2588

CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-David Gold
(tout)

TRACKLIST

1)The Looming of Dust in the Dark (& The Illumination)
2)The Will to Give
3)The Sun was in My Eyes : Part One
4)The Sun was in My Eyes : Part Doom
5)Allure Of The Earth
6)Shedding The Deadwood
7)Dragged Across A Forest Floor
8)Summer's Envy
9)The Ghost Of Summer's Past
10)The End of August

DISCOGRAPHIE


Woods Of Ypres - Pursuit Of The Sun & Allure Of The Earth



Woods Of Ypres est un groupe canadien à la distribution très difficile, puisqu'il est très rare de trouver leur première demo, Against The Seasons, à l'époque où Woods Of Ypres était encore constitué de trois membres. La même chose se reproduit avec ce premier album, où cette fois le leader David Gold prend toutes les commandes, ses deux compères ayant quitté le navire. Le multi-instrumentiste et multi-vocaliste, très attiré par la nature, nous pond ici un petit chef d'oeuvre d'ambiances feutrées qui sentent bon l'humus et une conception tout personnelle de l'été, fil conducteur du disque...

Pour situer le style, Woods Of Ypres joue un mélange de black (influence majeure), de death et de doom mâtiné d'ambiances à la Agalloch, Enslaved, Morgion et de guitares acoustiques à la Opeth ("Allure Of The Earth"). Un très bon melting-pot qui a le mérite de rendre hommage à ces influences de manière très prometteuse. Pursuit Of The Sun & Allure Of The Earth est un disque typique, brumeux et organique. Le très bon exemple se situe à le troisième plage de l'album ("The Sun Was In My Eyes (part one)"), débutant sur des arpèges très classieux de guitare acoustique, enchaînant sur une rythmique black avec force blast-beats, qui écume ensuite allègrement un death bien gras (la guitare est sublime), vocaux black et clairs se rapprochant du chant clair d'Enslaved, mystérieux et élégiaque. Vous mélangez le tout dans un shaker et vous obtenez un morceau incroyablement varié et mélodique.

Le plus étonnant demeure sa suite directe ("The Sun Was In My Eyes (part doom)") qui pioche dans un répertoire pachydermique hallucinant de maîtrise. On pense fortement à Morgion sur ce morceau épique, qui possède cette intelligence de ne pas proposer de nappes de claviers. Et que dire du break acoustique de tout beauté qui coupe le morceau en deux, pour reprendre sur une déferlante black bien surpuissante ? Le résultat de ce morceau, bizarrement proposé en deux plages bien distinctes, alors qu'il aurait fait un morceau de quatorze minutes dantesque, vous plonge dans une admiration sans berne pour un individu, qui, tout de même, fait tout tout seul ! Etonnant, je vous disais...

Cet album, qui au départ ne paraissait qu'un disque de black/doom atmosphérique, se révèle finalement bien plus profond qu'il n'y paraît à la première écoute. Les compos à tiroirs entremêlent les changements de rythme, les changements de style avec une facilité déconcertante ("Dragged Across A Forest Floor", à la fois black, doom, death, acoustique et même thrash!). Cet hommage à la nature est tout à fait réussi: le metal atmosphérique de Woods Of Ypres révèle toute sa saveur, grâce à des riffs de guitare sublimes, à défaut d'être originaux. Un souffle épique et mystique, presque palpable vous emporte loin dans l'écoute. Ici, la musique (le chant est bon, mais pas transcendant) véhicule un message ténébreux mais empreint de magie.


Pursuit Of The Sun & Allure Of The Earth est un disque impressionnant, à la carrure imposante mais toujours humble; en ce sens, il plaira aussi bien aux amateurs de metal extrême pour ses parties black/doom bien pensées, qu'aux amateurs de metal progressif et plus subtil pour ses arpèges sublimes de guitares acoustiques. Une excellente découverte, pour un groupe qui mérite une reconnaissance à sa juste valeur. Mon coup de coeur de cette toute fin d'année.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1