2443

CHRONIQUE PAR ...

40
Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 12 septembre 2008
Sa note : 17/20

LINE UP

-D. Randall Blythe
(chant)

-Mark Morton
(guitare)

-Willie Adler
(guitare)

– John Campbell
(basse)

-Chris Adler
(batterie)

TRACKLIST

1)Walk With Me in Hell
2)Again We Rise
3)Redneck
4)Pathetic
5)Foot to the Throat
6)Descending
7)Blacken the Cursed Sun
8)Forgotten (Lost Angels)
9)Requiem
10)More Time to Kill
11)Beating on Death's Door

DISCOGRAPHIE


Lamb Of God - Sacrament
(2006) - metalcore Power Metal - Label : Epic Records



« BULLDOZER [byldozer] ou [buldozœr] n.m. (mot anglo-américain) 1. Engin de chantier de terrassemment sur tracteur à chenilles, très puissant. 2. Fig. Fam. Personne que rien n'arrete, qui continue sur sa lancée avec determination et ténacité. ex : Je ne sais pas si tu as écouté Sacrament de Lamb Of God mais comme bulldozer il se pose là! » Sorti en 2006 et marquant le début d'un succès international pour les Américains, le cinquième opus du groupe depuis qu'il a abandonné le nom de Burn The Priest (véridique!), pose les bases du nouveau power metal : plus rapide, plus massif, plus technique.

Désignés d'author comme les dignes successeurs de Pantera, le quintet américain ne fait effectivement pas dans le dentelle : dotés d'une technicité impressionnante et d'une production « mur de son », les agneaux de Dieu balayent tout sur leur passage avec ce Sacrament. Mais un groupe américain qui se dit faire du power metal à la Pantera, ca sent le déja entendu... Et pourtant non. Les Lamb Of God ont un petit quelque chose en plus par rapport aux autres bourrins qui pensent avoir sorti le nouveau Burn My Eyes dès qu'ils crient sur deux trois allers-retours en Palm Mute. Peut-être est-ce le batteur, Chris Adler, étonnant mélange de technique, de puissance et de groove? Ou la paire Morton/Adler (le frangin) qui distribue ses missiles de croisière avec une aisance et un énergie déconcertante? Ou encore ce bon vieux Blythe qui exorcise ses démons en balançant ses tripes dans le micro? Il s'agit sans aucun doute d'un savant mélange de tout cela, astucieusement mixé par un producteur de talent (le dénommé Machine), véritable sixième homme du groupe. Si l'on ajoute John Campbell, le talentueux bassiste, la congrégation (titre original de l'album) est rassemblée pour nous asséner ses onze torpilles. La première, "Walk With Me in Hell", touche droit au but. De l'intro frissonnante - qui vient mourir sur un riff d'anthologie qui va briser bien des nuques - au dernier cri de Blythe, on assiste à une véritable lecon de metal : rythme hyper tendu et agressivité maîtrisée pour un burner absolument parfait.

Car il s'agit là de la véritable force de LOG, la capacité de balancer une énergie incroyable dans leurs morceaux sans jamais être brouillons, même quand les riffs se font alambiqués. "Redneck", "Pathetic" et "Requiem" en sont des exemples parfaits : grosse intro ultra efficace, belle complémentarité voix/guitares et section rythmique implacable font de ces morceaux des tubes immédiats. Délaissant parfois le registre « in your face », certains morceaux se font plus réfléchis, tels "Descending" (et ce pré-refrain époustouflant), "Blacken the Cursed Sun" ou "More Time to Kill", plus progressifs (attention : le terme, bien qu'employé par les membres du groupe est à prendre avec des pincettes) et ne sont pas sans rappeler Mudvayne. Mention spéciale pour le morceau de clôture "Beating on Death's Door" d'une puissance viscérale et jouissive : entre l'intro coup de poing, le break ravageur et la lourde double pédale, c'est 5 minutes de pur bonheur! Le tableau est pourtant loin d'être parfait et on pourrait adresser certains reproches à Sacrament. À commencer par quelques longueurs et certains morceaux faisant un peu office de remplissage ("Again We Rise", "Forgotten", un peu bancals) qui rendent l'album légèrement indigeste aux premières écoutes mais qui révèlent tout de même de bons passages une fois l'album maitrisé.


Marquant le début d'une nouvelle ère pour les Lamb Of God, Sacrament se revèle plus « fini » que ses prédecesseurs et surtout rempli à ras bord de tubes. Alors tant pis s'il faudra parfois skipper quelques titres pour n'en garder que la quintessence : des titres puissants, intelligents et terriblement efficaces.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6