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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Aaron Wolff
(chant)

-Steve Watson
(guitare)

-Andrew Hercules
(guitare)

-Sean Dooley
(basse)

-Anthony Salajko
(batterie)

TRACKLIST

1)Dangerous
2)The Never Ever Aftermath
3)Animals
4)The Moth And I
5)Throwing Stones
6)My Abyss
7)Awake ?
8)A Fell Wind
9)In Distress
10)And Always...

DISCOGRAPHIE

Elementary (2007)

The End - Elementary
(2007) - hardcore - Label : Relapse Records



Relapse est décidément un label qui me sied à ravir : prenant des risques incroyables en signant des groupes dont le potentiel commercial frise le néant, les Américains ont de nouveau signé un groupe de hardcore pétri de talent, qui pourrait bien déchaîner les foules d’ici quelques temps. Je connaissais The End par le biais de leur premier album, Within Dividia, un disque dans la veine d’un Dillinger Escape Plan déstructuré et assez peu original. Blast pour blast, chaotique pour chaotique, tout le monde ne sort pas un album de la trempe de Calculating Infinity : The End ne remplissait tout simplement pas son contrat de départ.

Elementary pourrait bien renverser la vapeur et éloigner ses géniteurs d’une grossière comparaison avec Dillinger Escape Plan, tant le groupe a soigné les dix compositions qui émaillent cet album réfléchi, désormais mature et sensé. The End joue toujours de ses atours hardcore (l’introduction effarante de "Animal", ô combien brutale; la première partie de "Dangerous", épique et dense), mais les enrobe maintenant d’une mythologie metal, qui lorgne parfois sans pitié vers Tool (la dynamique de "Throwing Stones", tout en subtilité et reconnaissable entre mille) et de plans aériens qui permettent à l’ensemble une respiration essentielle pour ce type de musique. D’ailleurs, le son nous rappelle fréquemment les racines core du groupe : rythmique hachée, riffs gras pleins de soubresauts comme sur "My Abyss", basse grondante (du miel !) et plans blastés ("Animal", "Awake ?", terrifiant à souhait) sont toujours de la partie.

Malheureusement, on sent que les Canadiens en ont sous le pied (témoin parfait que la montée en puissance finale sur "And Always…") mais qu’ils n’utilisent pas encore leurs influences sans les citer directement : certains morceaux (je pense à "Throwing Stones" et "In Distress", tout réussis qu’ils sont, il n’empêche que l’on pense systématiquement à Tool !) recoupent trop de groupes préexistants pour réellement impressionner d’un point de vue purement musical. Maintenant, on peut saluer le revirement stylistique – nécessaire, à mon avis – effectué par le groupe, l’épurement des parties techniques incompréhensibles (adieu le mathcore du premier album !) et d’une complexité qui confinait parfois à l’irrationnel : tous les morceaux tiennent désormais dans un format moyen de cinq minutes, parfait pour délayer sans pour autant laisser des éléments de côté. Elementary est un album compact, maîtrisé, pétri d’émotions ; néanmoins, la musique de The End n’est pas encore assez personnelle (certains n’apprécieront pas le mélange huile-vinaigre proposé ici), mais elle est suffisamment prometteuse, dans le sens où elle fait souffler un peu de vent frais dans le milieu. A écouter d’une oreille très ouverte et curieuse.




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