2532

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 12 octobre 2008
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Matthias Zimmer
(chant+guitare)

-Daniel Düring
(guitare)

-Björn Kluth
(basse)

-Martin Buchwalter
(batterie)

TRACKLIST

1)Evolution
2)Utopia
3)All Sides Black
4)This Dead Meaning
5)Two Borders
6)Shred
7)Infected Choice
8)Dying Race
9)New Confidence
10)More Than a Day
11)The Same Blood

DISCOGRAPHIE


Perzonal War - Bloodline
(2008) - heavy metal thrash metal - Label : AFM Records



On avait fort logiquement fini par oublier l'existence des Allemands de Perzonal War : entre leurs difficultés chroniques à se détacher du Metallica old-school (malgré de louables efforts) et le délai de trois ans nous séparant de When Times Turn Red, il n'y avait pas grand chose pour nous maintenir haletants devant le suspense. Et voilà que Bloodline sort de nulle part, présentant un line-up renouvelé de moitié et une musique qui semble enfin avoir trouvé ses marques. L'attente serait-elle justifiée après tout ?

Matthias Zimmer est toujours le capitaine du navire mais il semble avoir connu une révélation mystique : les dieux se sont manifestés à lui et lui ont appris comment chanter en clair-agressif sans sonner comme Hetfield. Et c'est une cure de jouvence instantanée : pour la première fois, il est possible d'apprécier Perzonal War en tant que groupe de heavy-thrash mélodique à part entière ! Et un groupe de bonne facture qui plus est : mettez une grosse louche de thrash pour les rythmiques et les rythmes rapides, transformez la violence en énergie positive grâce aux mélodies vocales et aux refrains fédérateurs et vous obtenez un métal bien ficelé, puissant et diablement efficace. Prenons "Two Borders" : couplets thrash old-school bien speed et corrosifs où le guest de luxe Schmier (Destruction) est comme un poisson dans l'eau, refrain-hymne à chœurs, solo de Wiley Arnett moderne à souhait... tout ça forme une mécanique harmonieuse et bien huilée.

Non seulement Bloodline ne renferme aucune chanson ratée, mais le groupe se permet même de cogner relativement dur çà et là. Débarrassé de ses tics Hetfieldiens Zimmer se révèle être un excellent chanteur polymorphe, aussi doué dans un chant clair ample et puissant que dans un registre plus burné. Il lui reste quelques inflexions du Maître ("Infected Choice") mais cela ne choque plus guère, et il s'exprime sur des riffs souvent très puissants où le thrash est souvent teinté d'un soupçon de melodeath pour un meilleur effet. "New Confidence" est typiquement la compo qui réjouira les chevelus : énorme riff thrash en intro, couplets à la fois ciselés et pesants où le chant impose la mélodie alors que les guitares continuent à envoyer, et surtout ÉNORME refrain en chœurs qu'on imagine déjà repris par des centaines de gorges en festival. Le groupe se permet même de tenter la subtilité et de réussir son coup (ah, ce petit break oriental !), c'est dire si le pas franchi est significatif.

L'autre bonne nouvelle c'est que l'album étant varié, il tient sur la longueur. Le groupe refait le coup du titre de métal goth réussi au milieu du heavy/thrash ("Dying Race"), et l'enchaînement entre le gros thrashcore mid-tempo de "More Than A Day" et la power-ballade "Same Blood" (où le groupe a la bonne idée de laisser tomber des arpèges trop Metalliquiens au bout de quelques minutes) est solide et permet de sortir du disque tranquillement tout en profitant des capacités vocales de Zimmer qui se révèle franchement impressionnant. Le seul gros problème de Bloodline, ce sont ces moments où on a de nouveau l'impression d'écouter un autre groupe : l'intro de "The Dead Meaning" est un calque ahurissant de celle de "As We Speak" de Soilwork, et celle de "Shred" reprend tel quel le son des intros du Jugulator du Priest... avant que le riff ne rappelle Pantera ! C'est triste, car de tels passages font tache sur un ensemble aussi bon par ailleurs.


On ne les attendait pas, on a eu tort. Perzonal War signe un beau come-back avec Bloodline, affirmant pour la première fois une personnalité forte qui ne demande qu'à être découverte. Il reste encore des efforts à faire pour se détacher des quelques influences pesantes qui subsistent, mais passer en un album du statut de groupe sympatoche à celui de groupe prometteur c'est déjà très bien. Fans du genre, vous savez ce qu'il vous reste à faire.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6