymat pour quelques temps encore…


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