237

CHRONIQUE PAR ...

18
[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Emmanuel D. (chant+guitares+claviers)

-Jef J.
(basse)

TRACKLIST

1)Too late
2)Breakdown
3)Nightmare's hill
4)A bullet in my head
5)Chemical power
6)Tu voles avec les anges Le soleil se lève nulle part
7)Les secrets suspendus
8)Joke
9)Torch
10)Les secrets suspendus

DISCOGRAPHIE

Analogic (2006)

Electric Press Kit - Analogic



Petit groupe sans style fixe (cold-wave, punk, indus, noise…), Electric Press Kit sort son premier album fixé dans du crade total avec la production dégueulasse en sus (volonté du groupe ?). Si les bonnes idées pullulent, le groupe est encore bien trop fougueux dans sa démarche, travaille trop à l’instinct et le résultat est à la hauteur : un fouillis sans nom. Les choses ne commencent pas foncièrement mal avec "Too Late", la recherche absolue de la dissonance typique de l’industriel est bien exploitée et les rythmiques sonnent free comme on les aime. Des mesures loupées, des accrochages, et surtout une volonté de dissocier chaque instrument en confiant à chacun une rythmique différente est un exercice périlleux mais ici très convaincant. Et malheureusement, c’est le seul morceau que nous nous mettrons sous la dent, le reste est TRES en deçà de l’introduction…

Même le noisy n’arrive pas à redresser la barre. Les influences Throbbing Gristle sont frappantes et la composition fleure le Sonic Youth sur beaucoup, mais avec davantage de prise de risques. On finirait presque par croire que le groupe noie ses imperfections sous des tonnes de saturations. Ce qui est une caractéristique classique du noisy ressemble presqu’ici à un alibi. C’est le cas de "Le Soleil Se Lève Nulle Part", tout comme de "A Bullet In My Head". Les influences indus n’ont pas l’air assimilées dans leur globalité et la violence spontanée se meut souvent en simple bruit. Un peu léger…

Toujours dans l’avant-garde, "Les Secrets Suspendus" montrent une tentative de mêler de l’easy-listening rempli de violons à un chant à la Ian Curtis en décalage avec la rythmique… Encore un échec malheureux, relevé néanmoins par un Joke suivant ressemblant à s’y méprendre à un vieux groupe de la cold-wave. On pense à The Cure, à Joy Division, et même à Depeche Mode. Le résultat est tristement pénible, pourtant. Le groupe a de l’idée mais n’a encore aucune idée concrète pour agencer cette musique douce et mélancolique et en faire quelque chose de percutant.

Une habitude maintenant dans les CDs promo’, vous le savez si vous lisez beaucoup de chroniques, la phrase qui tue : mais c’est quoi, ce chanteur ?! Comme chez 75% de groupes soumis, on se demande comment une personne chantant/criant/fredonnant aussi MAL peut se retrouver à sortir un CD. Celui-ci n’échappe pas à la règle, le fier Emmanuel D. est très médiocre en ce qui concerne l’utilisation de sa voix. Des pistes comme "Breakdown" ou "Bullet In My Head" en souffrent cruellement, et c’est encore plus saisissant – et va jusqu’à détruire entièrement une chanson – quand le français s’incruste ("Tu Voles Avec les Anges", une abomination).


En gros : on abandonne le français, on trouve un chanteur potable, on cultive correctement la dissonance, et on travaille son aspect sonique et sa prod’. Et peut-être qu’à la prochaine, on aura un projet plus abouti ! Tout n’est pas perdu, le groupe a au moins compris que ce n’était pas nécessaire de sonner comme tout le monde, c’est un bon point. A eux de se donner les moyens de sonner comme quelque chose, maintenant.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5