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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 25 octobre 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Chris Boltendahl
(chant)

-Manni Schmidt
(guitare)

-Jens Becker
(basse)

-H.P. Katzenburg
(claviers)

-Stefan Arnold
(batterie)

TRACKLIST

1)The Ring
2)Rheingold
3)Valhalla
4)Giants
5)Maidens of War
6)Sword
7)Dragon
8)Liar
9)Murderer
10)Twilight of the Gods

DISCOGRAPHIE


Grave Digger - Rheingold
(2003) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



Ils avaient juré qu’on ne les y reprendrait plus. Mais de quoi parle-t-on donc monseigneur ? Des concepts albums historiques qui ont fait la renommée du fossoyeur depuis la sortie de Tunes of War en 1996. Car après avoir partiellement rangé les gants avec le très réussi album éponyme, malgré les craintes concernant le départ du guitariste emblématique Uwe Lullis, Boltendahl revient à ses premières amours en nous sortant ce Rheingold inspiré de l’œuvre de Wagner, Der Ring Des Nibelungen.

Et finalement, pour les fans, c’est plutôt une bonne nouvelle. Un possible mélange entre le côté épique de la trilogie médiévale et la guitare plus acérée du nouveau venu Manni Schmidt, avec un nom à faire pâlir de crainte la plus endurcie des grand-mères. Y a bon Banania ! Et en effet, ça part plutôt bien, après la traditionnelle (et indispensable, on ne le dira jamais assez) introduction symphonique, on part avec un bon vieux riff typique de ce cher Manni, qui a déjà posé sa patte sur le style Grave Digger, un pont épique et un refrain malsain du meilleur goût. Le solo part même sur une rythmique à la – tenez-vous bien – Pantera. Oui, oui, vous avez bien lu, ça groove, ça claque et tout ! Bon, évidemment, il y a aussi de la twin-lead épique, avec harmonies et tout le paquetage, mais ça, est-ce encore la peine de le préciser ? Bref, les cheveux volent, les pieds retournent, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, n'est-ce pas Aldous ?

Sauf qu’il y a un ver dans la choucroute. Car après un "Valhalla" pas dégueulasse non plus, bien que commençant salement à sentir le réchauffé, et même si on était au courant depuis longtemps, c’est la première fois que l’on sent clairement les limites de la recette Digger. Car si jusque-là, la qualité des compositions suffisait à nous faire oublier à quel point tout cela était répétitif, il a suffi d’une petite baisse qualitative pour instaurer rapidement la lassitude. Et oui, il faut bien le reconnaitre, "Giants", ce n’est pas mauvais, mais ça ne donne pas envie d’enfiler le slip en peau de bête pour aller guerroyer contre le unholy evil vous voyez ? Le passage symphonique style « Le roi est de retour au village » fait en plus basculer le tout de kitsch vers ridicule, ce qui est bien dommage. Bon, rassurez-vous, ça reste du Grave Digger, et l’amateur de bon gros riffs teutons y trouvera son compte sans trop de souci, pour peu qu’il n’ait point trop de considération pour l’originalité et l’innovation. Remarquez, c’est souvent le cas des amateurs de metal allemand.

L’album nous réserve tout de même de bons moments. "Maidens of War", idéalement placée en milieu d’album histoire de nous faire oublier les faces B tout autour, est de celles-là. Après un arpège tout en ambiance, appuyé par du syn… pardon, un violon assez bien senti, le gros riff décarcasse les conduits auditifs comme chez l’ORL. Les couplets rappellent le travail effectué sur "The Ballad of Mary" tandis que le refrain verse dans le plus traditionnel, mais retrouve l’efficacité d’antan en se contentant de trois pauvres phrases répétées ad lib. Le bon Digger que l’on aime, en fait ! Les soli nous feraient d’ailleurs presque sentir une légère brise parcourir le cuir chevelu. Malheureusement, le vent retombe passé cette charnière indispensable de l’album, avec un enchainement de titres pas foncièrement mauvais, mais qui ne feraient assurément pas bonne figure sur un best of du fossoyeur. Le travail sur les arrangements symphoniques est respectable certes, mais ne fait aucunement gagner en efficacité à la musique, ce qui est bien dommage pour un tel groupe.


Et finalement, après tant de pavés à la gloire du heavy metal, on ne s’attendait quasiment plus à un faux pas de la bande à Boltendahl. Bon, faux pas, l’expression est un peu forte, et l’amateur peu exigeant y trouvera certainement son compte, car beaucoup de combos sont encore à la recherche d’un tel niveau d’efficacité. Mais on sentirait presque une certaine lassitude s’installer dans le clan allemand. Délectons-nous donc tout de même des quelques boucheries de Rheingold en attendant des jours meilleurs.


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