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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Henrik Ivarsson
(chant)

-Patrik Lundh
(guitare)

-Dan Bengtsson
(basse)

-Erik Hall
(batterie)

TRACKLIST

1)Candles and Kerosene
2)The Will to Burn
3)Chases, Caught and Charged
4)Pigeonsmasher
5)Children of Boredom
6)Self-Destructive Pessimist
7)Seed of Arson
8)Picked Clean
9)The Lycanthrope
10)Scab Coated Attraction
11)Lights Out, Left for Dead
12)End in Water

DISCOGRAPHIE


Crowpath - Son Of Sulphur
(2005) - hardcore grindcore - Label : Willowtip



"Ce soir, on vous met le feu" ou encore "Allumer le feu", tels pourraient être les credos de cette nouvelle livraison de Crowpath, bande de détraqués notoires venus de Suède. Ne comprenez pas cette remarque de travers: il y a à peu près autant de rap marseillais et d'hymne de stade pour papy-rocker dans ce Son Of Sulphur qu'il y a de graisse sur un ascète hindou. C'est juste que l'album est centré sur le thème de la pyromanie et que votre fidèle serviteur a une réputation de remplissage d'introductions à base de remarques complètement à côté de la plaque à maintenir.

On ne peut pas dire que le groupe ait fait des efforts surhumains pour essayer de renouveler sa musique depuis leur précédente réalisation, Red On Chrome. Petit résumé pour ceux qui ont raté le premier épisode: Crowpath, c'est violent, très violent, excessivement violent, ultra-violent. Plus concrètement, ça se présente sous la forme d'un mélange d'ingrédients venant de genres déjà pas très délicats à la base: l'anarchie et le chaos sonore du grindcore, les hurlements et la hargne du hardcore, les structures techniques et les arrangements dissonants du brutal death et, pour faire bonne mesure, quelques passages pesamment apocalyptiques lorgnant vers le sludge et le post-core.

Son Of Sulphur présente quand même deux évolutions, peut-être pas excessivement notables, mais qui méritent d'être soulignées à défaut de mieux. En premier lieu, la production, avec un son - surtout celui des guitares - ayant perdu le grain énorme de Red On Chrome. Cela permet certes d'avoir un album plus « audible » - notion toute relative, cf. les descriptions du paragraphe précédent - mais en même temps il donne un aspect peut-être un peu trop propre, trop clinique, alors que le son « fuzzy » de Red On Chrome parachevait vraiment cette atmosphère de folie malsaine et de fin du monde incarnée par la musique de Crowpath.

Ensuite, les parties lentes et pesantes ont un aspect plus abouti, plus travaillé, ce qui bénéficie à des compositions comme le très sombre "The Lycanthrope" et l'excellent morceau final "End in Water". Mais il ne faut surtout pas en déduire que Crowpath s'assagit d'une quelconque manière: Son Of Sulphur est fidèle à l'esprit sans concession du groupe, à grands renforts de parties de batterie hallucinantes, de cris inhumains, de riffs psychotiques et de compositions qui sont absolument imprévisibles. Un groupe toujours aussi difficile à juger objectivement, tant la démarche adoptée nécessite une adhésion préalable et totale de l'auditeur. C'est une demi-heure passée dans l'esprit d'un pyromane névrotique, une invitation au voyage dans les méandres le moins ragoûtantes du cerveau humain, accompagné d'un livret aux allures de cahier intime d'un tueur en série. À vous de voir si ça vous tente.




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