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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 28 août 2008
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Leah Kirby
(chant)

-Chris Hill
(guitare+chant)

-Matt Frederick
(basse+chant)

-Greg Putnam
(stick chapman+basse+chant)

-Nick Campbell
(batterie)

TRACKLIST

1)So Here It Is
2)Wasted
3)You Made Me
4)Secret
5)Monster Mind
6)Second Smile
7)The Ride
8)Erase You
9)Choose Your Machine
10)Wrapped Around
11)Hero
12)Flavor

DISCOGRAPHIE


Jam Pain Society - Black Light Messiah
(2008) - néo metal hard rock indus electro featuring Britney Spears - Label : Locomotive Records



Un groupe qui sort de nulle part. Une chanteuse. Deux basses. Un album faisant le grand écart entre nu métal pop et hard rock traditionnel, avec des machines pour servir de liant. Ace Frehley comme invité spécial sur un titre. Si à ce stade-là votre curiosité n'est pas éveillée de deux choses l'une : soit vous êtes un blasé revenu de tout, soit vous êtes un fan de trve black norvégien vivant au fond d'une cave avec vos chiens borgnes. Ce qui revient souvent au même d'ailleurs... mais la question n'est pas là : la question est de savoir si ces ingrédients à première vue plutôt inhabituels donnent une soupe goûteuse une fois cuits ensemble.

Le sentiment immédiat quand on lance Black Light Messiah est d'avoir affaire à un groupe de pouffe-métal de plus : les rythmiques sont faciles, la distorsion des guitares est synthétique comme normalement dans le nu métal et surtout il y a cette chanteuse qui donne l'impression d'être née pour faire du r'n b et de s'être trompée de porte dans le studio. C'est bien simple : Leah Kirby est à peu près aussi proche d'une chanteuse de métal que Till Lindemann est proche d'un castrat d'opéra. La donzelle chante bien et juste, mais minaude au point qu'on pense forcément à Britney Spears à un moment donné...c'est parfois impressionnant de mimétisme, et d'autant plus choquant qu'au fur et à mesure qu'on défait l'emballage on se rend compte que ce qu'il renferme est loin d'être mou. Prenez les riffs de "Secret" : les accélérations de main droite de l'intro, la syncope méchante du break, voilà du métal catchy mais indéniablement métal. Sans compter le côté écrasant et groovy de "Monster Mind" dont le riff renferme même des twin leads si on prête l'oreille ! C'est à se demander pourquoi dans ces deux compos la violence est systématiquement adoucie par des refrains mélodiques de type MTV. Puis on comprend le truc.

Le truc, c'est que Jam Pain Society est un groupe de synthèse et que catégoriser ce cd est finalement assez difficile. La base est catchy voire clairement néo ("Wasted") mais on trouve de nouveaux éléments au fur et à mesure, comme des soli de guitare à l'ancienne qu'on n'avait pas vu venir ou ces moments de joie où Leah Kirby met du grain dans sa voix et devient enfin crédible... où qu'elle laisse carrément sa place à une voix masculine, comme sur "You Made Me" ou le tube "Wrapped Around" qui présente un équilibre très intéressant entre guitares power-heavy, chant de Chris Hill sur les couplets et retour de Leah sur les refrains. Mais la tentation du catchy simpliste revient très vite, et trop de compos comme "Second Smile" se cantonnent au rôle de singles énergiques, d'agréable musique de fond pour peu qu'on passe outre le chant. Tout ça ne laisse pas grande impression alors que les intentions annoncées étaient prometteuses : on se demande par exemple que ce que le virtuose Greg Putnam est venu faire là-dedans... son Stick Chapman et sa basse 6-cordes étaient censés combler les fréquences manquantes entre basse et guitare, et finalement il ne sert à rien. Séduisant en apparence mais creux au final, à l'image du reste.


On ne peut pas raisonnablement dire que ce cd est mauvais, et avec une vraie chanteuse de métal à la Veronica Freeman au micro il aurait même pu pas mal cogner. La variété est là, la puissance aussi, les effets sont soignés et tout... mais mis à part faire hocher la tête sur le moment en ce demandant pourquoi Cascada chante sur du power, il ne provoque pas grand-chose. Un bel échec donc : quand on s'avance armé jusqu'aux dents et sûr de son fait il vaut mieux être vraiment mauvais que juste passable.


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