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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 07 octobre 2008
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Jeanne Lefebvre
(chant)

-Fabrice Lefebvre
(tout)

TRACKLIST

1)Towards the Universe
2)Above This Grey Land
3)We Are the Echoes
4)Maetel
5)Pearl Into the Ocean
6)Lamentation
7)Kaloum
8)Sun Comes to Life
9)Fallen
10)Le Toit du Monde
11)Omajna
12)Tree of Patience
13)I Used to Pray ...
14)Kaitena
15)At Dawn
16)The Echoes

DISCOGRAPHIE

Duality (2008)

Rajna - Duality
(2008) - ambient ethnique/heavenly voice - Label : Holy records



Il est toujours intéressant de se frotter à d’autres cultures, de les découvrir sous plusieurs facettes. De telles découvertes ne peuvent manquer de contribuer fortement à l’enrichissement personnel. Un angle d’approche peut être la musique, par le biais autant de mélodies que d’instruments en provenance de divers coins du monde. Et alors un simple CD se transforme en invitation au voyage, en découverte d’autres peuples et pays, dans un monde tellement éloigné de son quotidien que l’on peine à l’imaginer.

Petit avertissement en guise de préambule: Rajna n’est pas un groupe de metal, ni de rock. Ce CD est parvenu à la rédaction uniquement parce que le groupe est signé chez Holy Records, qui ne produit pas exclusivement du metal. Ce duo français utilise ses expériences de voyage dans divers pays (Inde, Népal, Australie, Afrique notamment) pour enrichir sa musique de sonorités traditionnelles. Reposant autant sur le chant de Jeanne que sur les compositions de Fabrice Lefebvre, Rajna se classe dans le genre Heavenly Voice, dont les plus célèbres représentants ne sont autres que Dead Can Dance (une forte influence de Rajna d’ailleurs) et Cocteau Twins. Le groupe est d’ailleurs l’un de ses fers de lance actuel, fort d’une carrière riche de 8 albums (Duality inclus) s'étalant sur onze ans maintenant.

Sur Duality, Rajna transforme partiellement sa formule: l’heavenly voice pur et simple se fait plus pop et intègre des sonorités modernes sous forme de nappes trip-hop. Le mélange des instruments exotiques avec l'électronique est minutieusement dosé et l’espace sonore utilisée de façon judicieuse et fine. Le résultat est équilibré quand les deux sont utilisés et nous donne de belles lignes mélodiques ("Above This Grey Land") ou encore quelques beats se mêlant à un air lancinant joué au violon et à des sonorités orientales sur le mystérieux et évocateur "Kaitena". De son côté, Jeanne Lefebvre brille toujours de mille feux, et son chant porte une fois de plus aux cieux nombre de compositions déjà bien hautes. Sans oublier pour autant son influence fétiche Lisa Gerrard (il suffit d'écouter "Lamentation" pour s’en persuader), elle utilise une voix plus pop, toujours aussi éthérée mais moins mystique.

Et au fil du disque, nous découvrons quelques perles variées, par exemple "We Are the Echoes", aux lignes de chant pop mélancolique, ou encore l’hypnotique "Kaitena", un titre progressant (fait rare, la plupart des chansons restent dans le même thème tout du long) de nappes de violons mystérieuses vers une sensibilité plus orientale. Le retour de temps à autres vers l’ethnique et l’utilisation d’instruments exotiques est le bienvenu, tant Rajna excelle dans ce domaine. "Kaloum" est de loin le titre le plus puissant de ce point de vue, une transcription musicale d’une séance de shamanisme fantasmagorique. La puissance tribale de "Kaloum" se retrouve sur "Sun Comes to Life", pour un résultat plus joyeux et rythmé.

Rajna s’essaye aussi à l’ambiant, dans un contexte beaucoup plus minimaliste et mystique. Si certains titres réussissent à instaurer l’ambiance voulue, certains sont bien trop plats. "Pearl Into the Ocean", "Maetel" et le très sombre "I Used to Pray ..." sont suffisamment mystiques pour éveiller et apaiser l’esprit. Mais des titres comme "Lamentation", "Le Toit du Monde", "Tree of Patience" et "At Dawn" sont bien trop vides et réminiscents de Dead Can Dance pour ne pas être ennuyeux. Dans un souci d'évolution, le groupe remplace ce qui faisait son succès par un tic musical trop récurrent et ennuyeux s'il n’est pas correctement utilisé: l’ambiant néoclassique et mélancolique tenant sur deux accords répétés, avec un chant se voulant empli d'émotions par dessus. Et là, n’est pas le couple Perry/Gerrard qui veut.


Sans pour autant être un mauvais album, loin de là même, Duality n’est pas une complète réussite. Le début du disque est de qualité, oscillant entre musique ethnique, pop planante et chant heavenly. Cependant certains titres de la seconde moitié sont trop plats et ennuyeux. De fait, les soixante minutes que durent le disque deviendront longues vers la fin, tirant l’auditeur de son voyage intérieur dans ces contrées fort lointaines et mystérieuses.


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