2511

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 8/20

LINE UP

-Kaj Michelsson
(chant+basse)

-Jani Luttinen
(guitare)

-Sakari Lempinen
(guitare)

-Wellu Helenius
(batterie)

TRACKLIST

1)Suicide Manual
2)Rejected
3)One More Way
4)Downward Groove
5)Instrumental
6)The Elbow of Zeuz
7)Good For Nothing
8)Mindless Wrecking Progress
9)Death-A-Holic
10)Nailgun
11)Be Quick or Be Dead

DISCOGRAPHIE

Death-a-Holic (2005)

The Wake - Death-a-Holic
(2005) - melodeath - Label : Spinefarm





Etre exhibitionniste par définition, le chroniqueur aime à étaler ses goûts. Il en retire une satisfaction certaine: l'idée qu'une multitude d'internautes va lire sa prose provoque chez lui une excitation notable des corps spongieux de l'ego. Mais il est une gamme d'albums que le chroniqueur craint comme la vérole. Ce ne sont pas les excellents, qui lui permettent de déchaîner sa verve enthousiaste en une quête sacrée ayant pour but de convertir à son opinion tous les être médiocres qui ne la partagent pas. Les très mauvais albums ne sont pas non plus effrayants: rapidement chroniquables après peu d'écoutes, ils lui permettent de faire appel à un certain sens de l'ironie méchante dont il aime à se targuer en société. Non, l'ennemi du chroniqueur, sa Nemesis, son Antéchrist, c'est bien l'album pas franchement mauvais mais qui copie éhontément un autre groupe. Cette introduction prouve bien à quel point ce type d'album appelle le remplissage, et ce n'est pas fini.

The Wake : death mélodique à la suédoise sans âme. N'achetez pas, sauf si vous êtes un fan hardcore du genre, un qui achète TOUT, même les bootlegs pourris d'In Flames enregistés au Madagascar sur un Tascam diesel. Fin de la chronique. Bon, ceci fait je… ah, pardon ? Bon d'accord… Reprenons donc: The Wake a sorti un album avec un titre excellent! Death-a-Holic, quel bon jeu de mot : imaginez-vous que "alcoholic" a donné en anglais une multitude de dérivés. Le premier, "work-a-holic" (qui existe aujourd'hui sous la forme plus simple de "workaholic") signifie accro au travail… Mon camarade en remplissage Aliocha Klodovitch traduirait sûrement ce terme par "stakhanoviste", tant les racines slaves qui bouillonnent en lui s'expriment à la première occasion et tant il aime à traduire les choses. The Wake a créé un mot, et c'est beau. Ils ont créé un mot qui pourrait exister, qui signifie "accro à la mort". Comme si un Immortel (disons Connor McLeod, ou à la rigueur Bigduff) se faisait volontairement étriper pour le plaisir, rien que pour ressusciter derrière! Cet exemple de créativité est tout à l'honneur du groupe.

L'usage du mot "créativité" dans la phrase précédente étant un calcul total à but de contraste, il faut bien vous dire qu'à part le nom de cet album The Wake n'a rien créé du tout. Je suis déchiré par un dilemme intérieur à chaque écoute de cet album: les membres sont-ils moins originaux en termes de composition ou d'exécution ? Trancher cette question est impossible, car si les riffs de The Wake sont plats, la structure des chansons l'est tout autant, sans compter le growl "aigu à la suédoise" qui rivalise avec les plans de batterie dans l'exploration débridée de tout ce qui a déjà été fait auparvant. En parlant de batterie, toutes les chansons ou presque commencent par un roulement de batterie, ce qui est fort amusant une fois qu'on s'en est rendu compte. Sinon, les guitares partent souvent en twin lead, terme qui je le rappelle désigne des riffs et des mélodies comportant des harmonies de guitare, souvent à la tierce. Le fait de balancer des riffs à la fois très agressifs et très mélodiques du fait de l'harmonie des guitares est d'ailleurs une caractéristique du métal scandinave, le saviez-vous ?


Conclusion (un peu) sérieuse: The Wake est tout sauf une bouse. C'est très bien produit, c'est pêchu, ça claque, et en live ce sera sûrement parfait pour faire se secouer les carcasses. Mais comme pour Thy Majestie, je ne comprendrai jamais les groupes qui se contentent de reprendre les recettes existantes sans y ajouter une once d'identité personnelle. Personne ne pourra jamais reconnaître The Wake en écoutant un titre de cet album, car ça sonne comme n'importe quel autre groupe suédois… Allez acheter du In Flames et du Soilwork, plutôt.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4