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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Fuchs
(chant)

-Lady Cat-Man
(guitare)

-Volk-Mann
(basse)

-Dr. Pest
(claviers)

-Sir G.
(batterie)

TRACKLIST

1)Es Wird Schlimmer
2)Auf die Liebe
3)Wir sind das Licht
4)Nach der Ebbe
5)Adrenalin
6)Der Elende
7)Heut' ist der Tag
8)Wir hoffen
9)Der Weg
10)Ein Lichtlein
11)Auferstehen Soll in Herrlichkeit

DISCOGRAPHIE

Samurai (2004)
Riders On The Storm (2006)
Licht (2008)
Moral & Wahnsinn (2011)
Tief.Tiefer (2014)
Die Rote Reiter (2017)




Voilà le retour de la formation allemande Die Apokalyptischen Reiter avec son 7è album studio, Licht. Pour résumer rapidement, le groupe a pour réputation de jouer une musique pas toujours prévisible, alliant death, black et folk metal. Finalement, on ne retrouve dans les faits que très peu de ces éléments sur la présente galette, sortie à la fin du mois d'août 2008. Toujours est-il que la troupe teutonne jouit d'un certain succès, principalement en Allemagne. Ailleurs, ces Allemands ont un peu plus de mal à percer. Est-ce parce-que leur musique ne contient finalement pas que du bon ?

Hop, un bon petit roulement de batterie, et on commence. On rentre directement dans le vif du sujet sans détours inutiles, et on se rend compte dès les premières secondes de l'album que ces gens-là sont du genre à aller à l'essentiel, et que cet album-là n'a pas échappé à cette tradition du rentre-dedans. La galette débute sur la piste "Es Wird Schlimmer" (traduisez par « les choses empirent »), rien de très violent dans l'absolu, mais la double-pédale fait rage. Des accords de puissance à gogo, pas vraiment de recherche musicale, mais la musique est exécutée à la perfection et la production est des plus propres. Les chœurs du refrain sont tout à fait entraînants, et on accroche assez facilement à la musique de nos troubadours. Cependant, il n'y a pour le moment pas grand chose de folk, de black ou de quoi que ce soit. Une batterie parfois un peu death mélo, c'est vrai, mais les voix (qui n'ont rien de grandiose mais ce n'est visiblement pas l'objectif) enlèvent absolument tout de cet aspect, ce qui, soit dit en passant, n'est pas forcément un mal.

La musique que nous sert la formation allemande est très festive et porte, c'est clair, à travers nos contrées un message de joie, de bonheur, et on se sent véritablement, à l'écoute de certains morceaux, pousser des ailes. Ce commentaire est valable aussi bien pour les mélodies que pour les paroles, puisqu'elles traitent surtout de lumière, de joie, et de quelques autres choses souvent très souriantes. Il y a certes quelques passages un tantinet plus tristounets ("Nach der Ebbe"), mais souvent assez courts, et ça ne dure jamais très longtemps. De plus, ça n'en fait que mieux ressortir le côté festif de la musique en présence de laquelle nous sommes. Mais cet aspect des compositions présentes sur cette galette, ou plus généralement de la manière de travailler de ce groupe, possède aussi son côté obscur : il n'y a pas grand chose qui nous surprenne. Il y a bien quelques cassures rythmiques, comme par exemple sur "Wir Sind das Licht" (« Nous sommes la lumière »), mais en général les petits breaks ne font pas de ces titres des tueries.

Les morceaux sont trop bien structurés. Couplet, couplet, refrain, couplet, solo, refrain. Parfois, il y a un break par-ci par-là, mais il ne se passe vraiment pas grand chose. Les solos sont quant à eux un peu passe-partout, même si pas désagréables à écouter. Mais ils débarquent toujours à point nommé, et on finit par deviner leur arrivée. De plus, on a parfois la sensation bien peu plaisante de les connaître par cœur après la deuxième écoute, et ce ne sont pas quelques harmonies en-dessous de la moyenne, car bien trop explicites, qui vont y changer quoi que ce soit. Cette structure, cette manière de faire sur les morceaux plus calmes peut rappeler quelque peu les ballades style Guns 'n Roses, la classe Slashienne en moins. On sent le solo arriver, et on est en droit de considérer cette prévisibilité comme ôtant (encore) de l'intérêt aux compositions du groupe.

Ajoutons que les voix que nous entendons sur ce disque font parfois penser à un gamin qui pleure (citons une nouvelle fois "Wir Sind das Licht"), et l'emploi de l'allemand rappelle, pendant les couplets de "Nach der Ebbe" par exemple, de la chanson de variété allemande, pour ceux qui connaissent un peu le genre, et même si le chant est juste, il faut admettre que ces voix n'ont vraiment aucun charme. Le groupe a tout de même le mérite d'offrir à sa musique tout le charme d'une langue que l'on entend pas si souvent que ça sur de la bonne musique. Cette langue allemande présente par ailleurs un autre avantage, celui d'être une langue bien articulée, et cet album n'y échappe pas, rendant ainsi les paroles tout à fait compréhensibles pour quiconque comprend un minimum cette langue.


Bref, c'est du rentre-dedans avec un minimum de subtilité. Les riffs sont relativement simples, les voix aussi. On ne cherche pas la virtuosité ni la complexité musicale. J'irais même presque jusqu'à dire qu'à l'exception de quelques morceaux très sympathiques, on finit par se lasser très vite de cet album. Mais le but du jeu n'était pas, et c'est évident, de faire dans la dentelle. Les Apokalyptischen Reiter sont un groupe de scène, c'est indéniable, et des compos comme celles qui sont présentes sur cet album, qui n'est autre qu'un message s'opposant au gothisme façon XXIè siècle, prennent tout leur intérêt sur scène (d'où la note).


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