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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Did0u
(chant)

-Viber
(guitare, chant)

-Sabash
(guitare)

-Fryzzzer
(basse+programmation)

-Samuel
(batterie)

TRACKLIST

1)A qui je nuis, me pardonne
2)La fibre
3)Fluidité
4)La morale de la fable
5)Elle me tend toujours la main
6)La parole (feat. Fabulous Trobadors)
7)Surhomme
8)Le fer
9)Prédiction
10)De temps à autres
11)"Ethereal"

DISCOGRAPHIE


Sidilarsen - Eau
(2005) - néo metal electro - Label : Sriracha Records



Biotop était un album plaisant pour bouger mais qui ne présentait pas de réel intérêt pour une écoute classique. C’était de la musique festive réussie dans son genre, très techno par moments, excellente pour une teuf, mais également dépourvue de réelle originalité au niveau des plans. Eau se démarque de ce travers dès la première écoute: Sidilarsen, sans avoir perdu son côté dansant et immédiatement accessible, produit maintenant une musque plus réfléchie et plus axée chansons qu’auparavant.

Le son s’est un peu amélioré depuis Biotop, dont la prod était déjà bonne. La basse est un peu plus en avant, le chant ressort mieux, la guitare est à peine plus grosse (mais on reste encore loin du mur sonore qui conviendrait au style), et batterie et éléments techno sont toujours aussi limpides. Les parties de guitares mélodiques sont également assez cristallines. On peut dire que l’ensemble sonne plus clair, plus net que sur Biotop, sans avoir sacrifié ni l’énergie ni l’agressivité du tout. Bref, c’est du tout bon niveau son. Sur cet album, un seul titre rappelle franchement l’orientation « efficacité à fond » de l’album précédent: "Fluidité", titre issu des sessions Biotop (ceci explique cela), assez pauvre si ce n’est son break arabisant mélodique assez sympa. Mais on retrouve les riffs de guitares évidents et l’ambiance « boum-boum » propre au premier album du groupe. Pour le reste, il est évident que Sidilarsen a fait une découverte fondamentale: la mélodie. La guitare part souvent en arabesques en arrière-plan, distillant des notes rendues hypnotiques par un léger écho, et le résultat est bon. Deuxième constatation: les chanteurs ont fait de gros, gros progrès. Le chant hurlé/mélodique est vraiment maîtrisé, et on peut noter une réjouissante nouveauté: l’apparition du chant ragga qui donne une nouvelle dimension aux morceaux, comme sur le très réussi pont de "La Fibre".

Au niveau purement musical, les innovations sont également là: l’intro de "La Morale De La Fable", titre ravageur, ne ressemble absolument pas à quoi que ce soit que le groupe ait fait auparavant. C’est plus proche de la jungle que de la techno, et en plus c’est une guitare qui fait tout, liée à une boîte à rythmes! Le chant ragga prouve encore à quel point il est pertinent sur le couplet, et le refrain est limite punk, très puissant, avec un texte qui tape juste: «j’ai fait un rêve, ils crevaient tous la gueule ouverte, à force d’être consanguins sur une île déserte». Un titre qui claque, à la dynamique parfaite, long juste ce qu’il faut. Car Sidilarsen a aussi fait des progrès au niveau du format de ses morceaux: les chansons durent entre trois et quatre minutes en moyenne, au lieu des morceaux interminables de Biotop qui finissaient par casser le crâne. Cet album a visiblement été pensé pour être écouté, et on peut toujours bouger dessus! C’est quand même bien fait... A part le titre Prédiction, très long est pensé dans un esprit progressif, qui est une autre de ces compos pensées pour les dance-floors, on trouve sur Eau de vraies chansons, et non plus des assemblages de plans ayant pour seul but de mener à la transe.


Bon, cet album n’est pas non plus exempt de défauts: le groupe a encore des progrès à faire en matière de mélodies, et on attend toujours LE riff de gratte qui sonnera vraiment comme rien fait auparavant. Le titre "De Temps A Autre" est le ratage de l’album, il ne va réellement nulle part, et quand le groupe s’énerve, comme sur le titre "Surhomme", la faiblesse relative des guitares se fait douloureusement sentir. Et d’un autre côté, on trouve des petits moments de bonheur pur sur Eau, comme la mélodie dissonante à la gratte sur le couplet de "Le Fer" qui malheureusement ne revient pas, ou "Ethereal", titre electro-dub hyper calme clôturant l’album, avec une voix féminine envoûtante. Sidilarsen a indéniablement fait des progrès dans sa manière d’aborder la composition et sa manière de jouer, et il serait dommage de passer à côté.


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