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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9/20

LINE UP

-Kalle Metz
(chant)

-Richard Lion
(guitare)

-Michael Körner
(guitare)

-Jenny T
(basse)

-Ivana Satana
(claviers)

-Andreas The Chef
(batterie)

TRACKLIST

1)Silver Flame
2)Mistress Of The Dark
3)Serpent's Fire
4)Shine
5)Blue
6)Pray
7)Nightmare
8)Black Void Nirvana
9)Heart's Blood
10)Night Reborn

DISCOGRAPHIE

Hearts Blood (2005)

Tenebre - Hearts Blood
(2005) - gothique - Label : Regain Records



Imaginez… Vous devez absolument faire comprendre l’essence de la musique gothique à des gens totalement hermétiques à ce style (comme les parents paniqués d’une dark djeunz à rimmel), ou alors à quelqu’un qui croit s’y connaître en musique gothique alors qu’en fait non (la dark djeunz à rimmel en question). Coup du sort, vous avez oublié votre intégrale Sisters Of Mercy sur un siège dans le métro! Pas de panique… Mettez les quinze premières secondes de ce CD et l’affaire est pliée: après l’album en entier vos interlocuteurs pourront même donner des cours sur le gothique. Et le lendemain vous pourrez passer à « maintenant, je vais vous expliquer le brutal-death ». C’est quand même bien fait.

Lesdites quinze premières secondes du premier titre avaient déjà pas mal posé la donne avec le son de guitare et l’enchaînement des accords qui sonnent comme tous les groupes gothiques de l’univers… Mais quand le chant arrive c’est l’apothéose. Le chanteur de Tenebre semble s’être donné la mission de sonner le plus gothique possible, nos amis les rôlistes l’appeleraient un « élémental de gothique »! Son timbre hypergrave sonne comme Fernando Ribeiro (Moonspell) un lendemain de cuite, et l’homme n’a en plus de cesse de maniérer son chant et de crooner comme une cochonne. Une montée dans les aigus totalement ratée plus tard et on comprend pourquoi il reste dans les graves sans arrêt. Cette particularité mise à part, la musique de Tenebre est tellement clichesque que vous faire un petit cours sur le gothique en général me semble la manière la plus appropriée de vous permette d’appréhender le contenu de cet opus. J'avoue, j’aime bien faire des cours.

La base du goth est une structure doublement pop: d’une part une construction couplet-refrain-couplet et de l’autre un squelette musical composé d’accords enchaînés derrière des mélodies. Le petit motif à la guitare du premier titre est immanquable: voilà l’essence du gothique. Les accords en question sont aussi importants: le gothique est une musique mélancolique et dépressive, et l’usage de la gamme mineure est donc un impératif. Une fois cette base définie, ce sont les arrangements et le son général qui vont définir à quel type de gothique on a affaire. Mettez des guitares saturées et un chant mélodico-hurlé et vous aurez le monumental Draconian Times de Paradise Lost. Blindez votre musique de samples et de sonorités électroniques et vous obtiendrez The Butterly Effect de Moonspell, l’album de goth/indus par excellence. Epurez vos chansons jusqu’à un simple duo voix/guitares, et Darkness And Hope des mêmes Moonspell vous tend les bras.

Tenebre donne dans un goth orienté pop-rock vaguement heavy par moments, ce qui le place dans la lignée musicale d’un One Second (Paradise Lost, encore). Et c’est à peu près tout ce qu’il a à dire sur ce groupe et cet album. Pour une description des chansons reportez-vous au paragraphe précédent. C’est simple, chaque titre d’Hearts Blood est un condensé de clichés goths, une resucée d’un ou plusieurs plans déjà joués avant par les références du genre. Le seul élément qui les diffère des autres est la voix du chanteur tant elle est clichesque et outrancière. Donc Hearts Blood est une bonne introduction au gothique si vous n’y connaissez rien, mais c’est aussi un album totalement dénué d’originalité et de recherche, un album vain.


C’est bien joué et bien produit, mais ce n’est rien de neuf. Cet album n’a donc aucun intérêt et est à réserver à ceux qui achètent tout ce qui sort dans le style. Les autres pourront se procurer un des autres albums que je cite dans cette chronique: ce sont des références du genre, alors qu’Hearts Blood n’en sera jamais une.


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