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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 25 octobre 2008
Sa note : 18/20

LINE UP

-Mikael Stanne
(chant)

-Niklas Sundin
(guitare)

-Martin Henriksson
(guitare)

-Martin Brändström
(claviers)

-Michael Nicklasson
(basse)

-Anders Jivarp
(batterie)

TRACKLIST

1)Final Resistance
2)Hours Passed in Exile
3)Monochromatic Stains
4)Single Part of Two
5)The Treason Wall
6)Format C: for Cortex
7)Damage Done
8)Cathode Ray Sunshine
9)The Enemy
10)I, Deception
11)White Noise / Black Silence
12)Ex Nihilo

DISCOGRAPHIE

The Gallery (1995)
The Mind's I (1997)
Projector (1999)
Haven (2000)
Damage Done (2002)
Character (2005)
Fiction (2007)
Where Death is Most Alive (DVD) (2009)
We Are The Void (2010)
Construct (2013)
Atoma (2016)

Dark Tranquillity - Damage Done
(2002) - melodeath - Label : Century Media



Lorsque Damage Done paraît en 2002, Dark Tranquillity a déjà derrière lui une carrière exemplaire d’une dizaine d’années. Véritable précurseur qui a participé tout simplement à la création d’un genre, le death metal mélodique, au milieu des années 90 avec des albums devenus cultes comme The Gallery ou The Mind’s I, il a déjà su évoluer et expérimenter avec ses albums suivants, Projector et Haven. Dark Tranquillity apparaît alors comme un groupe libre d’aller dans la direction qui lui plait, sans aucune contrainte.

Les premiers albums du groupe étaient marqués par un aspect épique, fait de longues compositions violentes et mélancoliques à la fois sur lesquels l’influence du black metal pouvait se faire sentir. L’ovni Projector calmait les ardeurs du groupe et révolutionnait tout en apportant une concision nouvelle, ainsi que le chant clair de Stanne et une ambiance légèrement gothique, alors que Haven, son successeur, rajoutait à la recette les claviers de Martin Brändström et leur coloration indus voire électro. Damage Done peut quant à lui apparaître à première vue comme une sorte de retour aux sources. Plusieurs éléments vont dans ce sens : le chant clair de Stanne a totalement disparu (c’était déjà presque le cas sur Haven), les guitares sont de retour au premier plan des compos qui sont de nouveaux bâties sur des riffs… Pourtant Damage Done est beaucoup plus que ça. Non seulement il synthétise tout ce que le groupe a déjà fait, rendant ainsi son melodeath riche et profond, mais il va plus loin. Le groupe ayant très tôt pu exprimer tout son désir d’expérimentation, il s’est ainsi affranchi de ce besoin de prouver qu’il était capable de jouer autre chose, qu’il pouvait évoluer. Il ne lui reste donc plus à présent qu’à recentrer sa musique sur ce qu’il sait faire de mieux.

Absolument tous les musiciens participent à la composition (Stanne s’occupant des paroles), apportant chacun leurs influences, mais c’est véritablement sur cet album que Martin Henriksson s’impose comme le compositeur principal du groupe, ce qui explique en partie le retour des guitares. Le son pourra peut être surprendre voire décevoir ceux qui sont habitué aux productions aseptisées actuelles de mises dans ce style. Fredrik Nordström a concocté au groupe un son légèrement «sale» et très naturel qui colle bien à la musique du groupe. L’interprétation est exempte de tout reproche. Les lignes de guitares sont ciselées, la basse est présente, apportant un certain groove, le jeu du batteur est plutôt subtil et recherché (on pourrait cependant lui reprocher de ne pas envoyer plus souvent du lourd en simplifiant légèrement son jeu) et les parties de claviers enrichissent grandement la musique sans être envahissantes, par des lignes de piano, des orchestrations, des nappes discrètes ou même de légères touches électro. Quand à Mikael Stanne, il reste clairement le chanteur de death metal le plus expressif, et même s’il a abandonné son chant clair une réelle émotion se dégage de son growl puissant et parfois même poignant.

"Final Resistance" débute l’album de la plus belle des manières : morceau extrêmement efficace expédié en trois minutes chrono, tempo rapide, riffs puissants et mélodiques, et refrain absolument énorme. Le ton est donné pour le reste de l’album. L’ensemble des titres est en effet basé sur la recherche de l’efficacité absolue, et un soin tout particulier a été apporté aux refrains pour la plupart difficiles à oublier. "Hours Passed in Exile" s’inscrit dans cette démarche, tout en étant plus posé et mélodique, mais le premier sommet de l’album est atteint avec le tube ultime qu’est "Monochromatic Stains", dont le refrain est un modèle du genre. Sortant du même moule de l’excellence, mais peut être même à niveau encore supérieur, on trouve le génial "The Treason Wall", son tempo effréné, ses couplets enrichis de subtiles parties de piano, sa mélodie, son refrain magique, son break qui amène une partie instrumentale que n’aurait pas renié Iron Maiden... le genre de titre qui vous fait aimer un groupe pour la vie. Mais presque tous les morceaux seraient à citer : "Single Part of Two", "Format C: for Cortex", "White Noise / Black Silence" ou encore un "Damage Done" particulièrement rapide et rentre dedans. Le très bel instrumental "Ex Nihilo" apporte une touche finale mélancolique à l’album, débutant de manière atmosphérique avant que les guitares n’entrent en jeu.


Damage Done est-il le meilleur album de Dark Tranquillity ? Difficile à dire tant la discographie du groupe regorge d’albums différents les uns des autres et donc difficilement comparables. Il s’agit en tout cas de son album le plus efficace, et donc certainement du meilleur moyen de découvrir le combo de Göteborg. Il marque également la fin de l’époque de l’expérimentation (que certains regretteront). Dark Tranquillity a définitivement trouvé son style sur cet album, les suivants s’inscriront dans sa lignée.


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