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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2008
Sa note : 19/20

LINE UP

-Michael Poulsen
(chant+guitare)

-Thomas Bredahl
(guitare)

-Anders Kjølholm
(basse)

-Jon Larsen
(batterie)

TRACKLIST

1)End of the Road
2)Guitar Gangsters & Cadillac Blood
3)Back to Prom
4)Mary Ann's Place
5)Hallelujah Goat
6)Maybellene I Hofteholder
7)We
8)Still Counting
9)Light a Way
10)Wild Rover of Hell
11)I'm So Lonesome I Could Cry
12)Broken Man and the Dawn
13)Find That Soul
14)Making Believe

DISCOGRAPHIE


Volbeat - Guitar Gangsters & Cadillac Blood
(2008) - rock hard rock Rock/Boogie/Metal - Label : Mascot Records



Alors ça pour une claque dans la gueule c'est une claque dans la gueule! Commencez par imaginer un Elvis des années 2000 aux accents Hetfieldiens, qui jouerait dans un groupe de rockab' avec un son à faire pâlir Lamb Of God. Ça commence à venir? Et si pour finir on rajoute un véritable don pour les mélodies accrocheuses, des riffs à se briser les cervicales et un petit je-ne-sais-quoi qui transforme un bon groupe de rock en véritable machine à tubes. Vous obtiendrez Guitar Gangsters & Cadillac Blood, 50 minutes de pur bonheur musical.

Impossible d'aborder ce Guitar Gangsters & Cadillac Blood sans parler de Michael Poulsen, le charismatique leader du groupe danois. Bercé aux accents du King (il a d'ailleurs "Elvis Aaron Presley" tatoué sur l'avant bras), de Chuck Berry et autres stars du rock 'n' roll, Poulsen fonde à 17 ans son premier groupe de ... death metal! De cette dualité, il tirera l'essence même de Volbeat : du gros rock n roll, limite rockabilly, carrément boogie avec un gros son typiquement metal, comme si Buddy Holly répétait avec Metallica. Et autant vous dire tout de suite que la formule est efficace : de la première guitare slide aux accents bluesy au dernier accord qui résonne, ce Guitar Gangsters est un recueil de bombes nucléaires, mieux, une véritable leçon de rock n roll! Merci qui? Merci Michael bien sur... Parce que de bout en bout c'est quand même lui qui tient la baraque. Avec sa voix de crooner « from Hell » et sa guitare qui groove, il a le don pour coller le frisson à chaque morceau à grands renfort de refrains hyper efficaces où règnent les lignes de chant ciselées et immédiates.

À commencer par la chanson titre, énorme. Grosses guitares, chant parfait et refrain immédiat : la grosse claque. Deux secondes de répit, quatre coups de baguettes et c'est reparti pour un tour! "Back to Prom" et son punk n roll, c'est LE tube calibré pour la scène : guitare énervée, refrain simple, et énergie incroyable, du tout bon! Mais le plus étonnant, c'est que contrairement à une pelleté d'albums où les deux burners sont les seuls morceaux intéressants à se mettre sous la dent, ce Guitar Gansters est rempli de burners! Démonstration par l'exemple : "Hallelujah Goat". Intro metal somme toute classique, mouais... quand soudain : Pan! Le gros riff boogie sorti de nul part (bien supplée par la grosse caisse) qui vient briser la nuque sans prévenir, histoire de nous préparer à la ligne de chant gigantesque. Parce que la vraie force de Volbeat, c'est la puissance du songwriting : des lignes de chant absolument magnifiques, qui collent parfaitement à la musique, des riffs catchy, des mélodies travaillées et attachantes. C'est vraiment du grand art!

En particulier le petit côté naïf et « bubble gum », typique des chansons 50's que l'on retrouve sur plusieurs des titres : le single "Maybellene I Hofteholder", "We" (au couplet punk rock à couper le souffle) ou encore la ballade "Light a Way". Après tout n'est pas rose, notamment le son trop parfait et trop froid de la batterie qui jure un peu à côté des accents gras du trio guitares/basse et qui dessert l'excellent Jon Larsen (sa frappe lourde et précise est FAITE pour les riffs de Poulsen). On pourrait reprocher quelques longueurs à l'album – plutôt dense – mais à part la très moyenne "Find That Soul", aucun morceau n'est à mettre de côté, surtout sur la fin de l'album. Outre l'hommage non caché à Metallica ("Wild Rover of Hell") il aurait été dommage de se passer de la superbe "I'm So Lonely I Could Cry" (reprise de l'icône country Hank Williams) et du bouquet final "Making Believe" qui résume à elle seule l'album : une belle mélodie aux accents tristes, des guitares énergiques au son d'avion de chasse et un chanteur au sommet de son art.


Troisième effort des Danois, ce Guitar Gangsters & Cadillac Blood confirme ce que laissait présager ses prédecesseurs : Volbeat est en passe de devenir un grand groupe, un de ceux dont on parlera encore dans 20 ans. Avec leur rockab' metal, leurs chansons taillées pour le live et leur énergie qui rappelle les grands noms du punk rock, les Volbeat nous balancent leurs missiles de croisière avec un plaisir et une énergie communicatifs. Une fois l'album dans votre platine, vous aurez bien du mal à l'en extraire!


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