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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 10 octobre 2008
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Magali Luyten
(chant)

-Samuel Arkan
(guitare)

-Renaut Van Oeyen
(basse)

-François Brisk
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Frightening Lanes
3)Behind Me
4)Dark Sun
5)New Karma
6)Signs
7)Such a Shame (Talk Talk Cover)
8)Silent Arrows
9)The Last Time
10)Soulrace

DISCOGRAPHIE

Dark Sun (2008)

Virus IV - Dark Sun
(2008) - heavy metal mélodique à tendance power metal - Label : Pervade Productions



Il faudra s'y faire: au coeur du plat pays, il n’y a pas que des frites, de la bière et des bonnes blagues. Il y a aussi Virus IV. Fondé en 2006 autour de Samuel Arkan – qui a travaillé avec Primal Fear et Annihilator, sur le projet solo de James LaBrie – et de la chanteuse Magali Luyten, le groupe sort avec Dark Sun son premier album, en attendant le prochain prévu à l’horizon 2009. Résolument, un album qu’il faudra gratter un peu pour en découvrir l’essence...

Le groupe puise son inspiration dans le style power/heavy issu de l’école américaine. Au-delà des dix courtes compositions de Dark Sun (qui atteint difficilement les trente-quatre minutes), il va aussi falloir retenir le nom de Magali Luyten, formidable frontwoman, qui assure ici toutes les parties de chant en les éblouissant de sa classe incroyable. Son timbre agressif-mélodique, foncièrement rock (voix grave et sensuelle à mort), loin des voix lyriques associées au metal en général, est proprement hallucinant de maîtrise technique – pas étonnant, ainsi, de la voir remplacer James LaBrie sur le troisième album de Frameshift. Mais que serait une excellente voix sans un style qui lui paraît naturellement adapté ?

Virus IV donne, aussitôt la kitchissime intro terminée (où le narrateur possède un joli accent franchouillard à mourir de rire), dans un registre, qui à défaut d’être original, a au moins le mérite suprême d’accrocher de bout en bout. Les morceaux, au schéma typique couplet/refrain, envoient le bois pour la plupart : "Frightening Lanes" dévoile ce genre de riffs hachés bien puissants qui donnent envie de taper du pied et faire tourner la crinière dans le sens des aiguilles d’une montre – et une Magali Luyten qui d’entrée de jeu donne tout ce qu’elle a, "Behind Me" assoit le tempo pour mieux sauter dans un bain typiquement power-metal, très groovy, au refrain imparable (« I left it all behind meeeeeee »). "Dark Sun", comme "The Last Time" ralentissent encore le rythme pendant que les nappes de claviers, colorant le tout d’une teinte assez sombre, prennent le relais en arrière-plan.

Manifestement, en dehors d’une production peu attirante et faiblarde – probablement due à un manque de moyens – le groupe en a sous le pied : les compositions empruntent aussi bien au heavy mélodique – les lignes de chant comme les leads de guitares sont souvent superbes et majestueux – qu’au power-metal, voire à l’indus et au gothique, pour les ambiances tantôt sombres, tantôt épiques. Surnageant au beau milieu du disque, la reprise très passable du célèbre "Such a Shame" de Talk Talk dénote véritablement au sein d’un album de ce genre. On pourra aussi pester sur la durée restreinte de Dark Sun, défaut qui s'estompe facilement face à la qualité des compositions.


Cet album est une bonne surprise: Virus IV sait ainsi marier les influences avec brio, pour un résultat étonnant de maturité et d’énergie communicative pour un premier essai. Le prochain opus étant annoncé pour l'année prochaine, on verra si Virus IV confirme ses qualités d'écriture indéniables. A surveiller de près; d'autant plus que le nom de Magali Luyten devrait faire surface assez rapidement dans le milieu.


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