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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Thomas Pierron (chant+guitare+claviers)

-François Nguyen (chant+guitare+claviers)

-Benjamin Peurey (textes)

-Marc Mallia (batterie+chœurs)

TRACKLIST

1)La Folie Douce
2)Finir Dans Les Journaux
3)Dès Le Départ, Dès Le Début
4)Le Niveau Des Mers
5)Lâcheté
6)Courage
7)Nous Sommes Tous Une Ombre
8)Les Calanques De Cassis
9)Les Hommes Ordinaires
10)(J'ai Beau Tout Tester) Je Déteste Tout
11)Je Suis Une Nuit De Tempête
12)Mon Ivresse (A L'autoroute A3)

DISCOGRAPHIE


Elista - La Folie Douce
(2006) - rock - Label : Sony BMG



Elista fait figure de sensation montante du rock français depuis la parution de Fiesta en 2003 : très vite adopté par les radios, chéri par le père Zégut… et l’arrivée de ce second album n’a pas refroidi les ardeurs, bien au contraire, la formation parisienne faisant désormais partie des groupes sur lesquels il faut compter. Et nous pensons que c’est à raison.

La Folie Douce témoigne en effet d’une certaine maîtrise du sujet qui, sans nous marquer au fer rouge, suffit tout de même à emporter l’adhésion. On appréciera déjà que le groupe ait mis un point d’honneur à pondre un disque agencé, à mélanger les titres musclés et alertes aux morceaux plus mélancoliques et apaisés, dans le souci de former un tout uni. Bonne initiative, cela dit, il faut reconnaître que la première partie de l’album est plus percutante que ce qui s’ensuit ; ceci dû notamment à un démarrage en trombe, avec l’impeccable morceau-titre au refrain instantanément mémorable, et le classieux "Finir Dans Les Journaux" et sa myriade de guitares dont la richesse ravit l’oreille.

Pour appuyer l’effort de diversité, et puisque 2006 oblige, la saturation rock est le plus souvent contrebalancée par des claviers et divers effets électro. Le choix du producteur, à ce titre, ne manque pas de pertinence, puisqu’il s’agit de Dimitri Tokovoï, qui a récemment collaboré avec Placebo pour leur Meds. Qu’on se rassure : pas de nappes envahissantes ou d’ambiance fête foraine, ici les effets contribuent bien à l’atmosphère voulue et non l’inverse : les chœurs fantômes et les claviers éthérés de l’émouvant "Les Calanques de Cassis" sont un bon exemple de cette intégration réussie. On n’est pas dans la pompeuserie chère à la bande à Molko.

C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques les plus enviables d’Elista : le refus de l’emphase et de l’excessivité, la recherche d’une solution plus mesurée, ce qui n’a rien à voir avec plus terne, vous en conviendrez. Cet effort est visible dans les textes, qui traitent de sujets propres à notre époque – incompréhension de L’autre et des autres, recherche de la célébrité instantanée, et j’en passe – sans faire dans la gravité maniérée. On n’évite pas certains clichés propres au rock français – jeux de mots un peu faciles, tournures faussement complexes – mais dans l’ensemble il y a de quoi se satisfaire. Les deux voix du groupe, assez interchangeables du fait, n’en font jamais trop non plus, sans pour autant oublier de donner corps aux paroles. "Je Suis Une Nuit De Tempête", critique du monde de l’entreprise, sait ainsi se montrer très convaincante.


Variété des climats, production impeccable, sens de la mesure ; autant d’éléments qui font de ce second album une bonne surprise, qui saura parler à ceux que le rock Made In France laisse froid. Les autres n’ayant sans doute pas attendu cette chronique pour poser une oreille sur La Folie Douce


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