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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Didou
(chant)

-Viber
(guitare+chant)

-Sabash
(guitare)

-Fryzzzer
(basse+programmation)

-Turbo
(batterie)

TRACKLIST

1)Apesanteur
2)Rien Pour L'instant
3)Sidistation
4)Biotop
5)Défragmentés
6)Total Ecran
7)Teknotrône
8)L'homme Mécanique
9)BBMW
10)Dressés Par Les Ondes
11)Cardiotonic
12)Remix : Heretik System

DISCOGRAPHIE


Sidilarsen - Biotop
(2003) - néo metal electro dance-métal - Label : M10



Le premier album de Sidilarsen, sorti en 2003, venait couronner une carrière déjà riche de très nombreux concerts qui avaient permis au groupe de se forger une solide réputation live. Il était donc temps de voir si la formation toulousaine était capable de défendre sa musique sur album. Sidilarsen œuvre dans un style énormément influencé par la techno et l’électro, mais agrémenté de gros riffs métal qui tâchent, pour un résultat extrêmement efficace. Mais c’est bien là le seul adjectif que l’on peut accoler à cet album qui semble n’être qu’un prétexte à la fête, et qui ne présente pas grand intérêt quand on l’écoute au casque, ou posé dans son salon.

Le son est en tout cas assez bon. La basse est présente et ça fait toujours plaisir, la batterie est hyper claire, et les vocaux sont bien produits. Les samples et divers éléments cyber sont parfaitement intégrés dans le mix, sans couvrir les autres instruments. J’émettrai par contre une réserve concernant le son de guitare, qui à mon sens aurait pu être beaucoup plus énorme qu’il n’est. C’est gros, mais on ne peut pas vraiment dire que ça décoiffe l’auditeur non plus. Un petit bémol pour une production tout de même de très bonne qualité. Pour les instrumentistes, le seul à vraiment se distinguer est le batteur, qui assure ses parties bourrines comme plus complexes. Les chanteurs ont un niveau de rap, de chant clair et hurlé correct mais pas transcendant, et la basse comme la guitare jouent la carte des riffs gros mais toujours simples.

Donc on est face à un groupe assumant totalement son goût prononcé pour la techno. Et attention, je ne parle pas de métal avec un ou deux samples par-ci par là: Sidilarsen est résolument orienté tech voire hard-tech, et ce genre occupe une part égale à celle dévolue au métal. On a parfois même l’impression d’entendre un groupe de techno à guitares, et pas un groupe de métal à machines. A ce niveau là les Toulousains sont hyper cohérents dans leur démarche et dans leur style, dans une approche qui rappelle parfois Mass Hysteria (mais pas tout le temps, loin de là). Donc les parties de pur boum-boum rebuteront totalement les gens allergiques à ce style, soyez prévenus. Mais cet album est un exemple éclatant d’équilibre totalement atteint entre deux styles.

Le premiers titres font un peu plus métal, et le problème se pose à chaque riff: ce n’est pas original!! Oui mais c’est super efficace. Oui mais ce n’est pas original... Oui mais c’est... Vous avez compris le principe? Le titre "Biotop" et son pont disco-métal, pour arriver sur un couplet mélodique est un contre-exemple, car la structure est inhabituelle, mais la plupart des titres reprennent la bonne vieille recette des dance-floors: beat boum-boum + claviers répétitifs (ici, + riff répétitif), puis break sans boîte à rythme, puis on repart... La musique répétitive est le meilleur moyen connu pour mener à un état de transe, et Sidilarsen se complait dans ce principe directeur. Le titre Défragmentés est tout à fait dans cette veine: les effets sont rois, la techno est maîtresse du jeu, et ça tourne en boucle, avec la guitare qui vient et qui repart. Je suis convaincu que ce titre, balancé en teuf techno, est capable de faire tripper en rythme je ne sais combien de technomaniaques. Mais en simple écoute, c’est plat. C’est même frustrant, car on sent tout à fait le potentiel festif, mais comme la dance et la techno, ce n’est pas fait pour être écouté calmement, c’est fait pour bouger dessus.

Un petit retour sur les chanteurs: les deux se partagent tous les types de vocaux et se complètent assez bien. On note la présence d’un chant hyper grave qu’un petit effet fait sonner comme un didjeridoo, hypnotique au possible. Le registre hurlé de l’un des deux chanteurs rappelle fortement Reuno de Lofo, alors que l’autre est plus un hurleur thrash/hardcore. Les textes en français sont plein de bonnes intentions, et oscillent entre festif pur et interrogations sur les gens et le monde. On note également le titre "Teknodrome", sur lequel le groupe fait preuve d’un courage indéniable en n’hésitant pas de répéter comme un mantra qu’ils font du «DANCE-METAL!!! DANCE-METAL!! DANCE-METAL!!!», coup de provoc qui a dû leur aliéner une bonne partie de leur public métal potentiel. Les parties en rap sont assez bonnes, mais on n’est pas devant des pros du flow assassin non plus.


Donc pour conclure, cet album pêche par manque d’intérêt à l’écoute. La plupart des chansons sont d’ailleurs trop longues pour supporter une écoute attentive. Mais mettez-le en fond lors de votre prochaine boum ou soirée Banga, et les gens devraient se mettre à danser comme des bêtes. C’est vraiment l’archétype de la musique festive, répétitive au possible (on retrouve toujours les mêmes tonalités), pas très innovante dans chacune de ses caractéristiques prises à part, mais qui forme un tout diablement efficace pour faire tressauter les seins dans les débardeurs. A bon entendeur...


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