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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Thomas
(chant)

-Vincent
(guitare)

-Fred
(guitare)

-Ferid
(basse)

-Cedric
(batterie)

TRACKLIST

1)Into The Morgue
2)Necrophobia
3)Virus Destroy Human
4)No Remorse
5)Fire Punishement
6)Beautiful Torture
7)Mutant Generation
8)Ultim(h)ate
9)Warside
10)The End Of...
11)Chapter 1

DISCOGRAPHIE

Warside (2007)

Whisper X - Warside
(2007) - death metal - Label : Autoproduction



On va résumer la chronique dans l’introduction, comme ça s’il y en a qui sont pressés, eh bien ils pourront retourner faire le ménage ou s’occuper de leur canari. Moi pour ma part, si je lisais cette chronique, je pense qu’à peine sa lecture achevée, je me pencherais sur ce groupe. Leur nom est Whisper-X, ils sont Français, ils sont Lyonnais, ils sont jeunes (peut-être beaux, va savoir), ils aiment le death-metal, ils sont en colère et ils envoient du bois. Pas des bûchettes ou des branches, hein, mais carrément le tronc, les racines et le feuillage, direction la tronche de l’auditeur. Et c’est bon.

Pour une première production (à part une démo sortie confidentiellement dans l’underground français), c’est assez bluffant. On m’aurait fait écouter en blind-test un titre de ce Warside, j’aurais parié sur un groupe de la scène US ou nordique avec une bonne expérience. Certainement pas sur le coup d’essai d’une petite formation de l’Hexagone. Déjà, le son est énorme. Les guitares sont surpuissantes et se marient très bien avec la batterie, formant une osmose qui sublime l’ensemble pour lui donner des airs de machine de guerre. La basse ronfle derrière tout ça, donnant l’ampleur sonore requise pour qui veut donner à sa production des faux airs de bombardement. Pas besoin d’attendre longtemps pour se faire hacher menu par des shrapnels : on passe la petite introduction qui va bien, et dès les premières secondes de "Necrophobia" on est mis au parfum.

L’auditeur avisé sentira assez vite les influences de Whisper-X, en particulier Aborted dans son alternance de voix growl bien caverneux et de chant pus éraillé, limite screamo par moment. Des riffs que les Belges ne renieraient pas, mais ne réduisons pas Whisper-X à une pâle copie d’Aborted. Non, c’est plus que ça, on y retrouve des influences purement grind-death à la Sinister, Cannibal Corpse, Dying Fetus et j’en passe. On retrouve une influence vaguement mélodique à la At The Gates sur des titres comme "Necrophobia" ou "Beautiful Torture", des passages qui rappellent Suffocation sur "No Remorse" ou "Fire Punishement". On retrouve même (ce qui commence à devenir chose courante dans les groupes de death nouveaux-nés) des rythmiques rapportées de la scène neo-metal ("Mutant Generation" ou "Virus Destroy Mutant") qui donnent irrésistiblement l’envie de sauter partout en remuant la tête et au bout d’un moment de décrocher le téléphone pour prendre un RDV chez le kiné.

Indéniablement, Whisper-X n’a pas inventé l’eau tiède ! Mais ils ont digéré un nombre d’influences assez importantes et cohérentes pour nous proposer une galette sur laquelle Whisper-X nous offre le meilleur d’entre elles, sans jamais que le chroniqueur ne se retrouve en état de « légitime dénonciation de plagiat », parce que l’ensemble dégage une telle efficacité que ça en serait malhonnête. Comme beaucoup de groupes de ce style, on leur reprochera une galette de vingt-neuf courtes minutes, en comptant la petite intro et un bonus-track acoustique dispensable. Pourtant, force est de reconnaître qu’il ne servirait à rien d’allonger les titres : ceux-ci se suffisent à eux-mêmes, sont bien construits, et ne sauraient sans doute pas trop quoi faire de deux minutes supplémentaires. Rajouter des titres et faire comme un album de grind avec vingt-six titres de quarante secondes ?


Non : la courte durée du disque pourrait être en soi un reproche mais comme le célèbre Slayer de vingt-huit minutes à son époque, le rallonger aurait signifié diluer les titres comme un mauvais sirop et donc lui faire perdre de sa puissance. Les thèmes abordés tournent autour de joyeusetés comme la guerre, la mort, la douleur, la haine ou d’autres trucs un peu fun comme la mutation, ça colle bien avec la musique, mais on n'en demande pas plus non plus : Whisper-X ne fait pas du prog conceptuel. En tous cas, on ne peut qu’encourager nos p’tits nouveaux à persévérer dans cette voie, à affiner leur recette déjà bien dégrossie et à faire sortir de l’underground le death-metal français qui peine énormément à concurrencer les ténors US et Européens du genre. Pour une première, je dis : bravo.


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