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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 27 août 2008
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Guillaume Bideau
(chant)

-David Potvin
(guitare+chœurs+samples)

-Franck Potvin
(guitare+chœurs)

-Loic Colin
(basse)

-Dirk Verbeuren
(batterie)

TRACKLIST

1)Destination Device
2)As You Are Now
3)ReDream
4)Danger Calling
5)Empty Spaces
6)Deprived of Connection
7)Keeping Me Away
8)Sockracer
9)21st Century
10)Relax (Frankie Goes To Hollywood)
11)Liberation Sphere

DISCOGRAPHIE


One-Way Mirror - One-Way Mirror
(2008) - néo metal indus - Label : Metal Blade Records




Oooooh, le beau line-up ! La notion de super-groupe étant généralement une spécialité étrangère, retrouver une luxueuse brochette de musiciens francophones rassemblés sur un même projet, et signés sur le prestigieux label Metal Blade qui plus est, voilà qui fait bien plaisir. Menés par la nouvelle coqueluche du chant français Guillaume Bideau, One-Way Mirror rassemble la fine fleur de Scarve, Soilwork et Lyzanxia (et Watcha un peu aussi) dans le but de vous faire jumper tous en chœur. Et en baggy.


Bideau l'a dit et répété lors de son départ de Scarve : le death-metal, c'est pas vraiment son truc. Ce qu'il aime ce sont les voix claires, les riffs catchy et le groove à donf. L'orientation nu metal de cet album n'est donc pas surprenante : on retrouve dans One-Way Mirror le feeling moderne et mélodique d'un Linkin Park, et les gens qui s'attendaient à du metawl brutal en seront pour leurs frais. Le côté catchy de certains morceaux de Lyzanxia est donc assez présent (comprendre celui de "UNSU", pas celui de "Wise Counselor" ou "Time Dealer") et Bideau assume complètement sa déclaration comme quoi « un refrain sans voix claire, ce n'est pas un refrain » : cette musique est faite pour qu'on headbangue pendant les couplets et qu'on chante les refrains même une fois le titre achevé. Bideau développe de ce fait un registre encore différent de ceux qu'on connaissait déjà : on retrouve ses voix parlées blindées de distorsion pour un résultat assez indus, mais son chant clair est beaucoup moins aigu et saturé que chez Scarve et son chant hurlé bien moins « vomi » que chez Mnemic, plus orienté hardcore. En bref nous n'avons visiblement pas fini de découvrir tous les registres que Bideau est capable d'employer. Sacré chanteur...

Problème : de même qu'un album de black se soit d'être oppressant et glacial, un album de nu metal se doit d'être irrésistible et d'aligner les tubes. Et One-Way Mirror pose problème en ce sens : s'il est bien plus couillu que l'album de pop-métal moyen il est aussi bien moins accrocheur. Le début de l'album est particulièrement décevant de ce point de vue : malgré une formule éprouvée (bourrin groovy pendant les couplets, bourrin pop pendant les refrains) retenir les titres s'avère ardu tant ils glissent sur l'auditeur. Un gimmick ou deux retiennent l'attention tel les breaks à répétition de "ReDream" mais tout ça semble bien générique. Le premier titre qui claque vraiment est justement celui où le groupe la joue clairement méchant ! Le riff ouvrant "Danger Calling" est pachydermique, les couplets speed-thrash où Bideau s'égosille comme dans Mnemic et où Verbeuren fait parler la double (et Dieu sait qu'il sait y faire à ce niveau) font bien mal et le refrain mélodique apporte à tout ça un équilibre bienvenu. Sauf que ce titre est clairement en décalage avec l'orientation générale du groupe : c'est quand la formation fait du gros métal avec blast-beat et solo de shred qu'elle attire vraiment l'attention ! Paradoxe...

"Empty Space" repart dans une direction clairement nu metal (on pense au dernier Ill Niño) et le soufflé retombe. C'est presque rageant : du rythme ternaire à l'enchaînement des accords, des couplets calmes au refrain saturé, tout est là pour faire un tube... et ça ne fonctionne pas ! Cet écueil ne disparaît malheureusement pas au fil des écoutes et il faut se faire une raison : One-Way Mirror n'est réellement pertinent que quand le ton se muscle, et ça arrive bien trop peu pour qu'on soit satisfait. Il reste tout de même des moments d'inspiration çà et là pour relever le niveau : le break atmosphérique de "Deprived of Connection", les incursions de machines dans "Sockracer" - on peut d'ailleurs noter que les éléments electro / indus sont bien foutus en général – et surtout "Keeping Me Away", seule chanson catchy à remplir le contrat vu qu'il est impossible de se débarrasser du refrain par la suite. Par contre certains moments très plats gâchent l'impression générale : les riffs lourdauds de "Liberation", la répétition pénible de « What is the difference between me and the 21st century ? » dans le titre du même nom, la reprise totalement inutile du "Relax" de Frankie Goes To Hollywood (marre des reprises identiques avec des guitares en plus !)... autant d'éléments qui rendront probablement en concert mais qui ennuient sur disque.


Tout ça reste donc bien léger, en particulier au vu de la somme de talents déployée. One-Way Mirror fait partie de ces groupes qui se révèlent intéressants quand ils s'éloignent de leur direction générale : plus le groupe fait du métal à tendance néo festif et moins on est convaincu. Dommage, car l'idée d'une formation de MTV-métal française convaincante avait ses côtés séduisants... il ne reste plus qu'à attendre la tournée commune avec Soilwork pour voir ce que tout ça va donner sur scène.


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