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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Adrie
(chant)

-Alex
(guitare)

-Bas
(basse)

-Edwin
(batterie)

TRACKLIST

1)Republic of the Grave
2)Summit of Sacrifice
3)Fortified Bravery
4)The Silent Howling
5)The Kill to Come
6)Palace of the Fates
7)If It Bleeds

DISCOGRAPHIE


Sinister - The Silent Howling
(2008) - death metal - Label : Massacre



Non, il ne s’agit pas ici de parler de Mr Sinistre, le rejeton génétique d’Apocalypse dont le passe-temps favori semble être d’ourdir d’infâmes complots pour faire rien qu’à embêter les X-Men. Nous parlerons ici du dernier album de Sinister, The Silent Howling, qui vient de sortir chez Massacre Records, et qui se révèle non moins méchant et redoutable que ce super-vilain machiavélique et sans scrupule. Autre point commun avec le personnage du comics ? A chaque fois qu’on le croit mort, il revient en force.

Après de nombreux déboires de line-up et de label à côté desquels les tourments de Dallas passent pour une banale histoire de famille, les hollandais de Sinister avaient remis le couvert avec le très estimé Afterburner (non, il ne s’agit pas ici du mythique shoot-em-up d’arcade, adapté avec succès sur Master System et Megadrive). Deux ans plus tard, les voila remis sur les rails du succès avec une autre belle réussite, The Silent Howling. La recette n’a pas trop changé : du death metal traditionnel intelligemment composé, très bien joué et inspiré. Il faut un minimum d’amour pour le death old school pour apprécier à sa juste valeur cette galette de presque cinquante minutes, car le temps passe mais fait à peine osciller Sinister sur son socle de granit : pas de référence aux mouvements neo/hardocre/melodique/Göteberg ou tout ce que vous voulez, c’est ici du 100% pur jus.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures blanquettes de veau, chacun le sait. Aucun doute possible à l’écoute des sept titres de l’album, Sinister a une expérience indéniable dans l’écriture et l’exécution d’un album de death-metal. Les riffs sont variés et intéressants, les structures complexes sans être obscures et le tout dégage une cohérence compacte destinée à heurter de plein fouet l’auditeur intrépide. Sinister n’hésite pas à étaler son propos dans le temps – sans le diluer – et à faire des titres flirtant avec les six minutes, voire carrément dix pour le titre éponyme. L’opener "Republic of the Grave" est un assommoir efficace, brutal et sans concession, servi magistralement par le growl râpeux de Adrie Kloosterwaard (qui a quitté les baguettes pour le micro depuis Afterburner), dans la plus pure tradition des piliers des années 90 du genre.

Toujours dans la même optique séculaire, les arpèges de guitares qu’on trouve sur – entre autres – "The Silent Howling" rappellent furieusement de par leur côté simple et glauque les harmonies de mise au début des carrières de Sepultura, Slayer et toutes ces myriades de groupes qui ont participé à la naissance du courant death-metal. Autre gimmick intéressant présent sur quasiment toutes les chansons : ces voix désincarnées types « sorties d’une vieille radio », sans doute issues parfois de films ou autres documents audios qui parsèment les titres, conférant à Sinister une ambiance spécifique, suffisamment détachée des recettes éprouvées du genre pour ne pas tomber dans la banalité. Saupoudrez le tout de heavy melodique, de riffs légèrement blackisants et de solos eux aussi plutôt heavy-metal dans l’approche et vous aurez une bonne idée de la teneur globale de The Silent Howling.


Réussite, donc. Le passage de Nuclear Blast à Massacre semble n’avoir pas été une mauvaise chose pour le groupe qui, avec son line up recomposé, revient en force dans les chaumières. Sinister fait depuis un moment partie intégrante du paysage, il ne tient qu’à eux de finir de s’incruster dans le décor pour ne pas qu’on les oublie pour des groupes aux notoriétés peut-être plus évidentes comme Cannibal Corpse ou Obituary. Car si l’histoire du death s’est écrite avec ces derniers, il ne faudrait pas oublier que la Hollande a accouché de Sinister.


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