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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Grutle Kjellson (chant+basse)

-Ivar Bjornson Peersen (guitare)

-Arve Isdal
(guitare)

-Øyvind
(claviers)

-Cato Bekkevold (batterie)

TRACKLIST

1)Green Reflection
2)Lunar Force
3)Isa
4)Ascension
5)Bounded By Allegiance
6)Violet Dawning
7)Return To Yggrasill
8)Secrets Of The Flesh
9)Neogenesis
10)Communion

DISCOGRAPHIE

Emperor / Hordanes Land (1993)
Vikingligr Veldi (1994)
Frost (1994)
Eld (1997)
Mardraum: Beyond The Within (2000)
Monumension (2001)
Below The Lights (2003)
Isa (2004)
Ruun (2006)
Vertebrae (2008)
Axioma Ethica Odini (2010)
Riitiir (2012)
In Times (2015)
E (2017)

Enslaved - Isa
(2004) - black metal - Label : Tabu Records



Un nouvel album d’Enslaved, c’est toujours un petit événement dans le monde du metal extrême. Le groupe nous a habitué à sortir des albums à la qualité rarement mise en défaut (l’amateur de black se souviendra avec émoi de Frost) et il s’est aussi fabriqué une réputation de groupe cherchant toujours à progresser. Les dernières sorties comme Below The Lights l’ont prouvé et c’est dans ce contexte qu’arrive Isa. Un titre assez étrange (surtout pour nous français) mais bien évidemment tiré de la mythologie hindoue… Bon ok, scandinave. Il s’agit d’une rune représentative de la glace, la cristallisation. La pochette est d’ailleurs une représentation de son symbole (un "I" en gros).

Quoiqu’il en soit le groupe nous balance une intro comme de coutume (jusque là, rien de fracassant) et ensuite vogue le drakkar! Tout de suite on se rend compte que les blast beats ne font plus partie du vocabulaire du groupe qui se concentre sur la recherche musicale dans sa volonté de faire avancer son art. La production est désormais bien claire et laisse place à une précision de tous les instants même si on regrettera l’absence habituelle de la basse. Mais dans sa quête d’une bonne production, Enslaved n’a pas oublié en bon viking qu’il est que son origine vient des fjords froids de Norvège et c’est tout naturellement que les guitares possèdent ce grain particulier et surtout glacial. Le chant pour sa part alterne comme il se doit l’écorché et le clair même si une grosse préférence est accordée à l’écorché (le groupe a ses racines dans le metal extrême, ne l’oublions pas). Enfin, les claviers sont de la partie pour ne pas déroger à la règle et apporter leur touche viking (ce qui ne veut rien dire, ainsi soit-il) grâce à leurs nappes nostalgiques.

Constatation, la musique sur ce Isa est nostalgique. Etrange non pour un groupe qui se fait le chantre de l’apologie de ses mythes et de sa culture? Pas du tout. Enslaved cultive son appartenance farouche à la descendance viking et nous le fait savoir. Sa musique froide et nostalgique prouve son statut de défenseur des traditions nordiques. Chaque riff est une ode à la mélancolie, aux temps passés. Il est difficile de ne pas se sentir touché par les appels du groupe. Surtout quand la musique est si bien faite. Car au-delà de ses attaches culturelles indissociables de sa musique, le groupe a un talent inné pour composer. En s’étalant souvent sur de longues plages, les chansons impressionnent par la qualité des enchaînements, des arrangements et leur diversité. Car même si Enslaved s’est forgé son style, il ne s’est pas forgé une prison musicale. Certes le groupe a son but fixe et indéboulonnable mais il se permet d’emprunter de nombreux chemins pour y aller. Honnêtement, "Lunar Force" qui ouvre l’album est vraiment représentative de ces qualités. Riffs variés, cassure rythmique et nostalgie pesante. Enslaved n’est vraiment pas un groupe de mickeys.

Le mieux c’est que tout l’album est au niveau. Bien sûr, on a quelques préférences, "Lunar Force" ou "Bounded By Allegiance" pour ne pas les citer, mais il est bien difficile de réellement les sortir du lot. Toujours le riff juste, les claviers tristes ou le refrain accrocheur. Isa n’est pas le genre d’album dont on écoute en boucle le single. Il se vit en entier pour ne pas en gâcher sa puissance, son aura. Au fait, puisqu’on s’approche de la fin, sachez qu’une chanson s’appelle "Return To Yggdrasill". Faisant faussement penser à une suite de "Yggdrasill" première du nom sur Frost, il n’en est rien. C’est une chanson du Enslaved 2004. Dix ans sont passés et il est difficile de voir des points communs entre ces deux chansons. Voilà pour la petite histoire.


Au final nous voilà avec un album vraiment excellent qui ne peut que plaire à un fan de metal, qu’il soit extrême ou pas. Composé de mains de maître par un groupe au sommet de sa forme, il est la preuve éclatante que le metal a de la marge de progression (qui a dit progressif?). Il se savourera sur la durée.


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