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CHRONIQUE PAR ...

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Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 14 septembre 2008
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Olaf Senkbeil
(chant)

-Helge Engelke
(guitare)

-Francis Buchholz
(basse)

-Thorsten Lüderwaldt
(claviers)

-CC Behrens
(batterie)

TRACKLIST

1)A Fools Crusade
2)I Don’t Want to Wait
3)Same Star
4)Your Beat
5)Dancing When the Night Falls
6)King of Scum
7)Download a Dream
8)Tell Me How It Feels
9)Stronger
10)To Everybody
11)Keep from Falling
12)The Vow
13)Help Me
14)Download a Dream Reprise

DISCOGRAPHIE


Dreamtide - Dream and Deliver
(2008) - mélodique hard rock - Label : AOR Heaven



Formé entre autres de trois membres du groupe de hard rock mélodique allemand Fair Warning, le projet Dreamtide était jusqu’aujourd’hui mis entre parenthèses pour une durée qui semblait indéterminée, surtout depuis la sortie en 2006 d’un album du groupe suscité. Que nenni, le combo revient avec Dream And Deliver, s’offrant au passage les services d’un ex-Scorpions à la basse en la personne de Francis Buchholz, qui retrouve par la même occasion son compère chanteur Olaf Senkbiel, avec lequel il avait partagé les planches sous l’égide d’Uli Jon Roth. Ouf !

Et si l’influence de Scorpions est quasiment palpable dans Fair Warning, elle est plus discrète dans Dreamtide, la musique se faisant un poil plus acérée et dure. Rassurez-vous, point de death metal ici, on reste dans des sphères tout ce qu’il y a de plus mélodiques, mais les lassés du sempiternel hard FM sans ambition pourront tout de même jeter une oreille sur ce Dream And Deliver. Sans réinventer la poudre, le groupe se fend d’un hard rock étoffé et plus épique qu’à l’accoutumée, grâce à de nombreux arrangements et d’une présence plus soutenue des guitares électriques. Le compositeur principal Helge Hengelke fait preuve d’un sens de la mélodie presque suédois dans la manière d’aller droit au but, c'est-à-dire dans le cerveau de l’auditeur. Les deux titres d’ouverture vont totalement dans ce sens, proposant des riffs catchy réussis et des refrains n’allant pas sans rappeler quelques formations plus versées dans le heavy pur et dur, Firewind en premier lieu. Le tout est servi par une production exemplaire par sa clarté et sa précision, comme c’est souvent le cas dans le style. Mais histoire de ne pas faire trop propre, les guitares sont bien en avant. Cela permet de bien mettre en valeur Helge, qui fait merveille en rythmique comme en lead.

Pour autant, les Allemands n’oublient pas leurs racines et se fendent d’un "Same Star" qui ne dépareillerait pas sur les radios françaises tout en enterrant toute la clique issue des Star Academy ou autres Nouvelle Star en évitant la niaiserie étouffante de ces derniers. Le propos varie avec "Your Beat" plus groovy, presque funky dans l’approche et qui aurait presque sa place dans un album de fusion sans un refrain plus ancré dans le côté mélodique du combo. On revivrait presque la magie des seventies durant les quelques minutes de la ballade "Dancing When the Night Falls", qui rappelle les grands moments de Deep Purple. Les synthés de Thorsten Lüderwaldt font merveille, et se permettent même des touches légèrement éléctro dans "King of Scum". Bref, on enchaîne bon moment sur bon moment tout en restant agréable grâce à une variété d’ambiance et de densité bienvenue. La voix de Olaf Senkbeil se pose parfaitement sur l’ensemble et est parfois touchante d’innoncence, notamment sur le pont presque reggae de "Download a Dream", qui nous ferait presque penser au bon vieux Bob. Plutôt que de s’enfermer sous une étiquette, le groupe a l’intelligence de simplement penser à lui en premier lieu, en se faisant plaisir avant tout. Ce plaisir est presque palpable et coule dans les oreilles comme le miel sur la tartine du petit déjeuner que l’on plongera avec plaisir dans du chocolat chaud.


Des surprises comme celle-là, on ne les espère plus en 2008 tant le genre hard rock a tendance à s’enfermer sur lui-même à tel point qu’il n’arrive plus à proposer quoi que ce soit sortant un peu des carcans qu’il s’est posé. C’est exactement là que se pose ce nouvel album de Dreamtide, qui dans le genre plaisir coupable fait merveille. On regretterait presque la longueur de l’album, qui fait que toute cette innocence en devient presque étouffante. Mais ce serait bouder son plaisir. Amateur de hard, foncez les yeux fermés ou mourez ignorants !


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