2355

CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Nell
(chant)

-Kristian
(guitare+claviers)

-Sebastian
(guitare)

-Magnus
(basse)

-Klaus
(batterie)

TRACKLIST

1)Run Like Blazes
2)My War
3)Silent
4)Another Life
5)Come on Down
6)Flavour of the Day
7)Reptile
8)New Profound Fear
9)Imaginary Friend
10)House of Mirrors
11)My War/Broken Glass

DISCOGRAPHIE


The Crest - Vain City Chronicles
(2005) - gothique - Label : Season Of Mist



Engouffrés de justesse dans la brèche du metal gothique avec chanteuses, The Crest joue pour son deuxième album la carte de la lourdeur et de la mélancolie. Mal de vivre et violence subtile, Vain City Chronicles se propose à ce titre d'accompagner en musique le douloureux passage à l'adolescence de votre petite cousine Nelly, douze ans, qui depuis quelques semaines a pris l'inquiétante habitude de s'habiller tout en noir et de s'enfermer dans sa chambre en rentrant de l'école, au lieu de siroter un bon Nesquik en regardant ses dessins animés préférés à la télévision, sur Disney Channel ou Canal J. Bon sang, que la vie est dure quand on grandit. (Toute ressemblance avec des personnages existants ne serait que pure coïncidence)

Nell, la remplaçante de Liv Kristine au sein de Theatre Of Tragedy, assume le rôle de « vocaliste faire-valoir » de sa voix certes maîtrisée mais sans grand relief; défaut qui devient ici une qualité, tant la teneur rectiligne du chant, sur l'ensemble de l'album, alliée à une production des plus froides, donne un côté théâtral et tragique à la sombre musique du groupe. La démarche n'est pas aussi pop que chez Within Temptation, entre autres et par exemple: même en comparaison avec la première parution de The Crest, Vain City Chronicles met l'accent sur la guitare, très heavy et martiale. L'autre différence, c'est une étrange propension à vouloir compliquer les mélodies vocales, misant de ce fait sur l'atmosphère plus que sur l'attraction de la musique elle-même, qui se doit malgré tout de rester catchy. "Run Like Blazes", "My War", ou "Reptile" définissent ainsi de façon directe le style de The Crest.

Mais puisqu'il s'agit de plaire avant tout, tout en inquiétant davantage les parents de la petite Nelly, The Crest sait composer des morceaux plus radio-friendly, schizophrènes car arborant les aspects commerciaux que l'esprit développé par le genre rejette et conspue. Bon, on n'est pas censé s'en rendre compte. Nelly n'a que douze ans, après tout. Toujours est-il que ça fonctionne plutôt pas mal: "Silent" et "Flavour of the Day" mêlent les lignes de basse à la U2, les violons et autres sons synthétiques de Theatre Of Tragedy, la tristesse ambiante de Sentenced, dans des singles potentiellement très racoleurs. "New Profound Fear", c'est plutôt de la ballade mollassonne, avec des sons de claviers modernes, et pas vraiment nécessaire étant donnée la consistance générale de l'album. La relecture acoustique de "My War", ultime titre, vaut davantage le détour.


Tout cela est bien sympathique. Les musiciens maîtrisent leur sujet (mention spéciale à Magnus, dont la basse ronronne de façon fort jouissive) et les compsitions tiennent la route, une fois digérés les écarts évoqués plus haut. Mais c'est quand The Crest s'écarte de sa voie originelle, lorgnant vers le heavy traditionnel, avec une "Another Life" mélodique aux riffs galopants et au tempo musclé, ou bien vers une espèce de pop-blues ambiante alternative (désolé) avec la guitare claire de "Come On Down" que le groupe surprend le plus. On tient là une galette honnête, au niveau de qualité régulier, mais qui lasse bien vite. Cela dit, la cible visée (Nelly et ses copines de 4ème techno) adhérera probablement sans ronchonner.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6