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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 28 août 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nathan Ellis
(chant)

-Egan O'Rourke
(basse+chant)

-Barre Gambling
(guitare)

-Charley Shackelford
(guitare)

-Jesse Haff
(batterie)

TRACKLIST

1)Cathedral
2)A Portrait in White
3)A Subtle Violence
4)And a Slow Surrender
5)At a Loss
6)Woke Up Lost
7)Descending
8)Last Alone
9)The Morning Light

DISCOGRAPHIE


Daylight Dies - Lost To The Living
(2008) - death metal doom metal gothique mélancolique - Label : Candlelight



Il est de ces groupes qui prennent leur temps. Second album seulement en plus de dix ans d’existence, Dismantling Devotion avait fait des Américains de Daylight Dies de sérieux prétendants au trône, dans un registre doom/death rappelant les belles heures de Katatonia et dans une moindre mesure, les ambiances d’une formation suédoise bien connue de tous : Opeth. Les voici qui publient aujourd'hui Lost To The Living, leur troisième album.

Depuis Dismantling Devotion, Daylight Dies semble aimer aussi cultiver son appartenance à ce binôme vertueux : mixé aux Fascination Street Studios, par Jens Bogren, ce troisième album dont l’artwork est signé Travis Smith se situe dans la droite lignée de son illustre prédécesseur – un metal au riffing granitique, spleenesque et très mélodique. Une recette, il ne faut pas s’en cacher, empruntée au travail de Katatonia sur l'un de ses albums les plus reconnus (Brave Murder Day) : la juxtaposition habile des plans de guitare, le mélange de leads tout en légèreté contrastant avec une section rythmique qui se charge de plomber le tout ("Descending" et ses sursauts énervés) honorent un style proche de la musique des Scandinaves. Daylight Dies digère jusque là parfaitement ses influences, au point de relever d’un cran le côté épique et mélancolique de ses compositions. Prenez des morceaux comme "A Subtle Violence" ou "The Morning Light", aux accents mélancoliques incroyables, ils proposent riff d’anthologie sur riff d’anthologie à soulever les montagnes, doublé d’un travail fascinant sur les atmosphères et les textures saturé/acoustique (au casque, c’est du miel !).

En effet. Aujourd’hui, bien que le groupe n'ose plus marier les extrêmes - tout est blanc ou noir, d'ailleurs plus noir que blanc, mais plus jamais gris comme sur un Dismantling Devotion plus osé et légèrement moins homogène, l’œuvre nouvelle est sculptée avec un soin maniaque. Production sublime, technique irréprochable, travail sur les deux guitares - véritables orfèvres sur Lost To The Living – absolument enivrant, délicat et prenant: tout y est. Fermez les yeux pendant "Last Alone", coup de coeur garanti pour l’un des meilleurs morceaux de l’album, dans une veine Anathemienne du plus bel effet! D’un strict point de vue musical, ce troisième album est aussi, voire plus réussi que Dismantling Devotion : mature et posée, la musique du groupe parvient à un niveau d’exigence ahurissant. Maintenant, Dismantling Devotion paraissait beaucoup plus spontané que Lost To The Living, au sujet duquel l’effet de surprise est désormais passé. De même, passé les cinq premiers morceaux, le mimétisme plus important – toujours intelligent, cependant – de certaines compositions avec les illustres influences du groupe, au niveau du chant notamment (le splendide et éthéré "Last Alone", où l’on jurerait entendre Mickaël Äkerfeldt) pousse parfois à la circonspection. Soit, mais la qualité de composition est tellement au rendez-vous que l'on peut aisément passer outre ce constat!


Ainsi, Lost To The Living, hormis cette petite faute de goût, est un petit chef d’œuvre de finition et d’ambiance. Rarement un album de doom/death peut se targuer d'émouvoir autant que le petit dernier des Américains. Oubliez vos préjugés et laissez-vous simplement porter par ces compositions qui, à défaut d’être originales, possèdent ce petit supplément d’âme non négligeable qui fait d’un album dans la norme un album de qualité. Vivement recommandé.


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