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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Henrik Ivarsson
(chant)

-Patrik Lundh
(guitare)

-Dan Bengtsson
(basse)

-Erik Hall
(batterie)

TRACKLIST

1)Hellbound
2)Like Flies to Flames
3)Protected by Judas
4)The Suburban Plague
5)XIII
6)Bastard City
7)Red on Chrome
8)Kings Among Cockroaches
9)Slipping
10)Where Jacky Jawless Lives
11)The Precise Art of Knives
12)Phrases
13)Clean

DISCOGRAPHIE


Crowpath - Red On Chrome
(2003) - hardcore grindcore - Label : Willowtip



Red On Chrome fait assurément partie de ces disques qui, malgré leur aspect à première vue direct et sans compromis, ne s'apprivoisent pas à la première écoute. Il faut pas mal de temps avant de pouvoir trancher si l'on est face à un véritable coup de génie ou bien du grand n'importe quoi, pour arriver en fin de compte à une conclusion qui oscille entre les deux.


Les nouvelles appellations comme « noisecore », « thrashcore » ou encore « deathcore » étant à la mode ces derniers temps, votre serviteur se permettra son propre petit néologisme bien mûri: Crowpath fait du grindcorecore. Ridicule comme terme? Peut-être, mais qui sied bien à l'ambiance et à l'esprit de l'attaque sonore prodiguée: des influences grindcore et hardcore perceptibles, mais tournées de manière tellement dantesque que la redondance de cette facétieuse étiquette est encore loin de vous préparer à ce que vous aller subir.

Même si le groupe ne cherche pas le point de non-retour du « plus extrême que l'extrême » comme, au hasard, les psychopathes de Last Days Of Humanity décrits avec tant de verve par mon collègue TheDecline01, on ne pourra pas dire non plus qu'il facilite la tâche de l'auditeur. Car s'il existe un point commun entre ces deux groupes, c'est qu'ils s'apprécient pleinement écoutés à un très fort volume, entre autres pour faire ressortir la batterie un peu cachée par le mur de guitares dissonantes et les hurlements désespérés de Henrik Ivarsson. La formule de base employée sur la majorité des titres est assez simple, à savoir une alternance entre déflagrations bruiteuses aux structures chiadées (on pensera dans ces moments à The Dillinger Escape Plan et consorts) et des plans plus posés mais immanquablement torturés (un peu à la Neurosis).

Red On Chrome se fait le reflet d'une ambiance complètement glauque et désespérée. Non pas ce désespoir résigné, mélancolique et se complaisant dans sa propre misère tel que l'on peut en trouver dans le doom, mais au contraire rempli de hargne et de volonté de cracher sa haine à la face du monde une dernière fois avant de passer à trépas. On pourra reprocher au disque une certaine monotonie dans la composition, heureusement rompue par deux titres qui arrivent à sortir du lot par leur caractère lancinant et presque basique. La composition éponyme est bâtie autour d'un seul riff très lent et lugubre joué par des guitares dont le son transcende presque la notion de saturation, tant on a l'impression que les enceintes sont prêtes à exploser à force de cracher ces grésillements à la limite du supportable, tout comme sur le final "Clean", achevant l'album dans une espèce de larsen étouffé.

Pour finir cette chronique, une petite note biographique s'impose. Même s'il s'agit du premier véritable album de Crowpath, le groupe ne sort pas pour ainsi dire de nulle part, et affiche déjà huit années d'existence au compteur, parsemées de diverses démos, split-albums, maxis et titres sur compilations. Red On Chrome n'est pas à proprement parler une nouveauté (il date en fait de 2003), mais fait partie de la récente fournée de rééditions d'Earache suite à un deal obscur avec le label Willowtip. Une galette qui devrait faire la joie de tous les amateurs d'ambiances torturées et agressives et susciter l'indifférence ou l'incompréhension chez le reste de la population saine d'esprit.




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