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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Yngwie J. Malmsteen
(guitare+basse+chant)

-Doogie White
(chant)

-Joakim Svalberg
(claviers)

-Patrick Johansson
(batterie)

TRACKLIST

1)Locked & Loaded
2)Revolution
3)Winds of War (Invasion)
4)Crown of Thorns
5)The Bogeyman
6)Beauty and a Beast
7)Cracking the Whip
8)Fuguetta
9)Cherokee Warrior
10)Guardian Angel
11)Let the Good Times Roll
12)Revelation (Drinking With the Devil)
13)Magic and Mayhem
14)Exile
15)The Hunt
16)Russian Roulette
17)Unleash the Fury
18)Paraphrase

DISCOGRAPHIE

Marching Out (1985)
Trilogy (1986)
Eclipse (1990)
The Seventh Sign (1994)
Unleash The Fury (2005)
Perpetual Flame (2008)
Angels of Love (2009)
Relentless (2010)

Malmsteen, Yngwie - Unleash The Fury
(2005) - néoclassique shred - Label : Universal



À chaque album, Yngwie Malmsteen adopte un peu la même démarche que Zakk Wylde pour son Black Label Society, il agit à l'instinct et ne se pose pas cinquante mille questions avant d'enregistrer. Un riff ou un solo sonne bien? Hop, on enregistre et on passe au morceau suivant! Trois ans après Attack, rien ne semble avoir changé chez Yngwie, si ce n'est son poids (il a perdu vingt-cinq kilos!). Comme d'habitude, Yngwie a enregistré une tonne de matériel, avec de quoi enregistrer sept ou huit albums! Et il n'a sélectionné que les meilleurs titres, ce qui fait qu'encore une fois, l'album dure presque quatre-vingt minutes et est blindé de compos (dix-huit quand même!).

Hormis l'absence de Derek Sherinian aux claviers (remplacé par Joakim Svalberg, la différence ne saute pas aux yeux ceci dit!), le line-up est le même que pour Attack. La production aussi est identique, puissante et très brute. Bref, ceux qui ont aimé Attack aimeront aussi Unleash The Fury tellement les deux albums se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Doogie White est toujours dans le trip « viking forever », parfait pour le style de Malmsteen, mais ce n'est quand même pas le meilleur chanteur qu'il ait eu (il n'égale pas Jeff Scott Soto, Mark Boals ou Joe Lynn Turner). Patrick Johansson cogne toujours comme un bûcheron, son jeu est très efficace même s'il n'a pas le niveau technique de Mike Terrana, Cozy Powell ou John Macaluso. Quant à Yngwie, il est illusoire d'attendre de sa part un album novateur et travaillé car depuis War To End All Wars, la qualité a baissé et ce n'est pas avec Unleash The Fury que la tendance va s'inverser.

Il n'empêche, Unleash The Fury envoie du bois, c'est le moins qu'on puisse dire! Je le préfère même à Attack et War To End All Wars! Yngwie aligne les riffs « baroque and roll » à toute berzingue. On peut noter une grande dose de titres speed sur cet album, ce qui peut s'avérer fatigant quand on écoute l'album pour les premières fois! De quoi être rassasié de speed mélodique pour au moins deux ans! Du speed mélo, oui, mais pas n'importe lequel: à la sauce Malmsteen donc, avec le son des Marshall légèrement cradingue, bien graisseux et transpirant le whisky et le rock 'n' roll! Du remplissage aussi, une fois n'est pas coutume, il y a bien quatre ou cinq titres qui plombent l'album et dont on se serait bien passé ("Revolution", "The Hunt", "Russian Roulette" ou l'instrumental "Magic and Mayhem" qui n'apporte rien), sans compter les mélodies et les nappes de claviers qui ont parfois tendance à se ressembler ("Beauty And a Beast", "Exile", "Crown of Thorns").

Parmi les moments forts, quelques titres bien heavy comme "Cracking the Whip" (Yngwie assure quelques vocaux bien graisseux sur ce titre) et surtout le groove vicieux de "The Bogeyman" (excellent refrain) et "Revelation (Drinking With the Devil)", très lent, avec des riffs plombés évoquant Black Sabbath; le chant de Doogie White se rapproche même d'Ozzy sur ce titre. "Winds of War (Invasion)" et sa superbe intro, "Unleash the Fury" et son refrain grandiloquent à la Rhapsody, "Let the Good Times Roll", sans oublier les instrumentaux ("Fuguetta", "Guardian Angel"), ce ne sont pas les bons titres qui manquent. Et comme sur Attack avec "Freedom Isn't Free", Yngwie a eu la bonne idée de chanter à nouveau sur un blues poignant cette fois-ci, "Cherokee Warrior", en hommage à Jimi Hendrix. Son chant rappelle même Lenny Kravitz et c'est une vraie réussite. Alors que "Freedom Isn't Free" apparaissait plus comme un délire qu'autre chose, avec "Cherokee Warrior", Yngwie peut prendre au sérieux son rôle de chanteur. Vivement qu'il chante sur un album complet! Il finira bien par avoir les couilles de le faire!


Bref, Unleash The Fury est une bonne petite tuerie comme on aimerait en avoir plus souvent. On conserve les défauts habituels (album trop long, auto-suffisance Malmsteenienne difficilement supportable), mais il faut se rendre à l'évidence: un album de Malmsteen, ça tue! Totalement inutile et donc rigoureusement indispensable!


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