2601

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 5.5/20

LINE UP

-Fred Durst
(chant)

-Mike Smith
(guitare)

-Sam Rivers
(basse)

-John Otto
(batterie)

-DJ Lethal
(DJ)

TRACKLIST

1)Re-Entry
2)Eat You Alive
3)Gimme The Mic
4)Underneath The Gun
5)Down Another Day
6)Almost Over
7)Build A Bridge
8)Red Light, Green Light
9)The Only One
10)Let Me Down
11)Lonely World
12)Phenomenon
13)Creamer
14)Head For The Barricade
15)Behind Blue Eyes
16)Drown

DISCOGRAPHIE


Limp Bizkit - Results May Vary
(2003) - néo metal pop rock - Label : Interscope



Avec Wes Borland à la guitare Limp Bizkit avait déjà réussi à tomber bien bas, et voilà qu'en plus il s'en va. Frayeur dans les foyers : Fred Durst seul maître à bord, voici une idée fort déplaisante. Après diverses tentatives pour trouver un remplaçant capable (dont la tournée-casting «Put a guitar where your mouth is»), le groupe jette son dévolu sur un certain Mike Smith, ex-Snot. Puis l'album arrive dans les bacs : forcément, Wes Borland n'est plus là pour dessiner les superbes pochettes du groupe, donc on se retrouve avec... la face de Durst en gros plan, oups. Et ce n'est pas fini...

Car autant annoncer la couleur tout de suite : Results May Vary est un album proprement immonde qui fait passer la bouse Chocolate Starfish pour du Brahms. Les singles de cet album sont tout ce qu'il a à proposer de potable : "Eat You Alive" est une chanson nu-métal bien faite sur laquelle Durst lâche enfin un hurlement digne de ce nom, le premier depuis le premier album et le dernier en date d'ailleurs. Quant à la reprise de "Behind Blue Eyes" des Who qui a été jouée à outrance sur toutes les radios de France et de Navarre, que dire ? Durst chante vraiment bien, les arrangements electro ambiancés rendent pas mal et le groupe s'est embêté à vraiment s'approprier la chanson : c'est une bonne reprise et on ne peut pas leur enlever ça. Et il y a les quatorze autres plages de ce CD, et là c'est l'horreur pure, une horreur que même la production léchée et puissante ainsi qu'une section rythmique toujours béton (quoique Sam Rivers est sous-employé) ne rattrapent pas.

Le gros problème de Limp Bizkit c'est quand même que leur chanteur-leader est un blaireau mégalomane qui doit passer un temps insensé à se masturber devant la glace. Durst laisse totalement éclater sa beauferie sur cet album, sans aucune limite : dès l'intro "Re-Entry" il balance un «All around the world, you know me» qui le définit totalement, et la nausée éprouvée à la lecture de ses remerciements dans le livret est logique : et que je réaffirme que je suis un survivant, un leader, un battant, un pur, et que je me remercie moi-même (!!), et que si quelqu'un avait encore un doute sur le fait que je suis vraiment insupportable normalement là c'est réglé. Et c'est comme ça à longueur d'album : il traite de l'enfance (difficile, forcément) de Durst, des affects (torturés, forcément) de Durst, des prises de position (conservatrices, forcément) de Durst, de la célébrité (mondiale, forcément) de Durst... C'est à vomir, et le texte de "Almost Over" aurait dû logiquement envoyer son auteur au goulag ou au moins le faire fouetter.

Chocolate Starfish avait annoncé le triomphe de la pop plate dans la musique du Biscuit Mou, mais personne n'aurait pu se douter que Results May Vary le ferait passer pour un monument de violence a posteriori : cet album est quasi-intégralement composé de ballades sirupeuses et molles sur lesquelles Durst minaude et Mike Smith fait du mauvais Wes Borland. Car le nouveau venu se distingue surtout par une totale absence d'identité : impossible de repérer quoi que ce soit de personnel dans son jeu, et ses riffs comme ses arpèges noyés de delay sonnent exactement comme ceux déjà présents sur les albums précédents. Quand le groupe envoie un peu le bois c'est simpliste et facile ("Gimme The Mic", "The Only One", "Let Me Down") ou de l'auto-citation ("Creamer", "Lonely World", le refrain de "Almost Over"). Titre après titre on attend que ça décolle, mais le groupe se complaît à faire de la pop rose bonbon qui de plus pompe parfois outrancieusement les Red Hot ("Build A Bridge").

"Red Light Green Light avec Snoop Dog en invité (qui assure, lui) est peut-être le plus mauvais titre de l'histoire du groupe. "Phenomenon" est un peu moins raté que le reste, merci un riff correct, un flow enfin pêchu de Durst et surtout des couplets zarbi et expérimentaux qui représentent la seule étincelle de créativité dans ce tas de vomi malodorant. Avec le recul il est presque étonnant qu'un groupe qui était tombé si bas ait pu relever la tête pour sortir le correct et surtout très métal The Unquestionable Truth Pt. 1... On imagine bien un retour sous conditions de Wes Borland, du style «OK, je reviens mais on fait du lourd et Fred ferme sa gueule». Aujourd'hui Limp Bizkit est mort et personne ne les regrette, car il faut bien admettre que sorti de l'excellent 3 Dollar Bill, Y'All$ ce groupe n'a presque rien fait de bon. Il ne reste plus qu'à espérer que Durst se contente désormais de vivre de ses royalties et ne remonte plus jamais de groupe, car ce type est fondamentalement nuisible et cet album honteux le prouve. A éviter comme la vérole.




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6