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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 18 septembre 2008
Sa note : 8/20

LINE UP

-Marco Sfogli
(guitare+basse)

-Andrea Casali, Dino Fiorenza
(basse)

-Emanuele Casali, Alex Argento, Matt Guillory, Fabio Tommasone
(clavier+piano)

-Salvyo Maiello, Ennio Giannone, John Macaluso, Raffaele Natale
(batterie)

TRACKLIST

1)Still Hurts
2)Andromeda
3)Seven
4)There’s Hope
5)Spread the Disease
6)Farewell
7)Sunset Lights
8)Genius
9)Never Forgive Me
10)Memories
11)Texas BBQ

DISCOGRAPHIE

There's Hope (2008)

Sfogli, Marco - There's Hope
(2008) - shred hard FM instrumental - Label : Lion Music



Étonnant ! Voire même : surprenant. Vous ne connaissez pas Marco Sfogli ? Moi non plus. Enfin maintenant, si, mais de prime abord, ce nom n’évoquait pas grand-chose d’autre qu’une recette italienne (sans doute à base de pâtes et de tomate, pour changer). Et pourtant, pour l'aficionado de Dream Theater, ce nom aurait pu éveiller quelque chose. Le bonhomme gravite en effet autour du groupe depuis qu’il a assuré – avec brio - les guitares sur l’album solo de James LaBrie, Elements Of Persuasion.

Si si, rappelez-vous, cet album plutôt pêchu, aux guitares lourdes et grasses (limite thrash par endroit), où le bêleur de Dream Theater avait trouvé un moyen de s’exprimer sans être torturé par les sadiques Petrucci/Portnoy. Bon, l’album valait ce qu’il valait, mais il avait au moins eu le mérite de révéler un guitariste doué et très prometteur dont l’horizon se limitait jusqu’alors à la scène italienne (et il n’est pas question ici de la pizzeria du coin qui organise des concerts de musique traditionnelle tous les 2nds vendredis du mois). Depuis, Sfogli est apparu sur l’album solo de Rudess The Road Home, qui lui aussi valait ce qu’il valait – c'est-à-dire rien. Sfogli, qui en a eu marre de graviter autour de la galaxie Dream Theaterienne, a donc décidé de couper le cordon et de se lancer dans un album solo dont il est temps de voir à son tour s’il vaut ce qu’il vaut.

On aurait pu s’attendre à quelque chose d’aussi heavy dans l’approche que Elements Of Persuasion. Eh bien (et c'est le moment d'être étonné), comme dirait Julien Lepers : c’est non. Sfogli livre ici un album instrumental de hard rock mélodique doucereux et naïf, dans la plus pure tradition du monde des guitar-heroes à midinette. Mélodies dégoulinantes, suites d’accords mielleuses et harmonies progressives : on n’avait pas entendu ça depuis un bon moment. Certes, l’exécution est impeccable, la production est propre – limite aseptisée – mais l’ensemble manque cruellement de vie. On croirait presque entendre un album de démonstration de matériel de guitare, le genre de petit sample qu’on peut écouter sur les sites des constructeurs pour vanter tel micro ou tel ampli. C’est formaté, c’est gentil et inoffensif ; c’est aussi très proche d’agir comme un somnifère. Même le dernier titre, petit délire vaguement country, ne parvient qu’à faire vaguement sourire. Quant au reste…

"Spread the Disease" et sa mélodie molle sur fond de groove fusion, "Andromeda" et son intro très Royal Hunt qui enchaine avec une attaque estampillée Satriani ou encore "Still Hurts" qui ouvre le bal en laissant présager des moments intéressants mais qui se dégonfle bien vite : tout cela est bien mou. Et même les titres plus orientés métal comme "There’s Hope" ou "Genius" (qui porte mal son titre) se contentent de plagier Dream Theater au mieux sans conviction, au pire sans vergogne. Pire : écoutez "Sunset Lights", "Farewell" ou la ballade "Never Forgive Me"… c’est tout juste si on ne se croirait pas en présence d’un vieux générique de série télé type Hartley Cœurs À Vif (ne rougissez pas, nombreux sont les gens bien à avoir regardé). Ca parait caricatural, mais Sfogli enchaine malheureusement tous les poncifs de la guitare mélodique, avec un jeu techniquement béton mais formaté comme jamais, totalement scolaire et sans réelle identité sinon celle de ses maitres. Dommage, car la couverture laissait présager un album plus sombre.


On passera donc sur There’s Hope en espérant – comme le veut le titre de l’album – un second opus plus audacieux et moins ancré dans les guitaristes qui ont illuminé les années 80. Car indéniablement, Sfogli en est capable. Et les amateurs de guitare virtuose de tout bord seront sans doute prêts à accepter de garder un œil sur cet étalon italien jusqu’à ce qu’il nous fasse parvenir une nouvelle offrande.


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