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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nicola Hitchcock
(chant)

-Saul Freeman
(guitare+programmation)

-Danny Thompson
(basse)

-Jon Hassell
(trompette)

-Steve Jansen
(batterie)

TRACKLIST

1)This Life
2)Flowers Bloom
3)Insensible
4)Another
5)Enough Love
6)All My Sins
7)Opposites
8)This Time Last Year
9)Kissing the Day
10)Beautiful
11)About You
12)Beautiful [Canny Mix]

DISCOGRAPHIE

Empathy (1998)

Mandalay - Empathy
(1998) - electro trip-hop - Label : V2



Parfois, il fait bon de changer un peu d'air entre deux disques enregistrés par un brontosaure qui hurle sa haine sur fond de marteau-piqueur et perceuse électrique. Empathy fait partie de ces disques-oasis apportant un peu de fraîcheur dans la traversée du milieu parfois artistiquement très aride des nouveautés du metal. Si pour vous The Gathering fait de la musique mollassonne pour gonzesses, vous pouvez d'ores et déjà éviter de perdre votre temps et passer à une autre chronique. Si au contraire, vous ne rechignez pas les ambiances électro dépouillées couplées à un brin de pop, de trip-hop et de lounge jazzy, ce disque risque bien de vous intéresser.

Au rang des influences clairement perceptibles on pourra citer d'une part Cocteau Twins et d'autre part Portishead. Des premiers, Mandalay hérite des ambiances rêveuses et popisantes, aux seconds il emprunte un son mêlant électronique et instruments réels, ainsi qu'une certaine mélancolie confinant au désespoir. Les arrangements sont presque toujours minimalistes et épurés, extrêmement limpides, et ne nécessitant pas d'efforts particuliers pour percevoir les petites subtilités qui parsèment le disque, ce qui rend l'écoute particulièrement reposante. Hors de question ici de brusquer, de bousculer ou de dérouter l'auditeur, tout au plus il sera sorti de sa torpeur contemplative par un titre un peu plus énergique que les autres, comme l'excellent "Kissing the Day", véritable ode à la légèreté et au romantisme. Les cuivres et les guitares sont utilisés avec parcimonie, pour soutenir l'ambiance plutôt qu'en guise de démonstrations techniques stériles et complètement déplacées dans ce contexte. Les claviers, les samples et l'électronique constituent la véritable ossature des compositions, et l'on ne peut que se réjouir devant la grande variété de sonorités utilisées et la justesse de la production. Seuls les sections de cordes ont un rendu un peu cheap et auraient gagné à être un petit peu moins mises en avant sur certains titres.

L'un des paradoxes de ce disque, c'est que l'élément qui capte l'attention en premier lieu, à savoir la voix douce et cajoleuse de Nicola Hitchcock, est peut-être le moins varié et le plus prévisible au fil des chansons. Non pas que son timbre manque de charme, bien au contraire: frissonnant grâce à un tremolo très marqué, invitant à des pensées langoureuses, presque concupiscentes. Mais son registre reste quand même assez limité, et c'est bien l'accompagnement qui nous permet de passer presque imperceptiblement d'un titre sensuel et organique comme "This Life" au presque inquiétant et très synthétique "Flowers Bloom". Le charme de Nicola n'est en somme qu'une vitrine, un élément d'accroche très efficace vous happant dans les effluves éthérés d'un disque qui malgré sa légèreté et sa désinvolture ne perd pas de sa consistance au fil des écoutes. Même un amateur de thrash US old-school pourrait tomber sous le charme, pour peu qu'il ne rechigne pas à un peu de metal à chanteuse de temps à autre.




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