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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été mise en ligne le 20 septembre 2008
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Stu Block
(chant)

-Tim Roth
(guitare+chant)

-Justin Bender
(guitare)

-Troy Bleich
(basse+chant)

-Steve Bolognese
(batterie)

TRACKLIST

1)Prelude to Woe
2)Tides of Blood
3)Spent Years of Regret
4)Symptoms
5)Diagnosis Terminal
6)The Incurable Tragedy I (Sept. 21, 2006)
7)Indignation
8)Time Immemorial
9)The Incurable Tragedy II (Nov. 10, 2006)
10)A Black Light Ending
11)One Funeral Hymn for Three
12)The Incurable Tragedy III (Dec. 15, 2006)

DISCOGRAPHIE


Into Eternity - The Incurable Tragedy



C’est un long et dérangeant « bip » d’électrocardiogramme qui clôt cet album d’Into Eternity, premier effort conceptuel du groupe inspiré par la récente expérience douloureuse de Tim Roth, guitariste / chanteur / leader : la perte de trois personnes proches en moins de trois mois. Ceci explique cela. La musique n’en change guère, le crossover death mélodique – thrash – progressif reste la marque de fabrique du groupe, avec en prime un petit regain de vigueur comparativement aux derniers albums. D’où un curieux décalage.

Jetez un œil à la track-list pour comprendre comment s’articule le concept. Tim Roth se livre à nu et agrémente sa violente musique de sentiments personnels. La trilogie "The Incurable Tragedy" relate par exemple en fil rouge les événements tragiques sous forme de ballades intimistes, permettant de s’échapper au moment opportun des déflagrations bruitistes des autres morceaux. Malheureusement, si l’initiative est bonne, l’intention de procurer quelques instants tristes et mélancoliques tombe quelque peu à plat, la faute à une interprétation légèrement – c’est une litote – grandiloquente ; une constante de l’album et du groupe.

Petit rappel : les lignes vocales sont partagées entre Tim Roth et Stu Block, ces deux protagonistes couvrant à eux deux à peu près l’ensemble des registres du metal. L’un rappellera par son chant clair Ben Sotto de Heavenly, avec la même propension à briser les tympans lors d’envolées suraiguës insupportables. L’autre beugle, façon hardcore, death, et même black-metal, et les deux bougres se font la causette en permanence, au sein de chaque morceau, ce qui n’est pas sans originalité, et constitue même l’intérêt majeur du combo. D’autant que les qualités techniques sont bel et bien là et que les dialogues sont bien construits.

L’habillage musical est à aller chercher dans le death mélodique et le heavy-thrash principalement, avec là encore quelques caractéristiques : une guitare rythmique cradingue à souhait, un marteleur de fûts épileptique, ou encore une basse étonnamment audible et mélodique ("Tides of Blood", "Indignation"). On n’entendra pas chez Into Eternity de parties instrumentales hyper-techniques, malgré l’étiquette « progressif », mais il est bien certain que ces Canadiens savent composer. L’on peut s’hasarder à lancer que ce groupe serait une sorte de chaînon manquant entre un Dream Theater et un Between The Buried And Me, empruntant autant de gimmicks modern-metal à celui-ci - variété des chants, structures anti-conformistes, production, …- que de bons vieux éléments traditionnels à celui-là - influences heavy-metal, mélodies catchy voire gnan-gnan, un peu de shred de ci de là, …


On se prend les douze morceaux de cet album en pleine poire, sans trop comprendre ce qui se passe au début ; mais avec un peu de recul, les qualités du groupe deviennent évidentes, et pour peu que l’on ne soit pas frileux au mélange des genres, Into Eternity en offre un bien subtil, enrobé de violence et de hurlements primaires. On risque de ne pas adhérer à toutes les expérimentations, mais tout métalleux se reconnaîtra un minimum dans The Incurable Tragedy. Il faut essayer.


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