2599

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Fred Durst
(chant)

-Wes Borland
(guitare)

-Sam Rivers
(basse)

-John Otto
(batterie)

-DJ Lethal
(DJ)

TRACKLIST

1)Intro
2)Just Like This
3)Nookie
4)Break Stuff
5)Re-Arranged
6)I'm Broke
7)Nobody Like You
8)Don't Go Off Wandering
9)9 Teen 90 Nine
10)N 2gether Now
11)Trust?
12)No Sex
13)Show Me What You Got
14)A Lesson Learned
15)Outro

DISCOGRAPHIE


Limp Bizkit - Significant Other
(1999) - néo metal - Label : Interscope





Deuxième album pour le groupe qui n'était pas encore le groupe de la honte, et jackpot mondial. Toujours produit par Ross Robinson, Significant Other marque un net tournant commercial tout en conservant une bonne partie des caractéristiques fondatrices de la musique du groupe. Fred Durst semble avoir pris conscience du potentiel financier de sa formation, et la musique commence doucement mais sûrement à se formater...


C'est dingue à quel point le chant de Durst -monsieur "strass et paillettes" pour les intimes- est un bon indicateur de la progression commerciale de Limp Bizkit d'un album à l'autre. Sur le premier il rappait et beuglait, chantait peu. Sur ce deuxième il rappe toujours mais ne hurle plus, alors que le chant clair a pris une énorme importance. Vous voyez venir la tendance ? Ce qui ancrait fondamentalement Limp Bizkit dans le métal, le chant hurlé "growl", est aux abonnés absents ou presque. Pour le reste la musique et la production n'ont pas beaucoup évolué, si ce n'est que la gratte de Borland a déjà perdu en méchanceté. Le son général est toujours aussi chaud et réussi mais finie la saturation grasse et vicieuse du premier album... Car il s'avère sur la longueur que Significant Other a pour objectif clair de sonner Limp Bizkit version gentille. Certains groupes de néo comme Korn ou les Deftones ont parfois fait des envolées vers la pop et ont pondu des albums reconnus comme excellents -en tout cas par une partie de la critique et du public. Il y avait au moins de la recherche et une certaine profondeur... Là, le groupe régresse consciemment.

Je m'explique: que le groupe décide de mettre l'accent sur le hip-hop, okay, c'est une de leurs caractéristiques fondatrices ("N 2 Gether Now" est d'ailleurs un bon titre de rap pur avec le Wu-Tang Clan en invités). Que Durst se mette à chanter plus, pourquoi pas : il chante juste. Et il serait faux de dire que Significant Other est mou de bout en bout. Le riff de "Nookie" aurait pu figurer sur le premier opus sans souci, et le passage ambiancé également... A part que celui-ci s'étire sur plus des deux-tiers de la chanson, et la production de la guitare ainsi que l'absence de growl atténuent tellement le côté métal que c'en est étonnant. Les nouveaux passages calmes gardent une certaine classe propre au groupe, merci à un ensemble de musiciens inspirés dès qu'il s'agit de groove et de mélodie, Sam Rivers en tête: la ligne sobre et classe de "Re-Arranged" porte cette chanson de pure pop sur laquelle le chant clair de Durst fonctionne très bien. Mais ça a beau être toujours joli, ce n'est pas vraiment nouveau.

Le fait est que Three Dollar Bill tapait direct dès le premier titre et maintenait l'effort en étalant un hip-hop/métal hyper bien dosé et maîtrisé, alors qu'ici la claque se fait attendre bien longtemps... Elle n'arrive pas ! Un titre de compo comme "Break Stuff" donne de l'espoir, et le riff aussi... Au début. Car le riff bébête comme le son sont plats, et quand la chanson s'énerve enfin pour de vrai après une montée en puissance l'absence de hurlement se fait vraiment sentir. C'est comme si le groupe évitait soigneusement de pondre un passage étiquetable métal. "I'm Broke" confirme cette tendance on ne veut plus faire du rap-métal, on fait du rap-rock. La formule est inversée sur ce titre: le riff méchant est au couplet et le refrain est mélodique. Mais le riff en question est si pauvre que le couplet ne sonne que comme du rap légèrement énervé : le Cypress Hill actuel est plus violent! Même constat pour "9 Teen 90 Nine" : couplet ambiancé dissonant réussi mais la violence du refrain est tronquée, retenue, étouffée.


Donc bon, Limp Bizkit fait du rap/rock/pop mélodique maintenant. Je le répète : cette orientation n'est pas honteuse en soi, mais le groupe perd une énorme part de son impact en laissant tomber le métal. Car ce choix n'est pas assumé, et le nombre de chansons faussement pêchues et hargneuses est élevé sur l'album. On se retrouve devant une musique qui semble vouloir manger à tous les râteliers, et c'est en fait le cas. Donc commercialement c'est béton (imaginez-vous donc, 6 millions d'exemplaires vendus) mais artistiquement c'est vraiment beaucoup moins solide que Three Dollar Bill. Reste un album de chansons mélodiques sympas et énergiques par moments à défaut d'être violentes, pas foncièrement mauvais mais très décevant par rapport à ce que le groupe proposait sur son premier opus. Enfin, ça allait encore, à l'époque ils méritaient encore la moyenne...


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5