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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9/20

LINE UP

-Thomas Chassaigne
(guitare+chant)

-Matthieu Gervreau
(basse+claviers)

-Nicolas Michaud
(guitare)

-Vincent Roubière
(batterie)

TRACKLIST

1)Void World
2)Le Faucheur d'âmes
3)Simulacres
4)Red Sky Rises
5)Ether
6)Vargtimmen
7)Mausoleum
8)Le_Poids_des_Cendres
9)No Aim
10)Sacrifice

DISCOGRAPHIE

Simulacres (2004)

Asmodée - Simulacres



Deuxième album pour Asmodée, qui offre avec ce Simulacres un black metal moderne, très rapide et violent, avec une recherche instrumentale certaine. A la lumière de plusieurs écoutes, un réel sentiment d’agressivité s’impose. Mais peut-être n’y a-t-il que cela dans cet album. En effet tout va très vite avec Asmodée, pas le temps de retenir un riff, puisqu’une fois joué on enchaîne sur un autre bien différent. La vitesse caractérise cet album. Il ne s’agit pas d’une vitesse pure et linéaire mais plutôt d’une rapidité d’exécution dans le déroulement de morceaux très complexes et changeants, alternant passages très black et d’autres plus thrash complexe à la manière du nouveau Seth.

Mais tout s’enchaîne trop vite, on n’a plus le temps du coup de se laisser porter par une ambiance, pourtant chère et importante à ce style. Les titres se suivent et présentent le même schéma, rendant impossible toute prise de recul sur l’ensemble. Musicalement, les vocaux sont très proches de ce qui est à la mode aujourd’hui, c’est à dire un retour aux sources du true black metal avec un chant hurlé comme celui du précurseur Count de Burzum. Parfois des vocaux death viennent ajouter une profondeur à un chant qui devient à la longue un peu trop linéaire, quoi que très invectif. A trop vouloir être rapide et violent, l’auditeur perd un peu le nord et peut avoir du mal à accrocher au produit. Tout comme un Anorexia Nervosa qui fait de l’impressionnisme, du bourrage de riffs et de chant extrême.

Le son de l’album est correct même s’il manque cruellement de corps. Les basses sont quasi inexistantes, notamment au niveau de la batterie, que l’on entend un peu trop. Les guitares sont peut-être aussi trop nasillardes par rapport aux ambiances que veulent apporter Asmodée. Il s’agit sûrement d’un choix pour rendre la musique plus violente par ce son sec et froid. Bien sûr la technique instrumentale de Asmodée n’est absolument pas à remettre en cause, puisque chaque titre est une démonstration de changements rythmiques et mélodiques. Dans ce sens, de bons passages se laissent entendre sur le titre "Vargtimmen", furieux à souhait.

Il faut attendre le septième titre pour respirer un peu avec "Mausoleum", dont l’intro longue pose une ambiance morbide annonçant une suite plus dark et bien inspirée. Le chant de Thomas prend ici toute son ampleur, moins présent mais plus justifié pour le coup. L’atmosphère se veut glauque et chaotique avec un chant en allemand. Le titre est en fait une sorte de longue introduction au suivant "Le_Poids_Des_Cendres". La structure plus traditionnelle de ce titre et moins trompe-l’œil est de très bonne augure. Les leads de guitares tordus savent enfin apporter une ambiance réelle, sombre et prenante. On retrouve un peu le Asmodée d’avant, s’emballant moins et s’exprimant mieux. Un court intermède d’ambiances et de claviers finit l’album (enfin…) et annonce le bonus de cloture, titre de black traditionnel et très rapide se laissant entendre.


Asmodée peut décevoir donc par cette attitude pro moderne et inutilement agressive. C’est une violence qui devient linéaire et donc moins intéressante, alors que le groupe avec son charisme et son expérience est tout à fait capable de rendre une musique forte et plus personnelle.


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