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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 01 septembre 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Vladimir Cochet
(guitare+chant+programmation)

TRACKLIST

1)Then the Moon Came
2)Hurle à la Mort
3)Totalitarian Grievance
4)I Was
5)Detestable Birth Tapestries With Snakes Embroidered
6)Der Tanz der Toten
7)Vaginal Secretions
8)Orgasmic Fetid Breath
9)Love, Death's Betrothed
10)Immobile
11)Mutisme
12)Shadowless
13)La Mauvais Oeil

DISCOGRAPHIE


Weeping Birth - Anosognosic Industry Of The I



Vladimir Cochet est décidément bien un bourreau de travail. A peine deux mois après la sortie de son autre projet Mirrorthrone – un parmi ses nombreux – voila que débarque Anosognosic Industry Of The I, second album sous le nom de Weeping Birth. Et même si celui-ci devait à la base sortir en 2006, cela n’ôte rien au mérite de bonhomme qui une fois de plus, mène sa barque seul depuis les premiers coups de rame jusqu’à destination. Après l’ampleur démesurée de Mirrorthrone, voici une autre facette du musicien Suisse – plus extrême et sans concession.

Car là où Mirrorthrone proposait un black-metal classieux, épique et orchestral, Weeping Birth se concentre sur du black/death ultra-brutal et intense, ravageur et totalement extrême. Que ça soit dans les textes - comme toujours tantôt en anglais, tantôt en français – ou dans la musique, Vladimir va cette fois-ci beaucoup plus loin dans la noirceur et la violence. Plus de synthé, ou très ponctuellement : les guitares et la batterie sont ici reines. Les premières, abrasives et torturées, tissent des riffs dans une tradition assez brutal death, avec force dissonances et harmonisations malsaines. La seconde, virtuelle une fois de plus, oscille entre blast extrême et cavalcades sur une double pédale hystérique. Croisement musical entre Vital Remains, Emperor ou des formations plus récentes mais non moins extrêmes comme Ophiolatry, la musique de Weeping Birth est si dense qu’on pourrait presque la couper à la hache.

Et par-dessus cet océan tumultueux se posent les hurlements toujours aussi déments et profonds de Vladimir, partagés eux-aussi entre chant black-metal et growl death-metal, se doublant souvent l’un l’autre. Toujours aussi impressionnant dans son registre, Vladimir hurle donc ses pulsions de mort sur un fond sonore de pure violence, à la frontière du chaos. Et c’est là que l’auditeur sent les limites de Weeping Birth : son extrême intensité le rend finalement difficilement abordable et du coup, moins fascinant que Mirrorthrone. Il est bon de préciser que les treize titres de Anosognosic Industry Of The I, mis bout à bout, atteignent les 73 minutes. Le CD est donc rempli à ras bord d’un black/death haineux et ravageur qui, malgré ses qualités, reste difficile à digérer. L’écouter d’une traite provoque donc quasi-inévitablement une fatigue auditive, l’oreille finissant par plier sous les coups de boutoirs de cette œuvre gargantuesque et sans répit.

Les passages plus calmes ne sont pas légion ("Der Tanz Der Toten", "Mutisme") et aèrent un peu l’album, sans parvenir à lui donner le contraste dont il aurait sans doute eu besoin pour devenir tout à fait efficace. Le synthé qui prédominait avec Mirrorthrone fait ici de timides apparitions ("Orgasmic Fetid Death", "Immobile") pour la plupart bienvenues mais là encore trop anecdotiques pour alléger un peu ce concentré de violence. On retrouve toutefois certaines composantes mélodiques plus abordables sur certains titres ("Shadowless", "Hurle à la Mort") qui, même accompagnées par une batterie inhumainement hystérique, donnent une saveur intéressante qui ressort au milieu de titres parfois vraiment trop ampoulés pour être efficaces. La production ne plaira certainement pas à tout le monde, et les allergiques aux batteries synthétiques seront rebutés par celle de Weeping Birth - car, bien que loin d’être mauvaise, elle ne cache pas sa virtualité.


Vladimir délivre donc là une œuvre difficile. Les amateurs d’extrême sans concession seront conquis par cette œuvre quasiment élitiste tant elle ne vit que pour elle-même et son auteur, sans se soucier de ce que pourrait souhaiter l’auditeur. Malgré tout généreux de par son ampleur, Anosognosic Industry Of The I rebutera certainement la majorité des amateurs de metal. Seuls les habitués à un enfer sonore durant plus d’une heure endureront ce brulot âpre et malsain.


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