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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 10 octobre 2008
Sa note : 6/20

LINE UP

-Aya
(chant)

-Mauser
(guitares)

-Heinrich
(basse)

-Vaaver
(batterie)

TRACKLIST

1)Whispers
2)Lost Innocence
3)Blinced by Hatred
4)Face the Truth
5)The Other Side
6)Destiny
7)Memories
8)Bring Me to Heaven
9)On the Edge
10)Closer to Death
11)Indifference

DISCOGRAPHIE


Unsun - The End Of Life
(2008) - rock /metal guimauve - Label : Century Media



Une seule question me taraude lors de la rédaction de cette chronique: quelle mouche a donc piqué Maurycy "Mauser" Stefanowicz ? Ce dernier a dernièrement décidé, en effet, de quitter Vader pour se consacrer désormais uniquement à son nouveau groupe, Unsun. Cette démarche n’est pas critiquable en soi – le guitariste avait simplement besoin de se renouveler et de changer d’air. Soit. Mais quitter un des groupes polonais les plus réputés en matière de grosse musique de la mort pour… ce machin ? Please.

Allons, il y a comme qui dirait une couille dans le pâté, là. Mauser va se réveiller, revenir dans notre monde et se rendre compte de ce qu’il a fait, ce n'est pas possible autrement... Le pire, c'est que le gaillard a poussé le vice jusqu'à s'acoquiner avec Heinrich, excellent bassiste de Vesania, groupe polonais de black metal symphonique (!) pour pondre une fumisterie pareille. Il faut dire que le changement est pour le moins radical et, surtout, inattendu pour un musicien de ce calibre: Unsun joue un rock/metal à (légère) tendance gothique complètement suranné. Des centaines de groupes ont déjà joué ce genre de musique avec plus ou moins de réussite et d’autres dizaines arriveront sur le marché avant même la publication de ce premier album, mollement intitulé The End Of Life – allons-y gaiement, en avant le rimmel à gogo et les paroles désespérées - pour le moins révélateur d’une tendance qui ne fait que se confirmer encore et encore: il ne suffit pas d’une chanteuse qui attire l’œil en première de couverture pour pouvoir prétendre faire de la bonne musique.

Dieu sait pourtant que votre serviteur est très ouvert à ce genre de musique, mais lorsque l'on voit l'ampleur des dégâts, on ne peut s'empêcher de tiquer. Non content d'aligner des titres tous plus insipides les uns que les autres, le groupe grille sa première et seule grosse cartouche d’entrée de jeu : si "Whispers", très efficace, joue la carte du refrain qui tue et du riff entêtant, il n’en sera malheureusement pas de même pour le reste des morceaux, balançant maladroitement entre rock indus/gothique aux accents néo et obligatoires ballades sirupeuses à souhait. La toute fin de parcours recèle même la meilleure blague qu’il m’ait été donné d’entendre ces derniers temps ("Indifference", qui provoquera un énorme fou rire avec ses scratches et son refrain pour adolescents). Sérieusement, en plus d'être sclérosé par ce type de groupes qui ne cherchent qu'à faire du fric, le genre se doit-il d’être aussi codifié et balisé que cela ? Non, mille fois non !

"Lost Innocence", "Bring Me to Heaven", "Destiny" - probables futurs singles - demeurent aussi plats et aussi insipides que la production de cet album, proprement insupportable. Seul le très néo burné "On the Edge" relève un poil la sauce, grasse et épaisse. La batterie, déjà minimaliste à la base, est presque inaudible (le son de caisse claire est triggé à mort) et donne dans le son électronique et polissé, tandis que la basse kornienne et la guitare de Mauser (tiens, puisqu’on parle de lui : où sont passées sa vélocité et sa technique ? Dans son fondement?) sont noyées au fond du mix. Le résultat donne un mal de crâne absolument horrible au bout de dix petites minutes. Le summum réside dans le produit de cette production aseptisée : la voix d’Aya, forcément mise très en avant. Seulement là aussi, Unsun s’enfonce : outre un timbre de voix aigu aux contours adulescents qui horripile, la belle a manifestement des problèmes de diction en anglais ("Face the Truth", où l’on ne comprend rien) et n’a pas dû prendre beaucoup de cours avant l’enregistrement de l’album. Un comble pour un groupe destiné à s'exporter, non?


Mauser a quitté Vader. C’est bien là la seule chose que l’on retiendra de cette vaste blague vue et revue. The End Of Life, à l'image de son titre clichesque, est un premier album précipité, à l’avenir commercial peut-être radieux (il faut s'attendre à tout dans ce bas monde), mais à la richesse artistique proche du néant absolu. Une sortie de route bien triste pour Mauser, un naufrage complet pour le groupe et une seule destination possible: la poubelle.


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