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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 04 septembre 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Jovanny "Gio" Herrera
(guitare+chant)

-Rick Rangel
(guitare)

-Anthony Vasquez
(basse)

-Carlos Gutierrez
(batterie)

TRACKLIST

1)Ernest Goes to Hell
2)Thrash Is Back
3)Striking Death
4)Spread the Fire
5)Betrayal
6)Massive Execution
7)Metal Forever
8)Dreams of Terror
9)Command of the Beast
10)Chaotic Punishment
11)Put to Death

DISCOGRAPHIE


Fueled By Fire - Spread The Fire
(2007) - thrash metal very old school - Label : Metal Blade Records



L'Histoire est un éternel recommencement. Après plus d'une décennie de sevrage, la Bay Area a progressivement repris ses droits et se présente à nouveau comme le vivier mondial le plus prolifique en matière de thrash. Et s'il faudra attendre que les jeunes pousses grandissent un peu avant de savoir si elles pourront rivaliser un jour avec leurs glorieux aînés sur le plan qualitatif, on peut déjà affirmer qu'il existe un domaine dans lequel les bleusailles n'ont rien à leur envier : la fougue. Fueled By Fire en est un des meilleurs exemples.

Plutôt que de marquer un peu trop à la culotte une influence majeure, Fueled By Fire a choisi de faire son marché un peu partout. À tel point que Spread The Fire pourrait faire l'objet d'un questionnaire dans Questions pour un Champion :

- Julien Lepers : « Vous avez choisi le thème "Spread the Fire". 40 secondes, attention, c'est parti. Top ! Trop dynamique pour une simple intro, trop court pour un véritable instrumental, mon premier titre "Ernest Goes to Hell" est une décharge électrique de 2 minutes qui dans l'esprit rappelle celui du troisième album d'un célèbre groupe de thrash connu pour le caractère bouillant de son leader despotique et égocentrique…»
- Le candidat : « Into the Lungs of Hell ! »
- « Mon second titre débute par un cri perçant de Jovanny "Gio" Herrera, qui rappelle un gimmick utilisé à ses débuts par l'excellent frontman d'un groupe non moins excellent, aux origines peu communes dans le milieu du thrash…
- Mark Osegueda !
- Mon troisième titre "Striking Death" met en évidence ma principale influence, visiblement plébiscitée par la plupart des nouveaux groupes de thrash US, ce qui est assez étonnant puisque ce groupe est généralement considéré comme l'éternel second couteau qui n'a pas eu la carrière qu'il méritait pour cause entre autres de malchance tenace…
- Exodus !
- Tant de par son manque de maîtrise que par sa diction, le chant de Gio rappelle celui d'un chanteur mythique très célèbre et respecté malgré le fait qu'il n'ait enregistré qu'un seul album en studio, et dont la disparition prématurée en 2002 a entraîné une vague d'hommages très fournie…
- Paul Baloff !
»
- (balançant ses fiches, ébahi par une telle réussite sur un sujet aussi décalé dans une émission destinée à la ménagère de plus de 70 ans) « Oh ouiiiiiiiiiiii 4 à la suite !!!!!!!! »

Voilà en ce qui concerne le décor, histoire que vous sachiez où vous mettez les pieds. Spread The Fire est en effet un album de thrash particulièrement débridé, pas franchement ancré dans la modernité. Un album produit par le groupe en personne, avec les moyens (probablement limités) du bord. Oreilles sensibles s'abstenir, le son est du genre sauvage, en parfaite adéquation avec le début de l'album ! Après l'excellente intro déjà évoquée, Fueled By Fire embraye directement sur le meilleur morceau de l'album, "Thrash Is Back". Ce titre est indéniablement le mieux construit et le plus équilibré de tout l'album, et incarne le mieux l'esprit de synthèse de son géniteur : riff principal à la Exodus, break façon Megadeth, solo digne de Metallica. Bien sûr, les influences sont à chercher du côté de Bonded By Blood, Peace Sells et Kill'em All plutôt que Force Of Habit, Youthanasia et Load ! Cerise sur le gâteau, il y a aussi ces formidables paroles. Allez, je vous entends les réclamer à corps et à cris, en voici quelques extraits :
- « The crowd starts to scream, saying thrash is back with their fist in the air » ;
- [cit ]Bang your head against the stage on Baloff's command » (et un hommage, un !) ;
- « A thrasher falls, you help him up, slamming the posers to death » ;
- et pour finir, « The glory days are back, thrashers unite ! Scream with me thrash is back ».
Tant de poésie en une seule chanson, pas de doute possible : on tient là les Manowar du thrash !

Malheureusement, Spread The Fire souffre un peu du célèbre syndrome du premier titre qui envoie le bois et qui écrase un peu le reste. Certes, après, ce n'est pas non plus le désert : il y a plusieurs titres qui tiennent parfaitement la route, comme "Striking Death", "Spread the Fire" ou "Command of the Beast" notamment. Néanmoins, pas un ne dispose d'une structure aussi solide que "Thrash Is Back". C'est sûr, c'est un peu la foire aux riffs thrash primaires sur tout l'album, mais on ne trouve que très peu de breaks efficaces à signaler. Il y a même quelques ratages prodigieux, comme l'inénarrable "Metal Forever" ou "Dreams of Terror". De même, ne vous attendez pas à trouver de la mélodie, ce n'est pas le style de la maison. La seule tentative sur "Betrayal" paraît trop forcée, et vraiment pas naturelle pour un sou. De plus, on sent bien que Gio n'y est pas du tout à l'aise au chant, un peu comme Chris Boltendahl sur les quelques ballades du répertoire de Grave Digger. En fait, Spread The Fire est le parfait reflet de Fueled By Fire en 2007 : un groupe jeune et perfectible, encore un peu vert dans son processus d'écriture. Des lacunes logiques pour un premier album, et qui sont tout de même compensées en partie par une rage de tous les instants qui place le groupe dans la mouvance des Violator et autres Bonded By Blood. Rien de dramatique donc : on retourne au garage, on bosse un peu plus les compos, et roule ma poule !


Évidemment, ce n'est pas Fueled By Fire qui va révolutionner le thrash. Telle n'est pas l'ambition du groupe, pour l'instant limitée à tripper sur l'ambiance des 80's. Une volonté affichée si clairement qu'on ne va pas leur reprocher, surtout que les Californiens disposent d'un capital sympathie évident (vous connaissez beaucoup de groupes qui remercient leur patron pour les horaires aménagés ?). Reste maintenant à voir comment le groupe va digérer l'après-Gio, qui a quitté les rangs du groupe peu après la sortie de cet album.


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