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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Janki
(chant)

-Sly
(guitare)

-Tchaull
(guitare)

-Chris
(basse)

-Vince
(batterie)

TRACKLIST

1)Loose Limbs
2)Ritual of Reanimation
3)Necrophobic Incest
4)Chirugical Implant of Femal Organs

DISCOGRAPHIE


Dieresis - Loose Limbs (EP)
(2008) - death metal - Label : Autoproduction



L’introduction d’une chronique sert à accrocher le lecteur. Il existe pour cela un certain nombre de procédés plus ou moins subtils, l’un d’entre eux étant d’expliquer l’origine du nom du groupe quand celui-ci se veut curieux ou amusant. Par exemple, on pourrait ici citer l’explication du groupe : « dans le domaine de la chirurgie, Dieresis désigne la séparation d’un tissu organique (exemple : tu décides de voir comment sont faites les testicules de ton pote… et là si tu as un scalpel à disposition tu lui incise le scrotum… )». Mais chez les Éternels, on sait écrire des chroniques, alors on se passe aisément de ces procédés un peu faciles.

Et donc, les présentations étant faites (mais mettez vos scrotums à l’abri, sait-on jamais), il est temps de parler plus précisément de Dieresis, jeune groupe français de Besançon qui a commencé il y a une décade par des reprises de Metallica sous le nom de Disaster avant d’intégrer un chanteur plus extrême et de se tourner vers un death metal traditionnel qui tire ses racines de l’école US et plus précisément de groupes comme Cannibal Corpse, Dying Fetus, Napalm Death – dans ses périodes les plus death - ou plus récemment Insision ou Job For A Cowboy. Un death metal gras, rapide et avec juste ce qu’il faut de technique pour donner du piment à la sauce. Première constatation à l’écoute de cette démo (la seconde après Bleed To Feast...On Fetal Meat en 2004), la production est loin d’être mauvaise. Evidemment, on sent que le groupe ne dispose pas derrière lui du budget des productions actuelles des pointures du genre, mais Dieresis n’a pas à rougir du son obtenu sur ce Loose Limbs.

Au niveau thématique, on se situe sans grande surprise dans un registre quasiment éculé : le gore teinté de médical avec un humour noir très prononcé comme en témoignent le titre des chansons (surtout les deux dernières), mais aussi la pochette, malheureusement relativement vilaine. Pas de quoi donc hurler à l’originalité avec cette approche, mais le death metal traditionnel ne supporte de toutes façons que difficilement la nouveauté. Loose Limbs est donc un quatre titres un poil trop formaté mais qui, en même temps, ne s’en cache pas et préfère gueuler à la face de la France que le death metal n’est pas mort. Et Dieresis le fait plutôt bien, en partie grâce à un chanteur issu de la plus pure tradition death, avec un growl râpeux, grave et caverneux, laissant de côté les hurlements plus hardcore de mise dans de si nombreux groupes de death. Les riffs sont efficaces, nets et tranchants, l’envie d’headbanguer surgit au détour d’un break ou d’un changement de rythme : pas de doute, la unholy force du death metal a bien pondu un de ses rejetons en Franche-Comté.

L’introduction de "Loose Limbs" nous fait honneur d’un extrait de sample de film gore, sans doute une obscure production italienne des années 80 mal doublée en français, dans la plus pure tradition de Mortician, qui semble par ailleurs être une autre influence de ce jeune groupe – surtout au niveau du growl. Les titres sont carrés, efficaces et courts, ça riffe, ça blaste et la messe est dite. Alors évidemment, 15 minutes, c’est bien trop court pour s’épancher en commentaires positifs sur un groupe ayant tout juste émergé au grand jour, on se contentera donc d’espérer rapidement un album complet avec l’appui d’un label pour la distribution, mais surtout pour améliorer la production qui, nous l’avons dit, n’a pas à rougir mais fait malgré tout pâle figure face aux rouleaux compresseurs sonores que le moindre groupe de quatrième zone sortant d’un studio est aujourd’hui capable de pondre.


Essai globalement réussi pour Dieresis. La scène metal francophone extrême continue sa petite révolution, lentement mais sûrement, en ajoutant au bouquet de groupes déjà bien installés – ou très prometteurs - sur les planches hexagonales comme Whisper-X, Dividead ou Sickbag, ce nouveau groupe de Besançon dont on attend de l’album à venir – souhaitons-le – une identité un poil plus affirmée et… une pochette un peu moins moche, si possible [insert smiley qui fait un clin d’œil].


www.myspace.com/dieresis





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