2624

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 23 octobre 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Robert Horn
(chant)

-Steven Holl
(guitare)

-André Steinmann
(guitare)

-Justin Schüler
(basse)

-Benjamin Kühnemund
(batterie)

TRACKLIST

1)Behind the Mask
2)There Is Something Vicious
3)Sitting in the Wardrobe
4)The Daily Grind
5)Dismembered
6)A Wrong Person to Trust In
7)The Interference
8)Isolated
9)Ravaged by Disease

DISCOGRAPHIE


Anima - The Daily Grind



On l’entend (et le répète) sans cesse : il ne faut pas juger sur les apparences. Mais l’être humain est ainsi fait qu’il ne peut s’empêcher de se fier à qu’il voit avant tout autre critère. Mais – encore plus fort – il apparait que l’être humain est capable de nuancer un jugement établi lorsque l’apparence du sujet est révélée. En d’autres termes, réviser une opinion faite en aveugle après avoir vu à quoi ressemblait le (ou les) sujet(s) de l’expérience. Ici, le sujet c’est Anima, et l’expérience, c’est l’écoute et l’appréciation de leur second album, The Daily Grind.

À l’écoute, les choses sont claires, il s’agit de deathcore mélodique. Pour les petits nouveaux qui n’auraient pas suivi une des nombreuses branches de l’évolution de la musique extrême, ça consiste à mélanger en proportions variables At The Gates, Cannibal Corpse, et Biohazard. Très en vogue parmi les jeunes d’aujourd’hui, le style connait une explosion internationale, parti d’Europe du Nord pour se propager vers les US et le Royaume-Uni et qui atterrit en ce moment en Allemagne et en France. Anima, comme son nom ne l’indique pas, vient donc d’Allemagne. The Daily Grind est leur second album, le premier ne s’étant pas fait réellement désirer dans l’Hexagone. Maintenant que les choses sont plus ou moins replacées dans leur contexte, il convient de se pencher sur la musique du groupe.

Disons le tout net : bof. Alors certes, le groupe semble déborder d’ambition et exécute son art avec une agressivité tout à fait de mise, mais avec la concurrence d’aujourd’hui, il en faut un peu plus pour se démarquer – ou un peu moins si on veut briller par sa médiocrité. Avec la notoriété de groupes comme Heaven Shall Burn, All Shall Perish, Lamb Of God ou encore Avenged Sevenfold et les petits nouveaux (prometteurs) de Vicious Art, il commence à faire vraiment étroit dans le secteur. Anima apparait donc trop formaté pour convaincre. Le chant est agressif et sans surprise, les riffs tantôt louchent sur At The Gates ("Dismembered") et tantôt sur Vicious Art (des tas d’autres), la batterie possède ce qu’il faut de double pédale et de blast pour produire du décibel par brouettes entières mais la sauce ne prend pas.

La production, elle, est impeccable. Solides comme un roc, tous les instruments ont voix au chapitre – comme de coutume, la basse semble tout de même bien trop timide – et certains riffs s’avèrent tout à fait succulents ("Isolated", "Behind the Mask", "A Wrong Person to Trust In" ou le court intermède "The Interference", bien inspiré). Mais la baraque manque de s’écrouler dès qu’un de ces fichus six-cordistes se prend à avoir des velléités de solo. C’est affreux, pas inspiré, mal exécuté fichtrement bancal, en particulier à la fin de "A Wrong Person to Trust In". Heureusement, tout cela est ponctuel, et il est possible de passer à côté en haussant les épaules. Alors que reste-t-il de ces trente-trois minutes ? Pas de quoi fouetter un lapin-nain, mais suffisamment tout de même pour l’écouter sans déplaisir s’il vient à surgir de la sélection en aléatoire de votre playlist MP3…


Mais où donc voulait-on en venir avec cette introduction pétrie de bon sens ? Eh bien, là où à l’écoute de The Daily Grind l’imagination nous offre de bon gros metalleux poilus, tatoués, à l’air méchant et à la virilité exacerbée, les photos promos nous exhibent une bande de cinq post-ados émos tout justes pubères que la Tektonik ne semble pas avoir épargné. De là à conclure si cela aide à aimer la musique d’Anima en provoquant une sorte d'indulgence ou si au contraire vous vous sentez en devoir de repousser The Daily Grind au loin, il ne tient qu’à vous…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2