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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Fornicus McFlappy
(chant+guitare)

-Slippery Jim
(chant)

-Cain
(batterie)

TRACKLIST

1)True Nature of Williams
2)Big Top Williams
3)Cain Sings the Blues
4)Let Me Into Starfish Land
5)Mr.Indignant Erection
6)Mammal Sauce
7)Jogging in Hell
8)Stars Ingenious Cooter (live)
9)Crotchopus

DISCOGRAPHIE


Crotchduster - Big Fat Box Of Shit
(2004) - inclassable CinC à l'américaine - Label : Earache Records



Encore un truc sans queue ni tête. On s'attend à du grindcore ultraviolent vu le titre et la jaquette, et on se retrouve avec une version happy de Carnival in Coal. Welcome dans l'univers déjanté des Crotchduster, qui ont choisi le camp de ceux qui enchaînent tout et n'importe quoi autour du métal. L'atmosphère générale est joyeuse et parodique, les morceaux partent dans tous les sens, et des passages brutal-death enchaînés à de la pop ou de la disco, c'est toujours amusant.

On s'attend à du grind... Le groupe le sait et nous cueille au menton avec le premier titre. Car si le riff bien gras à la Pantera ne surprend pas, le chant totalement FM/Southern Rock est ridicule et terrible. "True Nature of Williams" est une bonne introduction au groupe, enchaînant de courts plans grind à ce power-FM de départ, puis insérant de la pop, des breaks hawaïens, du thrashcore, de la ballade sucrée, encore du grind, et des passages où on entend deux personnes délirer et écouter le CD en disant qu'il est énorme. C'est amusant et si vous avez la chance de comprendre l'anglais vous allez vous marrer sérieusement en écoutant cet album. Le titre suivant enchaîne death/black à un refrain FM musclé à la Toto, des breaks de congas, de chant a cappella et surtout une imitation de Slayer absolument hilarante, le chanteur caméléon arrivant très bien à parodier le flow de Tom Araya. Puis de la musique orientale, puis... Vous avez compris le principe, j'imagine? Cet album est un fourre-tout, un dont la démarche rappelle le Carnival In Coal des débuts, car comme sur Vivalavida on ne peut absolument pas savoir quel plan va débarquer.

Une chanson de Crotchduster est comme un gigantesque chapeau dans lequel on aurait mis des papiers dont un tiers dirait « métal » et tous les autres un style de musique différent. On tire un nouveau papier à peu près toutes les dix-quinze secondes, et ainsi de suite pendant trois minutes, sauf exceptions. La production est assez nickel, la boîte à rythme sonnant presque organique sauf dans les blast-beats où l'absence de batteur est flagrante. En effet, "Cain" le batteur est un chien, ce qui fait partie du délire du groupe. Les instruments sont tenus par un petit virtuose (Jason Suecof de Capharnaum), et le groupe se complaît à caser quelques breaks métal prog histoire de. Toutes les ambiances sont bien rendues: la funk sonne funk, le début hip-hop de l'énorme "Mammal Sauce" avec un flow parodiant Durst sonne vrai, et les guitares saturées sont énormes. Le son des passages pop mélodiques (point fort de la formation) est remarquable, dégoulinant de réverb comme il se doit.

"Mammal Sauce" est d'ailleurs un titre atypique sur le CD, car c'est le seul comportant un refrain repris plusieurs fois. Et ce refrain est stupide au possible, et tellement entraînant dans ses déclinaisons punk, heavy comme électro (avec un effet sur la voix comme dans Eiffel 65, terrible!) qu'il en devient encore plus culte que le reste. Car là est une des limites principales de la démarche du groupe: trop décousu. Honnêtement, après la baffe gigantesque de la première écoute, l'effet Crotchduster a commencé à se dissiper et j'ai constaté les défauts de cette galette: les plans ne sont pas assez exploités. On a à peine le temps de s'y faire que ça enchaîne. Certains titres proposent des thèmes récurrents mais c'est très rare, et on finit souvent par avoir l'impression que ça ne va nulle part. De plus les passages funk/disco rappellent parfois terriblement Vivalavida de CinC, de même que le concept disco/grind tout entier. L'album est balaise quand il explore des contrées que les deux français n'ont pas défrichées à ce jour, la pop et la ballade en particulier en plus de quelques autres. Mais quand ça enchaîne death et funk, le transition comme les parties en elles-mêmes rappellent qu'un autre groupe a déjà fait ça avant.

Pour conclure, cet album est complètement barré et réserve de très bons moments de rigolade. La lecture des lettres d'insultes dans "Crotchopus" est vraiment un très grand moment, et le faux live "Stars Ingenious Cooter (Live)" censé se passer au Düsseldorf Beer Festival est amusant même s'il lorgne vraiment trop sur CinC par moments. Les intermèdes parlés sont incroyablement variés: passages radios, fausse bande-annonce de film ("Let's Kill the Dutch", hahaha!), conversations téléphoniques... Ce sont de véritables sketches et ils sont tous hilarants. Donc vous pouvez enlever facilement trois points voire plus à la note si vous ne comprenez pas l'anglais parlé, car vous vous ennuierez pendant une bonne partie de l'album. Au final: un divertissement extrêmement bien joué et très plaisant à la première écoute si on est fan du genre.




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