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CHRONIQUE PAR ...

4
Daphné
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Frédéric Franchitti
(chant)

-Franck Pilant
(guitare)

-Jean-Baptiste Mory
(basse)

-Laurent Muller
(batterie)

-Hocine Hallaf
(guitare)

-Kamel Tenfiche
(percussions)

TRACKLIST

1)Bonne nouvelle
2)On verra demain
3)Message terminé
4)Raisonne
5)L'Arme
6)Longtemps déjà
7)Téléviseur
8)Si les anges ...
9)Jésus
10)Retrouver l'humeur

DISCOGRAPHIE


Aston Villa - Aston Villa
(1996) - rock - Label : RCA BMG



Les groupes aux histoires compliquées ne sont pas l'exclusivité de nos voisins, en France aussi on trouve quelques combos aux vies dignes des meilleurs épisodes de Santa Barbara – et Aston Villa en est. Retour sur le premier album du groupe francilien, édité en 1996, « oublié » par BMG qui n'en fera pas la communication, et redécouvert en force en 2001, avec les tubes « Raisonne » et « Si Les Anges ». Une perle française, un bijou comme on n'en fait trop peu chez nous. Quand on évoque le « Rock Français », les vieux briscards penseront à Trust, les quadras se remémoreront Téléphone et les trentenaires dynamiques vous parleront de Noir Désir. Et c'est précisément sur les cendres de ces feus grands, que naît un nouveau phénix, Aston Villa. BMG a eu le flair de faire signer le groupe pour leur premier album, et les moyens mis en oeuvre sont puissants: on mixe dans les meilleurs studios d'Angleterre, et on produit à New-York, rien que ça.

Le résultat? Un bon disque, qui sera injustement laissé sur une étagère de la major... Il est distribué, mais la diffusion est confidentielle. Devant le maigre succès (15000 ex., peu pour une grande maison de disques) dû en grande partie à la publicité dérisoire, ils sont bannis de BMG. Leur deuxième album les plantera tout autant (20000 ex.), et c'est Sony qui les mettra à la porte. La roue finit par tourner en 2001, quand sort leur troisième album Strange (avec un line-up différent): cette fois la sauce prend enfin, et on s'intéresse de près à leur passif. Et l'on matraque alors les radios de titres... issus du premier album. L'on porte aux nues un groupe qui n'est presque plus, et le fait que Hoss, tête pensante du groupe mais qui n'en fera que le premier album, réussit une carrière solo en composant pour des grands de la variété (Jenifer, Takfarinas...), n'est pas étranger à ce regain d'intérêt. Le Rock Frenchie compte désormais un nouveau nom, encensé par les critiques et adoré de beaucoup.

Mais ce groupe, il a quoi de si exceptionnel? Replaçons le contexte, nous sommes en 1996. Il y a Hoss, et Fred. Hoss (Hocine Hallef) est un compositeur hors-pair (et un prof d'économie), un musicien doué et une personnalité forte. Fred a une voix envoûtante, une plume sensible et un bras en moins. Et les deux potes savent s'entourer. Après avoir enflammé les salles parisiennes en premières parties de ZZ Top, Deep Purple et Bryan Adams, après s'être faits remarquer aux Transmusicales de Rennes, la logique a voulu que sorte leur premier album éponyme. Un album de rock très acoustique, de phases énergiques à des moments mélancoliques, aux mélodies accrocheuses, efficaces, en bref, du rock sans fioritures et teinté d'une pointe d'orient grâce à des percus omniprésentes et des rythmiques bien cadencées. Il en ressort un album chaleureux et gorgé de soleil, qui ne sombre à aucun moment dans le rock débile ou la variété facile.

On peut regretter cependant un léger manque de punch et quelques longueurs sur certains morceaux ("On Verra Demain", "L'Arme"), mais dans l'ensemble la musique se rapproche fortement du bon Rock Pop British, un peu plus influencé par Georges Harrison que John Lennon. Une production un peu plus lourde et dynamique aurait sans doute beaucoup apporté en teneur, la prod « à la française » sonnant un peu trop variété parfois mais donnant à l'album son relief propre et soft, acoustique – domaine de prédilection du groupe. On pardonne ces erreurs de jeunesse à l'écoute du titre-phare du groupe, "Raisonne", sans doute l'un des meilleurs titre Pop-Rock français aux côtés des "Un Autre Monde" de Téléphone et "Un Jour En France" des Noir Désir. Un album qui vaut qu'on s'y attarde, un groupe qui vaut qu'on s'y intéresse.




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