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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Ana Mladinovici
(chant)

-Bogdan Costea
(guitare)

-Valentin Zechiu
(basse)

-Viorel Railaenu
(claviers)

-Adrian Mihai
(batterie)

TRACKLIST

1)The Wish
2)A Blood Red Dream
3)The Sun Is Gone
4)The Sorcerer
5)Road to the Unknown
6)Daca
7)E Magic
8)The Silent Forest
9)Mountains of Ice
10)The Key
11)The Scroll of Stone
12)Redemption

DISCOGRAPHIE


Magica - The Scroll Of Stone
(2002) - metal symphonique speed metal - Label : Sigma



Le nom du groupe annonce clairement la couleur: Magica ne donne pas dans le néo grind-core. Il s’agit, comme on peut s’y attendre au vu de la cover, de speed metal symphonique « traditionnel », revenu à la mode après le triomphe de groupes comme Rhapsody ou bien sûr Nightwish. Ce sont d’ailleurs là les deux principales influences du groupe roumain: les orchestrations omniprésentes et la voix de la chanteuse Ana Mladinovici en témoignent de façon quasi-certaine.

Pour ce premier album sorti en 2002, nos amis de l’Est n’ont pas pris beaucoup de risques: on y retrouve condensées les principales qualités des deux groupes sus-cités. Le mélange n’est donc pas fondamentalement désagréable. La grande qualité du combo réside en le jeu de guitare de Bogdan Costea, tête pensante et principal compositeur, qui alterne à la perfection riffs heavy tranchants et soli d’inspiration néo-classique mélodiques et très inspirés. Il se livre même de temps à temps à de petites démonstrations de shredding, dignes de fins techniciens comme Timo Tolkki ou Yngwie Malmsteen. Les autres membres du groupe, il faut l’avouer, ne mettent pas en avant de compétences extraordinaires. Les interventions aux claviers de Viorel Railaenu sont pertinentes, mais elles demeurent assez quelconques au regard de virtuoses tels que Tuomas Holopainen ou Alex Staropoli. Le batteur, Adrian Mihai, nous sort un jeu axé sur l’alternance double grosse caisse / mid-tempo, assez convenu mais bien exécuté.

La plus grande faiblesse concerne le chant: Ana essaie tellement d’imiter Tarja Turunen sur ce premier opus que ça en devient par moments pathétique, d’autant qu’elle est loin de posséder les mêmes capacités. Sa voix manque d’expressivité et se révèle par trop défaillante sur des titres comme "A Blood Red Dream" ou "Road to the Unknown", ce qui est discriminatoire pour la bonne tenue de l’ensemble du projet. J’utilise sciemment le mot « projet » car le groupe a quand même eu le culot de débarquer en 2002, dans une scène bourrée jusqu’à la gueule de groupes plus ou moins insipides évoluant dans le même style, avec un album conceptuel traitant d’une énième histoire d’heroic-fantasy. Ambition finement mesurée et calculée ou pure inconscience? Je pencherais plutôt vers le second terme de l’alternative car l’histoire développée au cours de ces douze titres est ultimement nullissime. Je vous en épargnerai les détails. L’influence de Rhapsody n’est donc pas que strictement musicale (ils ont même leur propre Emerald Sword…). Enfin cela permet au groupe de caser çà et là quelques narrations hilarantes (et en roumain s’il vous plaît!) qui ne manqueront pas de vous décrocher un sourire.

Mais revenons à la musique. Les facultés de composition sont bel et bien là, les transitions sont soignées, les titres ont – presque - tous quelque chose à faire valoir (un pont, un refrain, un solo…), l’accroche mélodique est développée à bon escient, mais ça ne prend pas. Les douze titres défilent les uns après les autres et se laissent apprécier sans qu’aucun ne donne cependant envie de revenir en arrière. On attend vainement l’idée qui fera décoller l’ensemble. On attend, on attend. On admire le riff de "The Key", les violons de "The Sorcerer", on aime l’ambiance folk de la ballade "Mountains Of Ice", ou les duels claviers / guitare de "Daca"… Mais on se dit surtout que ces qualités sont mieux exploitées chez les ténors du genre, et que l’un dans l’autre, mieux vaut encore se réécouter pour la sept cent cinquante-huitième fois les tubes intemporels de Legendary Tales. Seule la pièce finale "Redemption", avec son intro a cappella et ses chœurs masculins secondant Ana sur le refrain, sort du lot et a une identité plus prononcée à revendiquer. À côté de ça, le groupe bénéficie d’une production étrangement bonne pour un premier album (et pour une boîte de prod’ roumaine, gnark gnark…), qui met suffisamment en valeur les orchestrations et le jeu de gratte de Bogdan Costea. L’essentiel est acquis sur ce plan, sans le moindre doute.


Au final, ce premier essai comporte de solides qualités, mais a trop de mal à sortir des sentiers mille fois battus pour convaincre. Le deuxième album, sans être d’une originalité déconcertante, marquera heureusement un tournant dans le bon sens.


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