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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Matthias "Metti" Zimmer
(chant+guitare)

-Sascha Kerschgens
(guitare)

-Sven Krautkrämer
(basse)

-Martin Buchwalter
(batterie)

TRACKLIST

1)When Time Turns Red
2)In Flames
3)For The Last Time
4)The Unbeliever
5)My Conspiracy
6)New Age
7)Frozen Image
8)5 More Days
9)Hope Dies Last
10)Inferno

DISCOGRAPHIE


Perzonal War - When Times Turn Red
(2005) - heavy metal thrash metal - Label : AFM Records



Il est toujours risqué de mette ses défauts en avant dans une biographie. On peut tenter le coup de bluff, histoire que l'auditeur se dise "wow, ils ont évolué, mortel!", mais on risque aussi de se les reprendre en pleine poire s'ils sont encore présents. Le label de Perzonal War le dit d'entrée: le groupe fut critiqué à ses débuts car ils sonnaient comme Metallica. On sous-entend donc que ce n'est plus le cas… Il faut dire qu'à quelques exceptions près, on sous-entend bien, car ce When Times Turn Red n'a rien d'une copie carbone et réserve même quelques bons moments de métal.

Bon c'est sûr, ça commence assez mal dans cette optique: le riff d'entrée du title-track "When Times Turn Red" et le couplet rappellent quand même beaucoup la période thrash des Four Horsemen. La voix de Matthias Zimmer en rajoute une couche: son timbre mélodique/agressif est incroyablement proche de celui d'Hetfield. Mais quand le refrain arrive l'homme laisse parler son côté lyrique, et son chant clair puissant oriente le groupe dans une toute autre direction, beaucoup plus heavy metal. Le même constat vaut pour la chanson "In Flames" : riff Bay Area et chant renvoient à Master Of Puppets sur le début du titre, mais le refrain hyper mélodique -et assez réjouissant, au passage- tape presque dans le power metal. Les racines allemandes ressortent, pourrait-on dire… De plus le riff thrash en question est légèrement polyphonique et s'éloigne ainsi de l'œuvre d'Ulrich and co. L'évolution continue au fur et à mesure qu'on avance dans l'album: "For The Last Time" a un côté assez Schuldinerien et la ligne de chant comme le timbre de Zimmer rappellent Tim Aymar de Control Denied quand il ne crie pas. Là encore, la mélodie s'incruste instantanément dans le crâne pour ne plus en ressortir, car Perzonal War a un talent indéniable pour composer des titres à la fois agressifs et accrocheurs. Vous l'aurez compris, on brasse beaucoup d'influences là-dedans.

Cela appelle nécessairement une production balèze car il faut bien s'adapter… Pas de souci de ce côté-là. Les guitares sont très thrash et incisives, et si la grosse caisse est un poil en arrière (étonnant pour un groupe allemand!) la batterie reste bien claquante. La basse est très métallique et assure principalement un rôle de soutien, et la prise du chant est vraiment réussie: sans tout écraser, la voix de Zimmer est très bien intégrée au tout. Pour résumer, quand le groupe balance des riffs thrash véloces ça cogne, et quand il part dans la mélodie c'est réussi. Exemple flagrant, le titre "The Unbeliever" qui lorgne très fort sur Paradise Lost période Draconian Times. Ce titre est du pur metal goth, et s'il n'est pas foncièrement révolutionnaire il reste très plaisant, notamment du fait de la "heavy-metal touch" présente çà et là. Un exercice de style réussi en somme. En gros, Perzonal War a sorti avec When Times Turn Red un album de métal varié et très entraînant, piochant juste ce qu'il faut dans l'héritage du thrash de la Bay Area pour mieux s'en détacher. On sent nettement la volonté du groupe de ne PAS sonner comme Metallica et cette démarche est honorable: Zimmer semble ne pas abuser volontairement pas de son timbre mélodique/agressif, car dès qu'il le fait l'ombre du grand Djaymz revient planer de manière insistante sur lui et sa formation… Le couplet de "New Age" est saisissant de ce point du vue: tant qu'il chante en "râpeux" ça sonne comme Metallica, et dès qu'il passe en clair plus du tout!


Compensant une filiation un peu lourde (les passages speed restent très marqués) par une bonne couche de modernité et une recherche mélodique constante, Perzonal War signe avec cet album un recueil de chansons efficaces et rafraîchissantes. On notera particulièrement la réussite du groupe dès qu'il flirte avec le gothique ("The Unbeliever" mais aussi le réussi "Frozen Image"), ce qui laisse espérer une évolution positive dans l'avenir. Un bon album au final.


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