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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 19 septembre 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-David Eugene Edwards
(chant+banjo+guitare+bandonéon)

-Pascal Humbert
(basse+contrebasse+guitare)

-Jean-Yves Tola
(batterie+percussions+piano)

-Steve Taylor
(guitare)

-Jeffrey-Paul Norlander
(chœurs+alto+violoncelle+claviers)

-John Parish
(percussions+clavier+guitare+xylophone)

TRACKLIST

1)Brimstone Rock
2)My Narrow Mind
3)Low Estate
4)For Heaven's Sake
5)Sac of Religion
6)The Denver Grab
7)Ditch Digger
8)Pure Clob Road
9)Phyllis Ruth
10)Black Lung
11)Dead Run
12)Golden Rope
13)Hang My Teeth on Your Door
14)Ditch Digger
15)The Partisan (Édition européenne)

DISCOGRAPHIE

Sackcloth 'n' Ashes (1995)
Low Estate (1997)
Secret South (2000)
Folklore (2002)

Sixteen Horsepower - Low Estate
(1997) - rock Denver Sound - Label : A&M



Careful with that guitar, Eugene ! Voilà, deux ans après son précédent opus, la bande à David Eugene Edwards est de retour avec son second album : Low Estate. La seule chose qu'on espère est qu'il soit au moins presque aussi bon que le précédent, qui nous avait fait découvrir un grand chanteur, mais aussi un compositeur des plus originaux et un guitariste d'exception, à travers diverses techniques et sonorités nouvelles, alliées à des compositions de qualité. Le moins qu'on puisse dire est qu'il faudra mettre les bouchées doubles pour espérer surenchérir sur Sackcloth 'n Ashes, et ce n'est vraiment pas gagné d'avance...

On commence par l'excellent morceau "Brimstone Rock" sur une introduction au banjo très sympathique. Très vite arrive un chant a capella, rien de spécial, mais suivi lui-même d'une guitare utilisée à merveille. Il s'agit d'une demi-caisse bien saturée et jouée au bottleneck. J'insiste sur le fait que la guitare soit saturée : en effet, il n'y avait pas une seule note de disto sur l'opus précédent. Le résultat est somptueux. Ajoutons à ça encore quelques petits procédés histoire de relever la qualité de cette chanson, comme la présence de quelques riffs exemplaires, ainsi que de celle de rythmes un peu saccadés. On est ici en présence d'une musique se trouvant à mi-chemin entre rock et country, comme sur le premier album du groupe, mais d'une manière cette-fois ci très différente. Ce ne sont pas les mêmes éléments du rock que nous avons ici, ni les mêmes de la country, à l'exception du banjo, mais qui est quand même utilisée de manière moins sombre qu'auparavant. Par ailleurs, les cris du chanteur nous rappelent un peu qu'il n'est pas un vocaliste dans les normes.

Cette première piste est suivie d'un autre morceau dans la même veine, et d'une qualité comparable : "My Narrow Mind". Le chant rappelle un peu plus le premier album, même si ses fans seront quand même un tantinet déçus par la performance vocale de David E. Edwards, la voix étant vraiment moins bien exploitée que deux années auparavant. Ceci-dit, ce deuxième morceau, bien rythmé, est doté de riffs vraiment bien ficelés. Le bottleneck est ici utilisé un peu comme sur Sackcloth 'n Ashes mais avec un petit plus par rapport à celui-ci, les tonalités tendant sur ces deux premières pistes un peu moins vers le triste. Seulement, elles seront à peu près les seules attractions de cet album... et oui. Il y a bien les morceaux calmes et mélancoliques, comme le titre basé sur du bandonéon qu'est "Low Estate", des morceaux qui s'inscrivent dans la globalité de l'album, apportant un souffle nouveau et une variation d'atmosphère à celui-ci, mais ça reste moyen dans l'ensemble.

Certaines pistes sont agréables à l'écoute, citons par exemple "For Heaven's Sake", mais dans tous les cas, on est très loin de la qualité du disque précédent. Par moment, on a l'impression d'entendre du rock/pop grand public avec "Fire Spirit", ou parfois même du Nirvana en moins bien. Le but aurait-il été de conquérir un public plus large ? On regrette aussi le manque de cohésion qu'il y a entre les différentes pistes de l'album. Illustrons ce fait avec la dernière chanson du disque, "The Partisan", qui contraste complètement avec les chansons que l'on a pu entendre jusque-là : il y a là une atmosphère très lourde, grise, et en même temps pleine de rage. C'est sympathique, mais on a l'impression que cette chanson n'a rien à faire là. Toutefois, de manière isolée, elle est indéniablement magnifique. Il s'agit, soulignons-le, d'une reprise du chanteur canadien Leonard Cohen, pour laquelle le chanteur de Sixteen Horsepower a effectué un duo avec Bertrand Cantat, dont nous aurons tous aisément reconnu la voix. Un duo qui est d'ailleurs mémorable, ce morceau étant rempli d'harmonies vocales très sympathiques, ainsi que de petites notes de guitare électrique saupoudrées çà et là.


On est là en présence d'un album très agréable à écouter, mais la qualité d'ensemble n'y est pas. Il y a bien quelques morceaux gigantesques, comme les deux premiers, mais par la suite on se trouve un peu déçu, et même si les influences country sont loin d'êtres désagéables chez Sixteen Horsepower, le groupe semble ici avoir pris un mauvais risque presque inutile, voire être tombé dans l'excès. Une régression, donc, par rapport à leur premier album, mais la formation n'a sans doute pas dit son dernier mot...


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